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Spiritualite2000.com
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Décembre 2000 |
- Le Noël des marchands
- par Yves
Bériault, o.p.
Noël est l'un de ces temps de l'année où le mystère
frappe à notre porte. Villes et villages, un peu partout dans
le monde, soulignent l'événement. Mais il faut bien
l'avouer, trop souvent le sens de la fête est perdu. Et le
tourbillon du temps des fêtes en vient même à lasser les
chrétiens et les chrétiennes pour qui cette fête marque
pourtant la naissance de leur Seigneur et Sauveur.
La fête de Noël fait maintenant partie du patrimoine
humain. Aucune fête chrétienne n'a connu une telle
popularité, bien que la fête de Pâques soit la plus grande
des fêtes chrétiennes. Un enfant dans une crèche c'est
toujours plus séduisant qu'un homme cloué sur une
croix ! C'est pourquoi ce temps de l'année marque une
convergence de traditions et de représentations qui ne
semblent pas toujours faire bon ménage les unes avec les
autres.
Pour certains, Noël évoque surtout les souvenirs
féeriques, réels ou imaginaires, des Noëls de l'enfance.
Ces souvenirs évoquent souvent la nostalgie d'une fête dont
on n'arrive plus à retrouver le sens. Les gens de cette
catégorie ont souvent le Noël triste comme l'on dit de
quelqu'un qu'il a le vin-triste .
Il y a aussi le Noël des chrétiens, fête de la Nativité,
qui n'a de sens que pour ceux et celles qui croient
en l'Enfant-Dieu. Même dans cette catégorie il y en a qui
ont perdu le sens de la fête. Ils jugent trop superficiel
tout ce qui entoure Noël et ils ont parfois le sentiment de
s'être fait voler leur fête!
Il y a enfin le Noël pour tous, le Noël
démocratisé qui remporte la faveur
populaire et qui conjugue sans difficulté la dinde de Noël,
la course effrénée aux cadeaux et, à l'occasion, lorsque le
temps le permet, une messe de minuit .
Pourtant, même ce Noël, que certains appellent le
Noël des marchands , est porteur de
sens et rejoint l'être humain dans ses aspirations les plus
profondes par certaines de ses facettes. Il ne faudrait pas
oublier que ce dernier-né des manifestations de la fête de
Noël est marqué profondément par le christianisme. Il ne
faudrait pas le renier trop facilement et l'envoyé coucher
dans l'étable. Ce Noël sécularisé, celui que nous
connaissons tous, est souvent un moment privilégié pour les
réconciliations, l'accueil de l'autre et le don de soi. Quoi
qu'il en paraisse, le Noël des
marchands est souvent un Noël de générosité
toute simple, sans prétention, par lequel les gens cherchent
à se donner un temps de bonheur ensemble, à faire sens du
temps qui passe en s'ouvrant à l'autre. Et ce bonheur, notre
société, bien qu'elle se veuille laïcisée, elle le trouve
près de la crèche.
Le Noël des marchands est une
fête qui éveille le goût de donner chez les gens, surtout
de se donner, ce qui explique sans doute pourquoi Noël est
l'un des temps de l'année où les bénévoles se font les
plus nombreux aux portes des organismes caritatifs de toutes
sortes. En dépit de ses dérives, n'est-ce pas là une preuve
que le Noël des marchands est une
fête qui est toute proche de ses racines évangéliques et
qui, lorsque bien vécu, peut devenir un prolongement tout
naturel de la célébration liturgique que nous en faisons en
Église.
Et pourquoi ne pas faire de ce Noël 2000 un vrai
Noël de marchands , un Noël de
marchands de bonheur accueillant dans leur maison ceux et
celles qui sont seuls, donnant un peu de nos tables à ceux
qui ont faim, ouvrant nos cours à la réconciliation et au
partage. Car n'est-ce pas là une conséquence inévitable du
sens de cette fête. Ceux et celles qui se mettent à la suite
de l'Enfant-Dieu se doivent d'être habités de sa
générosité à Lui. Car Noël, c'est la fête de la
générosité surabondante de Dieu. C'est Dieu qui se donne à
nous ! C'est Dieu-avec-nous et pour le monde :
l'Emmanuel !
Au nom de toute l'équipe de rédaction de Spiritualité
2000, je vous souhaite en ce Noël, des yeux tout neuf, comme
ceux de l'enfant qui l'accueil pour la première fois. Joyeux
Noël. Santé, Paix et Bonheur tout au long de la Nouvelle
Année 2001 !
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