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13
juillet 2001 |
Donner quelque chose de nous-mêmes
par Denis Gagnon, o.p.
C'était
il y a vingt-cinq ans en Afrique du Sud. Le professeur
Christian Barnard greffa sur un homme vivant le coeur d'une
personne décédée. Le monde entier fut étonné devant ce
qui paraissait un exploit audacieux. Depuis ce jour, on ne
compte plus le nombre de greffés du coeur. Encore moins le
nombre de transplantations de reins, de poumons, de foie, de
peau, de tissus osseux, de cornée. La liste pourrait
s'allonger jusqu'à couvrir pratiquement tous les organes
et autres éléments qui composent un corps humain.
En ce
domaine, la science médicale a fait des bonds absolument
remarquables, des découvertes insoupçonnées, des réalisations
spectaculaires. La recherche continue; elle peut nous conduire
à bien d'autres possibilités, des possibilités que nous
pouvons déjà envisager et d'autres que nous ne parvenons
pas à imaginer maintenant.
La greffe
d'organes suppose des donateurs et des donatrices. C'est
le coeur d'un autre qui est transplanté chez un malade
cardiaque, la cornée d'un autre, le rein d'un autre. Ce
don exprime une très grande générosité. Jean-Paul II va
jusqu'à considérer le don d'organes comme un «geste qui
est un véritable acte d'amour. Il ne s'agit pas seulement
de donner quelque chose qui nous appartient, mais de donner
quelque chose de nous-mêmes, car en raison de son union
substantielle avec une âme spirituelle, le corps humain ne
peut être considéré seulement comme un ensemble de tissus,
d'organes et de fonctions mais il est partie constitutive de
la personne qui se manifeste et s'exprime à travers lui.»
(L'osservatore romano, 5 septembre 2000)
Ce don manifeste du respect pour la vie et
pour la dignité de la personne humaine. Il ne va pas à
l'encontre de notre foi en la résurrection de la chair. «Faire
le don d'une partie de notre corps après la mort ne
compromet aucunement ce qui nous est éternel, pas plus que ne
le ferait la crémation ou la décomposition naturelle de
notre corps mis en terre.» (Dépliant produit par l'Organisme
catholique pour la vie et la famille et l'Association
catholique canadienne de la santé) Donner quelque chose de
nous-mêmes, c'est poursuivre l'oeuvre du Christ qui a
donné, qui s'est donné lui-même en aimant les siens, et
en les aimant jusqu'au bout.
Beaucoup de
gens ont compris l'importance de faire des dons d'organes
pour assurer la vie et la survie de leurs compatriotes.
Beaucoup manifestent le désir qu'après leur mort, on prélève
sur eux-mêmes les organes qui pourront en aider d'autres.
Le nombre des donneurs a quadruplé en vingt ans. Mais durant
l'année dernière, 5 441 Canadiens et Canadiennes ont eu
besoin de transplantation et n'ont pu l'obtenir. Dans une
vingtaine d'années, on prévoit que 18 278 personnes
attendront un organe alors qu'à peine 2 028 personnes
seront disposées à donner.
Il reste
donc beaucoup de chemin à parcourir. Dans un dépliant publié
récemment par les évêques canadiens, on peut lire ceci: «En
tant que chrétiens, nous savons que le Christ est mort pour
nous et qu'il est ressuscité. Son triomphe sur la mort est
le nôtre aussi. Il nous a libérés de la mort, nous
permettant ainsi de nous approcher pour lui prendre la main.
En cherchant à prendre la main de Dieu au moment de notre
mort, nous avons aussi l'occasion de tendre la main à notre
prochain en lui offrant le don de la vie.»
Radio Ville-Marie 91.3 FM
« Rythme du matin »
13
juillet 2001
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