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Spiritualite2000.com
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Mai 2001 |
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- Saute !
par Paul-André Giguère
On parle beaucoup à notre époque
de recherche spirituelle et on a tendance à se méfier de ceux
qui n'ont que des réponses. Pourtant, viennent dans toute vie
des moments où s'accomplit la parole du Christ :
« Cherchez et vous trouverez ». Ce sont des moments
à la fois désirés et redoutables, où le temps de la
recherche est terminé et où l'heure de la décision est
venue. L'heure de ce qu'on appelle « faire le saut »,
qui est bien autre chose que sursauter.
Certaines de ces décisions déterminantes
sont aussi prenantes qu'heureuses : assumer une hypothèque
pour acheter une maison, s'engager à partager sa vie avec la
personne qu'on aime, accepter une promotion dans une ville étrangère,
sortir de l'anonymat et se joindre à un groupe affilié à
une tradition spirituelle. Mais il y a aussi des décisions
terrifiantes et pénibles : décider de mettre fin à une
relation privilégiée devenue douloureuse ou destructrice,
quitter un emploi pour des motifs éthiques, se compromettre en
dénonçant une situation inacceptable.
C'est la grandeur de l'être
humain que d'être capable de pareils passages. Que de pouvoir
sortir des routines, des attachements de tous ordres et du déterminisme
en instaurant certains moments du présent en charnière entre
un avant et un après. Ces moments sont de grands moments où
brille la liberté. Mais quel courage ils demandent souvent !
C'est qu'il n'y a à peu
près jamais d'évidence dans les grandes décisions. Il est
très rare que les choses soient à ce point claires qu'on ne
puisse douter. Les grandes décisions comportent toujours un
risque. Le risque de commettre une erreur irréparable. Le
risque de se tromper alors que le retour en arrière n'est
plus possible.
Les
grandes décisions sont toujours des actes de foi. De confiance
plus forte que le doute. Les anglophones parlent de leap
of faith, un saut de la foi. On s'élance en faisant
confiance en la vie, confiance dans le processus de discernement
qui nous a conduits là, confiance en son jugement et en ses
ressources. Confiance aussi en ceux qui nous entourent et ne
nous laisseront pas tomber. Et, pour les croyants, confiance en
Dieu. On a envie de dire, avec David : Avec
mon Dieu, je saute la muraille et le fossé ! (2 Samuel
22 30 ; Psaume 18
30). Cette foi est joyeuse, comme l'exprime si bien le début
d'un des grands motets de J.S. Bach, tout imprégné de sa foi
protestante : Ne
crains pas, je suis près de toi ; ne faiblis pas, car je
suis ton Dieu ! Je te fortifie, je t'aide, je te soutiens
par ma main droite qui fait justice (Esaïe 41 10).
Ce
motet était destiné à accompagner la mort. Au fond, toutes
les grandes décisions, tous les grands départs, toutes les
ruptures réfléchies ne sont-elles pas une répétition de la
mort, de l'ultime lâcher prise ? J'aime à les voir
comme une préparation à ce moment où nous nous entendrons
dire, peut-être : Saute !
On
peut rejoindre l'auteur à pa.giguere@spiritualite2000.com
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