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Octobre
2002 |
Homélie
: « Bénie entre toutes les femmes. »
Saint Sophrone
de Jérusalem
Le mois d’octobre, consacré à la Vierge du
Rosaire, explique le choix de cet extrait d’une homélie
du patriarche de Constantinople en 634. Originaire de Damas, rhéteur
distingué, Sophrone ne tarde pas à abandonner le monde
pour vivre le monachisme. Il eut tout de même la passion du
voyage notamment en égypte et en Palestine. C’est en
Palestine, en 634, qu’il fut élu, tout laïc qu’il
était, patriarche de Constantinople, siège qu’il
occupa peu de temps, obligé de céder devant l’envahisseur
et livrer sa ville sainte au calife Omar en 637. Dés son intronisation
comme patriarche, ce juge de la foi rassemble autour de lui un concile
appelé à se pencher sur l’unité de la personne
dans le Christ. Au cours de sa longue carrière, Sophrone écrit
des vies de saints, des poèmes et prononce quelques homélies.
éjouis-toi
comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. Et que
peut-il y avoir de supérieur à cette joie, ô
Vierge Mère ? Que peut-il y avoir au-dessus de cette grâce,
que tu es la seule à avoir reçue en partage de la
part de Dieu ? Que peut-on concevoir de plus joyeux et de plus lumineux
? Tout demeure loin derrière tes merveilles, tout se trouve
au-dessous de ta grâce. Les privilèges les plus certains
n’ont que le second rang et ne possèdent qu’un
éclat bien moindre.
Le Seigneur est avec toi. Qui oserait rivaliser avec toi sur ce
point ?Dieu naît de toi. Qui donc ne te céderait la
place aussitôt pour te laisser avec joie la primauté
et l’excellence ? Aussi, lorsque je contemple ta supériorité
sur toutes les créatures, je proclame hautement tes louanges
: Réjouis-toi comblée de grâce, le Seigneur
est avec toi. La joie qui émane de toi n’est pas seulement
accordée aux hommes mais aussi à toutes les puissances
d’en haut.
Vraiment tu es bénie entre toutes les femmes, parce que
tu as transformé la malédiction d’Ève
en bénédiction ; parce que Adam, qui auparavant était
maudit, a obtenu d’être béni à cause de
toi.
Vraiment tu es bénie entre toutes les femmes, parce que,
grâce à toi, la bénédiction du Père
s’est levé sur les hommes et les a délivrés
de l’antique malédiction.
Vraiment tu es bénie entre toutes les femmes, parce que,
grâce à toi, tes ancêtres sont sauvés,car
c’est toi qui vas engendrer le Sauveur qui leur procurera
le salut.
Vraiment tu es bénie entre toutes les femmes, parce que,
sans avoir reçu de semence, tu as porté ce fruit qui
fait don à la terre entière de la bénédiction,
et la rachète de la malédiction d’où
naissent les épines.
Vraiment tu es bénie entre toutes les femmes, parce que,
étant femme par nature, tu deviens effectivement Mère
de Dieu. Car si celui que tu dois enfanter est en vérité
Dieu incarné, tu es appelé Mère de Dieu à
très juste titre, puisque c’est Dieu que tu enfantes
en toute vérité. Dieu lui-même habite charnellement
dans ton sein, il en sort comme l’époux pour apporter
aux hommes la joie et la lumière divines. C’est en
toi, ô Vierge, que Dieu, comme dans un ciel très pur
et lumineux, a établi sa demeure ; de toi, il s’élance
comme un époux quittant la chambre nuptiale ; imitant la
course d’un géant, il va parcourir la carrière
de sa vie, qui apportera le salut à tous les vivants et qui,
s’étendant d’une extrémité du ciel
à l’autre, remplira toutes choses de son ardeur divine
et de sa lumière vivifiante.
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