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Janvier
2001 |
Prières
communes |
Prières | Auteurs
spirituels | Hymnes
- Seigneur tu es le pauvre
- de Rainer Maria Rilke
- Seigneur, tu es le pauvre
- Tu es le pauvre, le dénué de tout,
- tu es la pierre qui roule sans trouver le repos,
- tu es le lépreux hideux dont on se détourne
- et qui rôde autour des villes avec son grelot.
- Pas plus que le vent tu n'as de lieu
- et ta beauté cache mal que tu es nu
- et même le vêtement qu'un orphelin met en semaine est
- plus somptueux,
- car au moins il lui appartient.
- Tu es pauvre comme le besoin de naître d'un enfant
- dans une fille honteuse d'être mère
- et qui serre son ventre au risque d'étouffer
- l'autre vie qu'elle porte et qui tressaille en elle.
- Tu es pauvre comme une pluie printanière
- qui descend doucement sur les toits d'une ville
- et comme le seul vou chéri d'un prisonnier
- au fond de sa cellule à jamais hors du monde.
- Tu es pauvre comme les malades qui dans la nuit
- se retournent sans cesse et sont presque heureux
- et comme les fleurs entre les rails
- si tristes dans le vent confus des voyages
- et comme la main qui monte aux yeux pour cacher des
- larmes trop tristes.
- Et que sont, devant toi, tous les oiseaux qui
- tremblent?
- Qu'est-ce, devant toi, qu'un chien affamé?
- Qu'est-ce, pour toi la longue et silencieuse tristesse
- des bêtes
- abandonnées de tous dans la captivité?
- Et devant toi et ta misère
- que sont tous les pauvres des asiles de nuit?
- Ils ne sont que d'humbles cailloux,
- et pourtant comme la pierre de meule d'un
moulin,
- ils donnent un peu de pain.
- Mais toi tu es vraiment le pauvre, le dénué de tout,
- tu es le mendiant qui se cache la face;
- tu es la grande lumière de la pauvreté
- auprès de qui l'or semble terne.
Rainer Maria Rilke,
Traduction d'Arthur Adamov, Actes Sud, Hubert Nyssen, 1982, p. 25.
-
- Le cantique du soleil
- de saint François
d'Assise
- Jésus, rédempteur de tous les hommes,
- Avant que naisse la lumière,
- Le Père souverain t'avait engendré
- Dans une splendeur semblable à la sienne.
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- Ô lumière et Splendeur du Père,
- Espoir éternel de tous les cours,
- Écoute les prières qu'à travers l'univers
- Répandent tes humbles serviteurs.
-
- O Créateur du monde, souviens-toi
- Qu'en naissant de la Vierge sainte,
- Tu as pris autrefois
- Un corps semblable au nôtre.
-
- Ce jour que chaque année ramène en son cycle,
- En est encore une fois le témoin :
- Tu as quitté l'intimité de ton Père
- Pour venir te faire l'unique salut du monde.
-
- Astres, continents, océans,
- Et tout ce qui se trouve sous le ciel,
- Saluez d'un chant nouveau
- Celui qui de nouveau vient nous sauver.
-
- Et nous, Jésus, qu'a lavés
- Le flot de ton sang précieux,
- En ce jour de ta Nativité,
- Nous t'offrons l'hymne qui t'est due.
-
- Jésus, qui es né de la Vierge,
- Que la gloire te soit rendue,
- Ainsi qu'au Père et à l'Esprit divin,
- À travers tous les siècles. Amen!
- Raban Maur.
- Traduction Missel des Fidèles (Feder)
- Mame, 1961, p. 68.
-
- La joie se trouve dans mon
coeur
- De sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
- Il est des âmes sur la terre
- Qui cherchent en vain le bonheur
- Mais pour moi, c'est tout le contraire
- La joie se trouve dans mon cour
- Cette joie n'est pas éphémère
- Je la possède sans retour
- Comme une rosée printanière
- Elle me sourit chaque jour.
-
- Vraiment je suis par trop heureuse,
- Je fais toujours ma volonté.
- Pourrais-je n'être pas joueuse
- Et ne pas montrer ma gaîté?.
- Ma joie, c'est d'aimer la souffrance,
- Je souris en versant des pleurs
- J'accepte avec reconnaissance
- Les épines mêlées aux fleurs.
-
- Lorsque le Ciel bleu devient sombre
- Et qu'il semble me délaisser,
- Ma joie, c'est de rester dans l'ombre
- De me cacher, de m'abaisser.
- Ma joie, c'est la Volonté Sainte
- De Jésus mon unique amour
- Ainsi je vis sans nulle crainte
- J'aime autant la nuit que le jour.
-
- Ma joie, c'est de rester petite
- Aussi quand je tombe en chemin
- Je puis me relever bien vite
- Et Jésus me prend par la main
- Alors le comblant de caresses
- Je Lui dis qu'Il est tout pour moi
- Et je redouble de tendresses
- Lorsqu'Il se dérobe à ma foi.
-
- Si parfois je verse des larmes
- Ma joie, c'est de les bien cacher
- Oh! que la souffrance a de charmes
- Quand de fleurs on sait la voiler!
- Je veux bien souffrir sans le dire
- Pour que Jésus soit consolé.
- Sainte Thérèse de Lisieux,
- Poésies
- Le Cerf/Desclée de Brouwer, 1979,
p.209
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