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14
septembre 2001
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New
York : Faut-il giffler ?
par Denis
Gagnon, o.p.
L
e lendemain de la tragédie américaine, la liturgie
proposait à notre réflexion les béatitudes
en l'évangile selon saint Luc.: Heureux, vous qui
pleurez maintenant: vous rirez! Heureux êtes-vous quand
les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils vous
insultent et rejettent votre nom comme méprisable à
cause du Fils de l'homme. [...] Malheureux, vous qui riez maintenant:
vous serez dans le deuil et vous pleurerez. (Luc 6, 21-22.25)
Que
d'interprétations, que d'applications ont dû se faire
dans les têtes de ceux et celles qui ont participé
à l'eucharistie, ce mercredi. Peut-être jusqu'à
trouver inconvenant de lire une telle page d'évangile.
En écoutant le Seigneur proclamer les béatitudes
et les malédictions, résistons à la tentation
de mettre des noms, de faire une liste des bienheureux et une
liste des malheureux. Résistons à la tentation d'appliquer
les béatitudes et les malédictions aux victimes
et aux auteurs de la tragédie de mardi Ce serait réduire
le message de Jésus et, en même temps, figer l'événement
dans les clichés habituels où il y a des bons et
des mauvais, des amis devant leurs ennemis. Nous avons beaucoup
de difficulté à sortir des films de cowboys et d'indiens!
Le
Seigneur nous dit que le Royaume ouvre un avenir. La pauvreté
n'est pas une situation définitive. La tristesse et les
larmes peuvent faire place à la joie. Même la haine
que nous pouvons subir n'est pas éternelle.
La
tragédie du 11 septembre nous dépasse. Elle peut
engendrer une escalade de la violence. Durcir les oppositions.
Qui n'a pas été tenté de gifler le coupable?
Ne faut-il pas plutôt nous placer à un autre niveau:
au delà de ce qui nous divise, chercher des convergences?
Chercher dans chaque personne, dans chaque groupe militant, dans
chaque nation, chercher le meilleur et nous appuyer sur ce meilleur
pour construire des ponts et faire naître des alliances.
Cela ne veut pas dire que nous devions nous laisser tabasser par
nos ennemis. Mais rappelons-nous que la violence ne crée
que de la violence. Celle-ci n'est jamais la solution définitive.
Et la seule vengeance acceptable est celle qui répond au
mal par le bien.
Le
Seigneur a poussé la non-violence et la confiance en l'avenir
jusqu'à accepter la mort sur une croix. En nous greffant
à cette croix, nous choisissons de devenir artisans et
artisanes de la paix. Nous choisissons de nous revêtir de
l'Homme nouveau à l'image de Dieu, pour nous retrouver
tous et toutes dans le Christ.
- Radio Ville-Marie 91.3
FM
- « Rythme du matin »
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