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Spiritualite2000.com
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Décembre
2001
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Comment lire
l'évangile sans perdre la foi
de Alberto Maggi.
Montréal,
Fides, 1999, 188p.
 es
évangiles ont été écrits pour susciter
la foi, mais pour beaucoup d'hommes et de femmes de notre temps,
ils semblent plutôt y faire obstacle. Ils posent un défi
continuel au bon sens en accumulant les absurdités et
les incohérences. Les textes évangéliques
paraissent rébarbatifs en raison de leur genre littéraire
étranger aux références culturelles communes
des sociétés occidentales.
Dans
ce livre, Alberto Maggi replace les récits évangéliques
dans le contexte culturel de leur rédaction. Il fournit
des clés d'interprétation nécessaires à
la compréhension de plusieurs récits bien connus
des quatre évangiles. L'auteur est bibliste mais il se
consacre à la vulgarisation des résultats de la
recherche. Chacun des courts chapitres de cet ouvrage constituait
au départ des articles publiés dans une revue
italienne à grand tirage. Ce livre ne s'encombre donc
pas de vocabulaire savant ni d'analyses compliquées.
Il est accessible à tout lecteur intrigué par
le Nouveau Testament. Cet ouvrage peut s'avérer fort
utile aux homélistes, aux animateurs de pastorale et
aux catéchètes. Il s'agit d'une belle suggestion
de cadeau de Noël.
Dans
chaque chapitre, bon nombre de découvertes et de surprises
attendent le lecteur. Dans la culture orientale du premier siècle,
on parle par images et par symboles. Cependant, ces images ne
peuvent être assimilées directement à nos
interprétations habituelles. Parfois, elles s'y opposent.
À titre d'exemple, l'oie représente la sagesse
dans la culture hébraïque, tandis qu'elle connote
pour nous la stupidité. Quand Jésus compare Hérode
à un renard (Lc 13,32), il le dépeint comme un
être insignifiant et non comme un homme rusé. En
effet, dans la culture sémitique, le renard est l'animal
le plus insignifiant de la création.
Au
sujet des récits de l'enfance de Jésus qui commencent
l'évangile de Matthieu et celui de Luc, Alberto Maggi
nous apprend que les mages de Matthieu ne sont pas des rois.
Les mages sont des devins, des astrologues, des sorciers païens
qui pratiquent une activité jugée impure par la
loi mosaïque. Ces hommes théoriquement exclus du
salut seront les premiers à accueillir la présence
de Dieu dans l'humanité. De même, les bergers de
Luc, auxquels les anges annonceront la naissance de Jésus,
constituent des personnages marginaux et rejetés de la
société juive. Leur travail les rend impossible
de respecter la loi et ils vivent donc dans une impureté
permanente. Les évangiles de l'enfance révèlent
donc une nouveauté saisissante, celle d'un Dieu qui manifeste
son amour à tous les humains, sans égard pour
leur statut social et pour leur rectitude morale ou religieuse.
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