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Spiritualite2000.com
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Septembre
2001
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- Entre moi et l'autre
- par Paul-André
Giguère
Connais-toi toi-même
. Presque toutes les traditions spirituelles pourraient
faire leur cet impératif venu de la Grèce antique.
Les moyens pour parvenir à cette connaissance varient,
les enseignements sur ce qu'est véritablement l'être
humain et ce qu'il serait appelé à devenir sont
différents. Mais toute expérience spirituelle authentique
a trait à ce que le spirituel français Marcel Légaut
appelait la recherche de son humanité .
Aime ton prochain comme toi-même . Presque toutes
les traditions spirituelles se ramènent aussi à
cet impératif venu du judaïsme et repris par la tradition
chrétienne. La manière d'envisager cet amour se
dit de mille façons, les moyens d'atténuer ou d'éliminer
les obstacles à l'amour véritable sont différents.
Mais toute expérience spirituelle authentique a trait à
la capacité d'ouverture à l'autre dans la bienveillance
et la compassion.
Ainsi
donc, la vie spirituelle se déploie à l'intérieur
d'un champ de forces dont l'équilibre n'est pas facile
à trouver. Il y a, d'une part, l'attention à soi-même,
l'accès à son intériorité, la découverte
de sa vérité, la réconciliation avec soi-même
au cour de son histoire et de ses déterminismes, la maîtrise
de soi. Il y a, d'autre part, l'attention à l'autre, le
décentrement de sa propre personne, le don ou l'oubli de
soi, le mouvement profond de désintéressement et
de gratuité, l'ouverture à la communauté.
Les deux mouvements sont absolument essentiels au progrès
spirituel.
Car
comment se donner véritablement si on ne se possède
pas ? Il arrive à celui ou celle qui ne se connaît
pas, ou qui ne s'aime pas, de se servir inconsciemment des autres
dans le but de se trouver soi-même. L'ouverture à
l'autre et le service sont alors motivés en réalité
par ce qu'on peut en retirer de gratifiant ou d'utile.
D'une
manière corrélative, comment se connaître
ou devenir soi en toute vérité si on ne risque pas
la rencontre de l'autre et l'expérience de l'altérité
? Il arrive à celui ou celle qui est incapable de prendre
ce risque, de se replier sur sa personne et d'absolutiser sa croissance
personnelle et la recherche de l'harmonie entre son corps, son
âme, son esprit et le cosmos.
Entre
la fuite de soi et la fuite de l'autre, ou, inversement, entre
le repli sur soi et la perte de soi en l'autre, le chemin est
étroit. Voilà pourquoi il est nécessaire
de poursuivre sa recherche intérieure en référence
à quelqu'un ou quelque chose qui nous est extérieur.
Il peut s'agir d'une tradition spirituelle ou religieuse, d'un
maître ou d'un guide, d'une écriture sacrée,
d'une communauté composée d'autres femmes, d'autres
hommes, animés d'un même désir. Entre moi
et l'autre, il est nécessaire d'inscrire un tiers qui puisse
prévenir qu'on soit absorbé par l'un des deux pôles.
Le
judaïsme, par exemple, invite le fidèle à se
référer continuellement à sa tradition porteuse
d'un appel aussi bien à l'identité personnelle et
collective qu'à l'ouverture au prochain. Mes paroles
que voici, vous les mettrez en vous, dans votre cour. Vous en
ferez un signe attaché à votre main, une marque
placée entre vos yeux. Vous les apprendrez à vos
fils en les leur disant quand tu resteras chez toi et quand tu
marcheras sur la route, quand tu seras couché et quand
tu seras debout ; tu les inscriras sur les montants de porte de
ta maison et à l'entrée de tes villes (Deutéronome
11 18-20).
On peut rejoindre
l'auteur à pa.giguere@spiritualite2000.com
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