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Spiritualite2000.com
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Juillet
- août 2002
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Le
faire et l'être comme la marée
par Paul-André
Giguère
os
visiteurs de l'hémisphère sud viennent de basculer
dans l'hiver. Pour eux, c'est la saison de la productivité,
avec ses exigences intenses de performance, la multiplicité
des tâches et des réalisations. Au même moment,
nos visiteurs de l'hémisphère nord entrent dans la
période des vacances estivales. Pour eux, c'est la saison
de la détente, de la gratuité, de la douceur de vivre.
Nos vies sont ainsi structurées par des alternances fondamentales
: jour et nuit, veille et sommeil, effort et repos, présence
aux autres et solitude. Elles sont aussi soumises à la loi
de l'alternance entre le faire et l'être. Mais dans les sociétés
modernes, cette dernière est difficile à maintenir
en équilibre. Le faire l'emporte presque toujours sur l'être.
N'avons-nous pas tendance à nous définir par ce que
nous faisons : notre métier, sans doute, mais aussi les multiples
occupations de notre vie la plus ordinaire ? Nous allons plus spontanément
demander à l'autre ce qu'il a fait durant le week-end que
ce qu'il a vécu. Nous nous intéressons davantage à
ce que nous faisons qu'à ce que nous devenons en le faisant.
Nous sommes plus attentifs à nos occupations qu'à
ce qu'elles nous font vivre.
Ce sujet de réflexion se situe au cur de la recherche
spirituelle. Celle-ci peut être perçue comme une revendication
intense de l'être profond, bien antérieure à
l'action et l'engagement. Sans doute est-ce la qualité de
ce que nous faisons qui permet de vérifier la qualité
de ce que nous croyons, de ce à quoi nous accordons une valeur
profonde. En ce sens, le Christ de l'évangéliste Matthieu
a raison de dénoncer ceux qui disent et ne font pas (23,
3) et de mettre en garde contre la bonne conscience de croyants
qui disent Seigneur, Seigneur mais n'arrivent pas
à faire la volonté de Dieu (7, 21) dans les gestes
les plus simples de la vie : nourrir qui a faim, donner à
boire à qui a soif, soigner les malades, se faire présent
aux prisonniers et aux étrangers (25, 35-36).
La vie spirituelle se situe pourtant sur le plan de l'être.
C'est un mouvement qui permet d'apprendre à se tenir d'une
manière habituelle dans le fond de son être. Au lieu
premier de sa vérité. Au lieu où l'existence
se reçoit. Là où se trouve la joie imprenable
dont parle le Christ de Jean (16,22).
Certes, personne n'est à l'abri d'une dérive où
la vie spirituelle elle-même se dégrade en direction
du faire : faire des prières, faire des sacrifices, faire
des pèlerinages, faire des engagements sociaux en faveur
de la justice et de l'écologie, faire de la politique au
nom de sa foi. Il y a dégradation quand le faire sert d'alibi
à l'être. Le Christ n'a-t-il pas raison de dire :
C'est ceci qu'il fallait faire sans négliger cela
(Matthieu 23,23) ?
Juillet et août invitent nos amis de l'hémisphère
sud à se donner pleinement dans le faire sans y perdre leur
âme en pure extériorité. Juillet et août
invitent nos amis de l'hémisphère nord à profiter
de l'été pour se laisser la chance d'être, être
bien avec eux-mêmes, sans doute, être davantage avec
les autres également. Et peut-être, apprendre un peu
plus à être pour les autres, pour ceux et celles dont
l'être est fragile et vers qui l'être du Christ était
porté d'une manière privilégiée. C'est
ainsi que s'il est reconnu comme Celui qui fait des choses pour
nous, il est d'abord celui qui est pour nous,
Emmanuel , c'est-à-dire Dieu-avec-nous .
On peut rejoindre lauteur à pa.giguere@spiritualite2000.com
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