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Juillet-Août
2001
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- La joie imprenable
- de Lytta Basset. La joie
imprenable, Genève, Labor et Fides, 1996, 371 p.
Dans
cet ouvrage, Lytta Basset pose une question existentielle et spirituelle
de première importance : la joie est-elle possible sur cette
terre ? Elle
construit sa réflexion à partir d'une interprétation particulière
de Luc 15, 11-32, la parabole du père qui avait deux fils.
Cette interprétation tout à fait originale ne déprécie
ni n'idéalise aucun des trois personnages et associe étroitement
vie affective et vie spirituelle.
Ainsi, on découvre que le sentiment d'exclusion joue un
rôle clef dans cette parabole. Au départ, aucun des personnages
ne semble très proche des autres dans cette famille.
Le cadet s'exclut lui-même et exclut les autres de sa vie.
L'aîné exclut le père et le cadet.
Le père chemine de son exclusion effective vers le désir
d'inclusion. La parabole raconte un cheminement de l'exclusion
et du sentiment d'exclusion à la possibilité d'un accueil qui
se confonde avec la certitude d'exister.
La joie du père
à la fin de la parabole a pris naissance au creux de l'expérience
d'exclusion. La
négativité a été le tremplin de cette joie qui n'a rien
à voir avec la satisfaction du bébé repus, ni avec
l'optimisme inconscient. La négativité de l'existence
(l'échec, la faute, la frustration) creuse en nous
l'aspiration à exister vraiment. L'angoisse d'exister constitue
une forme de sens spirituel, dans la mesure où l'on ne se
complaît pas dedans. La
souffrance serait donc le matériau brut de la joie.
Au départ, la souffrance entraîne isolement, sentiment de
perte, amoindrissement intime de l'être. Cette souffrance
sera exacerbée par le sentiment qu'autrui est indifférent
tout en sachant ce que je souffre, et qu'il vit cette plénitude
dont je suis privé. C'est
l'irruption de la compassion qui permettra de dépasser le
« souffrir sans » et le « souffrir contre »
en assumant chaque parcelle de ce qui a été éveillé en
soi. La
compassion trouve sa racine en Dieu qui est lui-même infinie
compassion et qui souffre avec nous. La compassion crée un brèche
dans l'enfermement intérieur.
En ayant vu de face sa propre souffrance, un espace intérieur
se crée pour accueillir la souffrance d'autrui, sur la base
aussi de l'accueil de soi.
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