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s’agit sans doute de l’un des psaumes les plus
beaux. C’est un hymne d’action de grâce
pour l’inépuisable bonté de Dieu. La célèbre
déclaration de 1 Jn 4,8.16 « Dieu est amour »
semble s’en inspirer. Cela n’empêche pas
qu’il est difficile de classer ce psaume ; il n’entre,
comme tel, dans aucun des genres littéraires habituels.
La notion centrale du psaume est la « bénédiction
» : bénédiction descendante de Dieu sur
l’humanité, à laquelle répond la
bénédiction ascendante des hommes envers Dieu.
C’est ce qui détermine la structure du psaume
: deux bénédictions ascendantes encadrent l’écrit
(v.1-2 et 20-22), la partie centrale étant une longue
bénédiction descendante (v. 3-19), divisée
en deux parties : le chant du pardon (v.3-10) et le chant
de la fragilité humaine face à l’amour
éternel de Dieu (v.11-19). Du point de vue de la composition
littéraire, on dirait un tissu de citations bibliques.
Il s’agit certainement d’un psaume assez tardif
puisqu’il s’y trouve des mots en araméen,
langue qui a peu à peu supplanté l’hébreu
dans les siècles précédant la venue du
Christ. On invoque aussi sa théologie plus avancée.
•
Première bénédiction ascendante (v.1-2)
: Contrairement aux psaumes semblables, l’invitation
à bénir Dieu ne s’adresse pas ici à
l’assemblée d’Israël ou aux peuples
de la terre, mais au psalmiste lui-même.
•
Bénédiction descendante (v.3-19). Première
partie : le chant du pardon (v.3-10). Dans une première
strophe (v.3-5), le psalmiste commence par énumérer
cinq bienfaits accordés par Dieu à son fidèle
: il pardonne toutes les offenses (v.3a), il guérit
toute maladie (v.3b), il réclame la vie à la
tombe (v.4a), il le couronne d’amour et de tendresse
(v.4b), il comble de biens ses vieux jours (v.5a). Longévité,
bien-être et santé sont liés à
la vie morale, selon les conceptions de l’époque.
Cette strophe se termine par l’évocation de l’aigle,
symbole de renaissance et de perpétuelle jeunesse (cf.
Is 40,31). La deuxième strophe (v.6-7) constitue une
profession de foi dans l’action de Dieu, en évoquant
la sortie d’égypte sous la conduite de Moïse,
qui est l’événement fondateur d’Israël
(cf. Ex 14). La troisième strophe (v.8-10) cite presque
Ex 34,6 qui décrit les trois grands attributs du Dieu
d’Israël révélés à
Moïse : sa tendresse, sa pitié, son amour (cf.
Ps 86,15 ; 145,8 ; Nb 14,18). Les v.9-10 traitent du pardon
et présentent Dieu comme un juge bon qui ne tient pas
rigoureusement compte des péchés (cf. Is 57,16
; Jr 3,4-5.12).
La deuxième partie : le chant de la fragilité
humaine (v.11-19). La première strophe (v.11-13) décrit
l’infinie grandeur de l’amour de Dieu ; une dimension
verticale (cf. Ps 36,6 ; 57,11), une dimension horizontale
et une dimension paternelle (cf. Jr 31,9. La comparaison de
Dieu avec un père est quand même rare dans l’Ancien
Testament). Voir encore Ep 3,18-19. La deuxième strophe
(v.14-16) constitue le début de l’antithèse
dont la troisième strophe sera le second membre. Le
psalmiste y décrit la fragilité humaine en la
comparant à la poussière et à l’herbe
ou aux fleurs des champs qui, dans le chaud climat du pays,
ne résistent pas longtemps aux ardeurs du soleil brûlant
(cf. Jb 14,2 ; Ps 39,5-6 ; 78,39 ; 90,3-6 ; 104,29-30 ; Qo
12,7 ; Is 40,7-8). La troisième strophe (v.17-19) constitue
la partie positive de l’antithèse. Après
un « mais » retentissant, le psaume chante la
splendeur divine en opposant la brièveté de
la vie humaine à l’éternité de
Dieu, ainsi qu’à l’éternité
de son amour (cf. Ps 102,10-13 ; Sg 11,21-26 ; 12,12-18).
On peut donc dire que la miséricorde de Dieu naît
de la connaissance qu’il a de la fragilité humaine.
Sur le trône de Dieu dans les cieux cf. Ps 11,4 ; 47,9.
•
Deuxième bénédiction ascendante (v.20-22)
: à la suite des innombrables bénédictions
qui descendent du ciel sur terre, un immense chant de louange
monte maintenant vers le Seigneur. Trois grands chœurs
sont invités à y participer : les messagers
du Seigneur, c’est-à-dire les anges, les armées
du Seigneur, c’est-à-dire les astres, et finalement
la création tout entière. 
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