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Spiritualite2000.com
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14
avril 2002
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Que
la paix nous ébarlouisse !
par Denis Gagnon, o.p.
arlons
de la paix. Parlons-en encore! Et beaucoup, jusqu'à l'obsession!
Parlons de la paix jusqu'à ce qu'elle rejoigne les profondeurs
de notre être et qu'elle finisse par nous sortir par les pores
de la peau. Nos mains alors seront les siennes quand elles se tendront.
Nos bras seront les siens pour embrasser.
Parlons de la paix à
la manière de la Bible. La Bible comme un terrain neutre
où nos divergences puissent s'exprimer sans agressivité?
Le plus beau mot hébreu est peut-être shalom avec toute
sa famille d'expressions pour dire la plénitude: être
intact, être complet, être achevé, avoir retrouvé
son intégrité. Cet état de plénitude
crée un bien-être, une harmonie de la personne avec
elle-même, avec les autres, avec la nature, avec Dieu.
Un état d'apaisement
qu'une expression québécoise traduit bien: s'ébarlouir!
Quand un tonneau en planches de bois est abandonné au gros
soleil de l'été, il sèche. Du même coup
ses planches rétrécissent et les cerceaux de fer glissent
jusqu'à terre. Sans être retenues, les planches se
laissent choir en se déployant comme les pétales d'une
fleur. On dit alors qu'elles s'ébarlouissent!
Que la paix nous ébarlouisse au soleil de nos
bonnes volontés!
Le bonheur de se trouver en
santé et d'aller bien traduit la paix. Se sentir en sécurité.
Goûter à la concorde fraternelle, dans la confiance
les uns dans les autres. Cet paix bienheureuse dénoue les
coeurs. Elle entraîne dans la recherche de la justice. Elle
suscite le bien. Elle déroute le mal. Voici qu'un fils
t'est né; lui sera un homme de paix et je le mettrai en paix
avec tous ses ennemis alentour, car Salomon sera son nom, et c'est
en ses jours que je donnerai à Israël paix et tranquillité.
Il bâtira une maison à mon nom, il sera pour moi un
fils et je serai pour lui un père. (1 Chroniques 22,
9-10)
Cette paix vient de Dieu. Elle
ne peut être qu'un don et un don gratuit. Elle prend les chemins
de la prière et de l'engagement en faveur de la justice.
Devant Dieu dans la prière, j'écoute. J'écoute
mon coeur qui bât. J'entends le coeur des autres. J'entends
le coeur de Dieu, le Père d'où viennent nos fraternités
et nos égalités. Mes yeux adoptent alors le regard
de Dieu sur les autres. Comment alors ne pas rechercher la justice,
toute justice. Justice au sens d'ajuster! Ajuster ma vie au regard
de Dieu. M'ajuster aux autres. Chercher l'harmonie avec les autres.
D'autant plus que Dieu, loin de se décourager, ne cesse jamais
de relancer son peuple, de me relancer sur les chemins de la paix:
Je conclurai avec eux une alliance de paix, je ferai disparaître
du pays les bêtes féroces. Ils habiteront en sécurité
dans le désert, ils dormiront dans les bois. (ézéchiel
34, 25)
Je vous entends me dire: Tu
rêves, naïf! Vous avez raison. Je rêve, mais
c'est avec les rêves que l'humanité a fabriqué
ses plus grandes merveilles. C'est avec des rêves qu'elle
a découvert ce qui la fait vivre profondément. Martin-Luther
King l'avait compris: I have a dream... Je fais le rêve...
- Radio Ville-Marie 91.3 FM
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