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Novembre
2001
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Dieu et la
révolution du dialogue
de Jean Mouttapa.
Paris,
Albin Michel, 1996, 300p.
 ean
Mouttapa est éditeur de textes sacrés et de spiritualité,
ainsi que chroniqueur régulier dans la revue L'actualité
des religions. Il écrit à titre d'observateur
engagé dans le dialogue interreligieux. D'après
lui, il ne sera bientôt plus possible de croire
en son dieu comme si celui des autres n'existait pas .
Les relations entre cultures et entre religions s'accroissent
dans notre monde pluraliste.
Il
ne s'agit plus d'un luxe associé à l'exotisme
et aux voyages. Le dialogue avec la foi des autres est ainsi
destiné à occuper une place croissante dans la
vie sociale, dans l'intimité des familles comme dans
les relations internationales. Cette situation en pleine évolution
pose un défi à ceux qui professent une foi religieuse,
un défi intimement lié à l'acte même
de se positionner explicitement comme croyant. En fait, le dialogue
serait en train de devenir une donnée fondamentale de
toute expérience religieuse.
L'ouvrage
de Jean Mouttapa ne constitue pas un traité théorique
sur le dialogue interreligieux. Il s'agit plutôt d'un
tour d'horizon à partir de pratiques particulières,
comme le Talmud, le jihâd islamique, les castes de l'hindouïsme,
et de figures historiques importantes, dont Louis Massignon,
Thomas Merton et Henri Le Saux. L'auteur refuse toute forme
de syncrétisme facile ou superficiel, au nom du respect
et de l'écoute de l'autre. Ainsi, il met un bémol
à toute tentative un peu trop rapide de synthèse
entre l'Orient et l'Occident. Se situant lui-même comme
chrétien, il se met à l'écoute de l'autre
dans toute sa différence, avec respect et même
admiration. Dans son observation de plusieurs tentatives concrètes
de rencontres entre cultures et entre religions, Mouttapa se
met à la recherche des principes éthiques et déontologiques
susceptibles de guider le processus du dialogue. Dans cet esprit,
il nous met en garde contre les faux amis , ces
homologies supposées, ces correspondances qui nous donnent
une trompeuse impression de familiarité et qui dénaturent
le dialogue. À titre d'exemple, il met en lumière
les courts-circuits de la pensée qui permettent à
tant d'occidentaux d'adhérer à la réincarnation
bouddhiste en passant sous silence l'anthropologie qui lui est
sous-jacente. Il cite également les mises en garde de
quelques maîtres orientaux tels Sogyal Rinpoché
et Shunryu Suzuki à l'égard de la tendance occidentale
à instrumentaliser les techniques de méditation
de manière à en détourner subtilement la
fin et l'esprit. Bref, le dialogue dont parle Mouttapa se révèle
exigeant mais d'une grande fécondité spirituelle.
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