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Spiritualite2000.com
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Janvier 2001 |
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- Se recevoir d'une
tradition
- par Paul-André
Giguère
Les
institutions chrétiennes n'ont pas la cote. Les traditions non
plus. Le monde d'aujourd'hui, du moins en Occident, entretient
avec elles une relation ambiguë. On s'émerveille volontiers
devant les traces de leur gloire passée : engouement pour la
simplicité complexe du chant grégorien, attachement à la pureté
de l'architecture romane, fascination éblouie devant les poèmes
de Jean de la Croix, reconnaissance respectueuse envers l'ouvre
courageuse de l'abbé Pierre ou de mère Teresa, sensibilité émue
par les Requiem de Mozart
ou de Fauré. Tous les musées de l'Occident constituent un émouvant
hommage rendu à la puissance inspiratrice du christianisme et à
ceux et celles qui en ont vécu.
Mais
l'on voit davantage aujourd'hui dans les institutions et les
traditions le poids du passé plutôt que l'ouverture sur
l'avenir. On y décèle une volonté d'empêcher ou du moins de
contrôler l'innovation, la création, l'invention. Les
certitudes reçues ne font pas bon ménage avec notre expérience du
soupçon. Les formulations dogmatiques se concilient mal avec notre
conception de la vérité que nous estimons, avec raison, toujours
relative. Les rites immuables et sacrés coexistent difficilement
avec la dynamique de nouveauté qui anime les créateurs de la télévision
ou des rituels d'ouverture des Jeux olympiques.
On
estime à bon droit que la recherche spirituelle ne saurait se développer
dans la contrainte ou dans la dépendance. Chacun, chacune refuse de
se laisser modeler, encarcaner, embrigader, récupérer. On pressent
avec justesse que le cheminement spirituel implique une ouverture
radicale à l'inédit, un accueil inconditionnel de ce qui arrive,
en un mot, qu'il est bien plus ouverture sur un avenir incertain
qu'actualisation d'un passé riche, peut-être, mais révolu.
Ces
exigences si fondamentales pour la vérité de la recherche
spirituelle ne facilitent pas les choses pour les pèlerins du sens.
Ce que la spiritualité ou la foi gagnent en caractère personnel se
paie souvent au prix de grands tâtonnements, d'absence de balises
fiables et d'isolement.
Sans
doute a-t-on besoin de retrouver le sens véritable d'une
tradition spirituelle. «Ô insensé, qui essaies de te porter sur tes propres épaules! Ô
mendiant, qui viens mendier à ta propre porte ! » (Rabindranath
Tagore). On peut sans doute apprendre à prier par soi-même, mais
comme il est difficile de progresser sur les chemins de la prière
sans être initié par quelqu'un qui sait d'expérience ! Il est
important de savoir marcher seul, seule, mais tout aussi important
de compter sur du soutien mais aussi de s'exposer à la
confrontation dans sa démarche personnelle.
Loin
d'être aliénante, une véritable tradition spirituelle conduit
la personne vers elle-même. Vers sa propre vérité. Comme l'écrit
un théologien et spirituel chrétien d'Amérique du sud, il
s'agit d'apprendre à boire
à son propre puits. Une vraie tradition spirituelle permet
d'apprendre à se recevoir. Elle révèle à soi-même, elle donne
accès au meilleur en soi.
Une
tradition spirituelle est comme un chemin. Un chemin qu'on
emprunte peut-être pour un temps, entre deux carrefours, peut-être
d'une manière définitive aussi. C'est un espace
d'apprentissage. Voilà pourquoi la tradition juive recommande à
ceux ou celles qui souhaitent acquérir la sagesse de s'attacher
à un maître. « Si tu vois un homme intelligent, cours à lui dès le matin, que ton
pied use les marches de sa porte » (Si 6
36).
C'est
l'esprit de ce site, ouvert et respectueux, mais enraciné dans la
tradition chrétienne et, d'une manière plus explicite, dans la
tradition dominicaine séculaire.
On
peut rejoindre l'auteur à pagigr@yahoo.ca
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