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Septembre
2002
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Lettre
aux Magnésiens
Apôtre, martyr, évêque, telle
est la triple couronne qu'il faut déposer sur la tête
d'Ignace, évêque d'Antioche vers de 69. Ne faites
rien sans l'évêque, attachez-vous à l'évêque,
aux prêtres et aux diacres. J'ai fait tout mon possible comme
un homme choisi pour faire l'unité, pour nouer les hommes
en Jésus Christ. Son nom de Porte-Dieu révèle
bien son originale personnalité. Le seul vivant, clame-t-il,
est celui qui croit en Jésus Christ. Amené
à Rome pour y être martyrisé, il écrit
: C'est de bon cur que je vais mourir pour Dieu si
du moins vous ne m'en empêchez pas. Sont restées
de lui des lettres aux églises d'Asie mineure, dont celle
aux chrétiens de Magnésie, située à
quelques kilomètres d'éphèse. Ignace semble
préoccupé par la jeunesse de son successeur sur le
siège épiscopal. C'est en cette ville d'Antioche que
le qualificatif chrétien fut employé
pour la première fois (Ac.11 : 26)
gnace,
appelé aussi Théophore (Porte-Dieu) à l'église
qui est bénie dans la grâce de Dieu le Père
en Jésus Christ notre Sauveur. C'est en lui que je salue
l'église qui est à Magnésie, sur les bords
du Méandre, et je lui souhaite abondance de joie en Dieu
le Père et en Jésus Christ.
Apprenant que votre charité est parfaitement ordonnée
selon Dieu, j'ai décidé dans ma joie, de vous adresser
la parole dans la foi en Jésus Christ. Honoré d'un
nom d'une divine splendeur, alors que je me déplace chargé
de chaînes, je célèbre la louange des églises
et je leur souhaite d'être unies à la chair et à
l'esprit de Jésus Christ, notre éternelle vie ; je
leur souhaite d'être unies dans la foi et la charité,
qui est supérieure à tout ; je leur souhaite ce qui
est le plus important : l'union avec Jésus et le Père
de qui, après avoir résisté à toutes
les attaques du prince de ce monde, et y avoir échappé,
nous atteindrons Dieu. Puisque j'ai eu l'honneur de vous voir par
l'intermédiaire de Damas, votre évêque digne
de Dieu, des dignes presbytres (les anciens, responsables de l'église
locale) Bassus et Appolonius, et de son compagnon de service, le
diacre Zotion, je souhaite jouir de sa présence, car il est
soumis à l'évêque comme à la grâce
de Dieu, et au presbytérium (ensemble des presbytres ) comme
à la loi de Jésus Christ.
Il convient que vous n'abusiez pas du jeune âge de votre
évêque ; au contraire, par égard à la
puissance de Dieu le Père, il convient que vous lui accordiez
toute votre vénération. Car je sais que vos saints
presbytres n'ont pas abusé de la jeunesse qui paraît
en lui ; comme des gens guidés par une prudence divine, ils
se soumettent à lui, non pas à lui, mais comme à
l'évêque et au gardien de tous, au Père de Jésus
Christ. Par respect pour ce Père qui nous a aimés,
il convient d'obéir sans aucune dissimulation. Car, lorsqu'on
dissimule, ce n'est pas l'évêque visible que l'on égare,
c'est l'évêque invisible que l'on essaie de tromper.
En agissant ainsi, ce n'est pas à l'homme de chair qu'on
s'adresse, mais à Dieu, qui connaît les choses cachées.
Il convient donc de ne pas seulement se faire appeler chrétien,
mais de l'être aussi ; de même que certains ont toujours
le nom de l'évêque à la bouche, mais font tout
sans lui. Ceux-là ne me paraissent pas avoir une bonne conscience,
car leurs assemblées ne sont pas légitimes ni conformes
au commandement du Seigneur.
Car les choses ont leur fin, et voici devant nous, toutes deux
également, la mort et la vie, et chacun doit aller à
son lieu propre. C'est ainsi qu'il y a deux monnaies, celle de Dieu
et celle du monde ; et chacune d'elles a sa marque particulière.
Les infidèles portent celle de ce monde, et les fidèles
qui sont dans la charité portent la marque de Dieu le Père
par Jésus Christ. Si grâce à celui-ci, nous
ne décidons pas librement de mourir pour participer à
sa passion, sa vie n'est pas en nous.
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