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psaume à deux volets : l’un court, l’autre
long. Un croyant évoque en deux temps son expérience,
d’abord en raccourci (vv. 2-4), puis de façon
plus détaillée (vv. 7-12). Les deux fois,
son témoignage débouche dans l’action
de grâce : plein de reconnaissance pour ce que Dieu
a accompli en sa faveur, ce croyant en invite d’autres à rendre
grâce avec lui (v. 5), et il s’y exhorte de
nouveau lui-même en finale : « Mon coeur te
chantera sans plus se taire; que sans fin, Seigneur, mon
Dieu, je te rende grâce » (v. 13).
Subitement, un horizon qui se ferme
Qu’est-ce donc que ce croyant a vécu? La première
fois qu’il en parle (vv. 2-4), il faut presque deviner,
car il s’exprime à travers des images : « Tu
m’as relevé », dit-il (v. 2), puis : « Tu
m’as fait remonter du shéol » (v. 4a).
On dirait quelqu’un qui a connu la mort. En réalité,
il l’a seulement frôlée de près
: « Tu m’as guéri », dit-il encore
(v. 3), puis : « Tu m’as fait revivre, alors
que je descendais dans la fosse » (v. 4b). C’est
donc, croit-on comprendre, d’une maladie qu’il
s’agissait, une de ces maladies graves dont la personne
atteinte croit qu’elle ne s’en sortira pas.
Et c’est bien ce que confirme la suite, lorsque le
psalmiste revient plus en détails sur l’expérience
qu’il a traversée (vv. 7-12). Sa situation,
apprend-on, était celle d’une personne heureuse,
en position de puissance et de sécurité, à qui
rien ne manquait : « Dans mon bonheur, je me disais
: ‘Rien à jamais ne m’ébranlera’ » (v.
7). Cette personne avait le sentiment d’être
bénie de Dieu : « Dans ta bonté, Seigneur,
tu m’avais fortifié sur une puissante montagne » (v.
8a).
Et voilà que, subitement, l’horizon s’est
refermé, comme il arrive à quelqu’un
qui, du jour au lendemain, se voit confronté à la
perspective de la mort (v. 10).
« Vers toi j’ai crié »
Ce croyant
qui s’estimait choyé, le voilà plongé en
plein désarroi, avec le sentiment que son Dieu s’est
détourné de lui : « Tu m’as caché ta
face et je fus épouvanté » (v. 8b).
Sans
perdre confiance, il a prié intensément,
il s’est fait suppliant : « Seigneur mon Dieu,
j’ai crié vers toi », proclamait-il simplement
dans la première partie du psaume (v.3). Mais, y revenant
longuement par la suite, il confesse que, comme Job, il n’a
pas craint d’argumenter avec Dieu: « Mais enfin,
que gagnes-tu à mon sang, à ma descente dans
la tombe? Te loue-t-elle la poussière, proclame-t-elle
ta fidélité? » (v. 10).
« Tu as changé mon
deuil en une danse »
Et l’inespéré s’est produit.
L’horizon qui s’était fermé s’est
ouvert à nouveau : « Tu as changé mon
deuil en une danse, mon sac en parure de joie » (v.
12). Ce qu’il a vécu, le croyant du psaume le
compare maintenant à l’un de ces soirs où l’on
se couche accablé de soucis, auquel succède
un matin où l’on se lève l’esprit
neuf, libéré, avec l’impression que tout
s’est dénoué (v. 6b). La santé recouvrée,
le retour sur la terre des vivants, il les ressent maintenant
comme une fête que, s’il en était capable,
il voudrait vivre dans une action de grâce interrompue.
Car cette expérience lui a révélé quelque
chose du visage de son Dieu : « Sa colère est
d’un instant, sa faveur pour la vie » (v. 6a).
« Tu m’as relevé », « tu
m’as fait remonter du séjour des morts » :
ces formules, pour le priant du psaume, n’avaient que
valeur d’images. Les premières communautés
chrétiennes, elles, s’en serviront pour exprimer
la réalité même de l’intervention
de Dieu en faveur de Jésus, sans toutefois faire d’emprunts
littéraux à ce psaume en particulier. Il reviendra à la
prière ecclésiale de le faire et de réserver à ce
dernier une place de choix dans la liturgie du temps pascal. 
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