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Avril
2001 |
- La visite de Dieu
- Syméon le Nouveau Théologien
Il vint à ma rencontre et se découvrit
à moi.
D'où et
comment vient-il? Je ne sais.
Comment en effet
pourrais-je savoir
d'où est venu
celui qu'aucun homme
n'a encore
jamais vu,
dont personne
n'a su où il se trouve,
où est le lieu
de son pâturage et de sa couche?
Car on ne peut
absolument pas le voir,
ni non plus le
concevoir;
il habite dans
une lumière
inaccessible, il
est lumière
en trois
personnes, de manière inexprimable,
dans des espaces
infinis,
mon Dieu infini,
Père unique
comme le Fils,
Unis à l'Esprit
Divin.
Un sont les trois
et les trois
sont un seul
Dieu, d'une manière inexplicable.
La parole est
incapable
d'exprimer
l'inexprimable
et l'esprit de
la concevoir clairement.
Je peux déjà
avec peine
exprimer quelque
chose de ce qu'il y a en nous,
mais
t'expliquer ces mystères
ni moi ni
personne d'autre
ne
pourra le faire.
Syméon le
Nouveau Théologien. Hymnes
XXIX, vers 135-161, Hymnes, t. II, p. 325, Traduction
L. Neyrand, sources chrétiennes no 174, 1971
-
- Comme il m'est facile de
vivre avec toi, Seigneur!
- d'Alexandre Soljenitsyne
(écrivain russe né en 1918)
Comme il
m'est facile de vivre avec Toi, Seigneur!
Comme il
m'est facile de croire en Toi!
Lorsque mon
esprit tombe dans la perplexité ou se tait accablé; lorsque
les gens les plus intelligents ne voient pas plus loin que le
soir d'aujourd'hui et ne savent pas ce qu'il faudra faire
demain, Tu me donnes la claire confiance que Tu existes et que
Tu as souci de toutes les routes vers le bien ne soient fermées.
Par dessus
les cimes de la gloire terrestre, je regarde avec étonnement ce
chemin que jamais je n'aurais pu inventer moi-même, ce chemin
merveilleux au-delà du désespoir, là d'où, moi aussi, je
pourrai envoyer à l' humanité un reflet de Ta lumière.
Et ce qu'il
faudra que je leur dise moi-même, Tu me le donneras, et si je
n'y parviens pas, cela veut dire que Tu en as destiné
d'autres pour cela.
Oui,
Seigneur, toutes nos vies sacrifiées, nos vies boiteuses, nos gémissements
et nos larmes,
Tout cela ne
donnera-t-il pas une beauté éternelle et achevée?
Je sens avec
tant de clarté que ce qu'il y a en moi n'est pas encore
tout moi.
Je sens
quelque chose de très indestructible, quelque chose de très,
très haut :
Quelque chose
comme un éclat de l'Esprit universel!
Alexandre Soljenitsyne
(né en 1918)
-
- Hymne de la Croix
- de Hippolyte
Cet arbre m'est une plante de salut éternel,
de lui je me nourris, de lui je me repais.
Par ses racines je m'enracine
et par ses branches je m'étends,
Sa rosée me réjouit
et son esprit comme un vent délicieux me
fertilise.
A son ombre j'ai dressé ma tente,
et fuyant les grandes chaleurs
j'y trouve un abri plein de rosée.
Ses feuilles sont ma frondaison,
ses fruits mes parfaites délices,
et je jouis librement de ses fruits,
qui m'étaient depuis l'origine réservés.
Il est dans la faim ma nourriture
dans la soif ma source,
Et mon vêtement dans la nudité
car ses feuilles sont l'Esprit de vie :
loin de moi désormais les feuilles de figuier.
Quand je redoute Dieu, il est ma protection
et quand je chancelle mon appui,
quand je combats mon prix et quand je triomphe
mon trophée.
C'est pour moi le sentier étroit et la route
resserrée;
c'est l'échelle de Jacob et le chemin des
anges,
au sommet duquel le Seigneur est vraiment appuyé.
Cet arbre aux dimensions célestes
s'est élevé de la terre aux cieux,
se fixant, plante éternelle, au milieu du ciel
et de la terre,
soutien de toutes choses et appui de
l'univers
support de toute la terre habitée et joint du
monde,
tenant assemblée la variété de la nature
humaine
et cloué par les chevilles invisibles de l'Esprit,
afin qu'ajusté au divin, il n'en soit plus
détaché.
Touchant par son faîte le sommet des cieux,
affermissant la terre par ses pieds
et étreignant de tous côtés par ses mains
immenses
l'esprit nombreux de l'air entre ciel et
terre,
il
était tout entier en tout et partout, Amen!
Hippolyte, texte inspiré du Traité sur la Pâque,Traduction P. Nautin, Sources chrétiennes,
1950, p. 176.
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