dith
naît à Breslau le 12 octobre 1891, dans une
famille juive très pratiquante. Mais ce qui de
ce milieu a laissé de fortes racines en Edith ce
n'est pas la foi dans le Dieu d'Israël, mais une
grande rigueur morale dérivant de la Loi. Elle-même,
sur le point de quitter Breslau pour aller à l'université
de Göttingen (1911), se reconnaît non-croyante,
remplie d'un fort idéalisme éthique .
À la rigueur
morale correspond en Edith, dans son intelligence vive
et profonde, la recherche et la soif de la vérité.
Elle ne pouvait se sentir satisfaite du courant psychologiste
de type positiviste, prédominant à l'université
de Breslau, et pour cela elle s'orienta, dès qu'elle
la connût, vers la phénoménologie
d'Edmund Husserl, professeur titulaire à Göttingen,
dont elle devint par la suite l'assistante.
C'est un fait historique
remarquable : dans le groupe des élèves
et des collaborateurs de Husserl, plusieurs conversions
ont eu lieu. Même Husserl et sa femme étaient
passés du judaïsme au protestantisme. Le professeur
Hedwig Conrad-Martius et son mari, qui s'étaient
convertis à la foi évangélique, seront
de chers amis d'Edith. C'est chez eux qu'édith
aura le grand foudroiement après la lecture, d'une
seule haleine, de l'autobiographie de sainte Thérèse
d'Avila : Voilà la Vérité!
. Dans ces années de Göttingen, la soif
de la vérité, qu'Edith disait être
sa seule prière, se transformait inconsciemment
en soif de Dieu.
Edith reçoit
le baptême le 1er janvier 1922. Son amie Hedwig,
protestante, sera la marraine au baptême catholique
d'édith. Recevoir le baptême, affirme
Jean-Paul II dans son homélie pour sa béatification,
ne signifia nullement, pour édith Stein, rompre
avec le monde hébraïque. Elle soutient plutôt
: Quand j'étais une jeune fille de quatorze
ans je cessai de pratiquer la religion hébraïque
et, après mon retour à Dieu, moi, je me
suis, avant tout, sentie juive.
Au début des
années trente, l'Allemagne était en pleine
crise économique et dans une grave instabilité
politique, pendant que, lentement mais inexorablement,
le parti national-socialiste de Hitler montait au pouvoir.
Edith n'a pas de mal à comprendre immédiatement
l'avenir : le nazisme, incarnation du Malin, ennemi de
la Croix, combat Dieu lui-même et son plan salvateur;
pour cela, il voudra détruire le judaïsme,
comme fondement de la religion chrétienne, et éliminer
la peste hébraïque-chrétienne
, afin d'instaurer le règne de la race aryenne.
Le 14 octobre 1933,
Edith entre au Carmel de Cologne; le 15 avril 1934, elle
prend l'habit du Carmel et le nom de Thérèse-Bénédicte
de la Croix, comme elle l'avait demandé; le dimanche
de Pâques elle est appelée à la profession
simple; le 30 mai 1938, elle fait la profession solennelle
qui l'unit définitivement au Christ. Dès
l'époque de son baptême elle s'était
sentie fortement attirée par la vie carmélite,
dont le trait fondamental - comme elle-même le décrit-
consiste à souffrir avec le Christ
le Christ continue de souffrir en elles
[les Carmélites]
à intercéder pour les pécheurs à
travers une souffrance librement acceptée et joyeuse
pour participer ainsi à la rédemption de
l'humanité. Elle y continue par ailleurs
ses travaux de philosophie et termine Être fini
et Être éternel.
Le 30 janvier 1939,
Hitler décrète l'anéantissement de
la race juive . Le 31 décembre 1938,
Edith s'était réfugiée au Carmel
d'Echt en Hollande, où au mois d'août 1940
la rejoindra sa sur Rose, qui s'était convertie.
Elle y demande à sa prieure de Cologne (qui est
restée sa supérieure) l'autorisation à
m'offrir au Cur de Jésus comme victime
expiatoire pour la paix véritable, espérant
que le règne de l'Antéchrist s'écroule,
si possible, sans une nouvelle guerre mondiale et que
l'ordre soit renouvelé.
Elle écrit
plus tard un testament spirituel : Dès à
présent j'accepte la mort que Dieu m'a destinée,
par une soumission totale à sa volonté très
sainte. Je prie le Seigneur de bien vouloir accepter ma
vie et ma mort pour sa gloire, pour les intentions du
saint Cur de Jésus, du saint Cur de
Marie et pour les intentions de l'église. Spécialement
en expiation du refus de la foi de la part du peuple juif,
afin que le Seigneur soit accueilli des siens et que son
règne vienne dans la gloire; pour le salut de l'Allemagne
et pour la paix dans le monde.
L'année 1942
marque le début de la déportation en masse
des Juifs vers l'Est : camps de travail, mines de sel,
chambres à gaz. Devant ces événements
d'une férocité incroyable, les évêques
de l'église de Hollande envoient au commissaire
du Reich un long télégramme de protestation
(11 juillet 1942). À la suite de cette démarche,
le chef nazi se dit disposé à épargner
les chrétiens d'origine juive qui peuvent démontrer
leur appartenance à une communauté chrétienne
avant janvier 1941. Les évêques jugent complètement
insuffisante cette réponse et font lire dans toutes
les églises du pays (26 juillet) une lettre pastorale,
dans laquelle on rapportait la protestation du télégramme.
Le matin du 2 août
1942, le commissaire du Reich, ayant décidé
de poursuivre les catholiques juifs comme leurs
pires ennemis , ordonne que tous les religieux et
toutes les religieuses non aryens présents dans
les couvents hollandais soient emmenés. Et l'après-midi
de ce même jour, la Gestapo vient arrêter
les deux surs Stein. Les dernières paroles
de sur Bénédicte, en quittant le Carmel,
sont adressées à sa sur : Viens,
allons pour notre peuple.
À Auschwitz-Birkenau,
à l'arrivée du convoi, le 9 août 1942,
les surs Stein sont introduites, avec les autres
déportées, dans la chambre à gaz.
Dans la dernière lettre qu'elle a pu faire parvenir
au Carmel d'Echt, elle avait écrit : On
ne peut acquérir une Science de la Croix [c'était
le titre de son dernier livre, resté inachevé]
que si l'on commence à souffrir vraiment du poids
de la Croix. Du plus profond de mon cur j'ai dit
: Je te salue, ô Croix, mon unique espérance!
Sur le web :
http://utenti.tripod.it/edith/Fra.html
http://www.jcrelations.net/stmnts/edith-stein.htm
http://www.ocd.pcn.net/ed_ma_fr.htm
http://www.liberation.fr/quotidien/debats/octobre98/981026h.html