|
Spiritualite2000.com
|
|
Septembre
2001
|
- L'immortalité
de l'âme en question
de Suzanne Rousseau.
Montréal, Fides, 2001, 248 p.
Cet
ouvrage saura intéresser à coup sûr toute
personne qui croit en la résurrection et qui se questionne
sur la popularité de la réincarnation. Dans le
cadre de ses études doctorales, Suzanne Rousseau, professeure
de théologie à l'Université du Québec
à Trois-Rivières, a cherché à comprendre
pourquoi la croyance en la réincarnation est adoptée
par de nombreux chrétiens qui n'y voient aucune contradiction
avec la foi en la résurrection. Son hypothèse,
c'est que la conception courante de la résurrection,
telle qu'enseignée par les catéchismes et même
par la catéchèse plus récente, repose sur
une anthropologie dualiste, exactement comme la croyance en
la réincarnation. La croyance en l'immortalité
de l'âme, figure habituelle de la croyance en la résurrection,
aurait fait du Québec un terreau fertile pour la propagation
de la croyance en la réincarnation.
Pour
vérifier son hypothèse, l'auteure analyse le contenu
des petits catéchismes québécois de 1888
et de 1951, du Catéchisme de l'église catholique
de 1992 et des productions catéchétiques de l'Office
de catéchèse du Québec de 1964 à
1985. La démonstration est étonnante et convainquante.
En effet, même dans les documents plus récents,
on retrouve le même dualisme : l'être humain serait
composé d'une âme immortelle et d'un corps mortel.
Après la mort, l'âme survit en attendant que son
corps soit ressuscité lors du jugement définitif.
Le corps serait donc quantité négligeable en ce
qui concerne la nature profonde de l'être humain. Il est
vrai que cette conception de l'être humain ressemble étrangement
à celle des réincarnationnistes. Pour ces derniers
aussi, l'âme immortelle constitue l'essence véritable
de l'être humain. Le corps n'est qu'un véhicule
temporaire. Le rapprochement est saisissant. Sur la base d'une
telle anthropologie, résurrection et réincarnation
s'amalgament aisément.
Dans
sa conclusion, l'auteure fait référence à
l'anthropologie biblique non dualiste et à la conception
néo-testamentaire de la résurrection, qui impliquerait
la mort totale des humains et leur résurrection totale,
sans séparation du corps et de l'âme. Ces pistes
de réflexion remettent en question l'immortalité
de l'âme au nom de la foi en la résurrection. On
ne peut refermer trop vite la dernière couverture de
cet ouvrage intéressant, bien écrit et solidement
documenté. Il nous laisse entre les mains des interrogations
troublantes mais essentielles qui nous obligent à nous
confronter aux fondements de notre tradition croyante.
Retour
en haut
|