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Spiritualite2000.com
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8
février 2002
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Pourquoi
pas ?
par Denis Gagnon,
o.p.
a
terre ne joue plus au ballon parmi les étoiles de sa galaxie.
Elle fait la guerre, de vraies guerres avec de vrais ennemis,
des vrais morts, des vraies veuves, des vrais orphelins. Rien
que du vrai! De l'authentique haine!
On ne rit plus, on pleure.
On hurle, on angoisse. Ça dure depuis si longtemps en certains
endroits que des grands _ et pas seulement des petits _ n'ont
jamais goûté à autre chose que des conflits.
C'est dans l'ordre de la normalité. Les attentats sont
devenus de banals incidents. On s'habitue à tout, même
à la peur.
Et dans les pays encore tranquilles,
on compense par des meurtres de conjointes, des tortures d'enfants
ou de vieillards. Les cinéphiles sont mal à l'aise
ou ricanent quand les films ne comportent pas de scènes
de violence.. On bouffe quotidiennement du bulletin de guerre.
Du terrorisme flambé au cognac!
Bon, j'exagère, je
l'admets! Je verse dans la caricature, c'est vrai! Mais la caricature
accentue; elle ne ment pas totalement.
Tournons la médaille.
L'envers me dit: il y a, quelque part, dans cet immense champ
de bataille, un olivier qui pousse et déploie ses branches
noueuses. Il résiste aux rafales des mitraillettes. Il
tient bon malgré les bombes à fragmentation. C'est
têtu pour des siècles et des siècles, un olivier!
Autour de lui voltige une
colombe. Blanche comme la paix. De temps à autre, l'oiseau
casse une branche parmi les plus tendres. Il vole vers tous les
coins du monde. L'odeur de l'olivier réveille le désir
de concorde. Parfois, la bouture prendre racine dans les jardins
où elle tombe. Fragiles racines qui s'entêtent et
s'agrippent à la terre pour vivre. Elles veulent devenir
arbuste, puis grand arbre, puis forêt. Rien de moins. Rêve
naïf, démesuré, déraisonnable! Oui!
Mais il n'existe pas de forêt qui ne fut d'abord semence
ou bouture, minuscule brin de vie.
Ainsi en est-il de la paix.
Quelqu'un fait un geste. Le plus souvent, un geste fou. Les entreprises
de paix commencent par un geste fou comme pour les guerres. Comme
la guerre, la paix n'arrive que par une rupture. Rupture avec
l'ordre établi, rupture avec la logique du pouvoir et du
despotisme, rupture avec la vengeance et la justice du talion,
rupture avec ce qui est considéré comme la normalité
et le conventionnel. Ce qui ne se fait pas doit se faire, affirme
la paix!
La paix, comme la création
d'une oeuvre d'art, suppose une sorte d'abandon à l'imaginaire.
Du neuf qui engage sur des chemins inconnus, avec les risques
que comporte la rencontre de l'inconnu et du mystérieux.
Les risques, et aussi l'espérance qui devient souvent audacieuse.
Pourquoi pas!, dit l'artiste. Pourquoi pas!,
dit l'artisan de paix. Dans ces circonstances, j'imagine Dieu
qui répète: Pourquoi pas!. Comme il
a probablement dit: Pourquoi pas! avant la création
du monde.
- Radio Ville-Marie 91.3
FM
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