’ai
longtemps erré comme une brebis égarée…
Je t’ai cherché dans les merveilles que tu as
créées.
J’ai demandé à la Terre si elle était
mon Dieu,
elle m’a répondu que non.
Je l’ai demandé à la mer, à ses
abîmes,
tous les êtres qu’ils contiennent m’ont répondu
:
cherchez-le au-dessus de nous.
J’ai interrogé le ciel, la lune, le soleil, les étoiles,
toutes m’ont répondu : nous ne sommes pas votre
Dieu.
Maudit soit l’aveuglement qui m’empêchait
de te voir.
Maudite soit la surdité
qui ne me permettait pas d’entendre ta voix!
Sourd et aveugle que j’étais,
je ne m’attachais qu’aux merveilles de ta création.
Je me suis fatigué à te chercher hors de moi,
toi qui habites en moi, pourvu que j’en aie le désir.
J’ai parcouru les bourgs et les places publiques,
et je n’ai pas trouvé,
parce que je cherchais en vain ce qui était en moi.
Mais tu m’as éclairé de ta lumière,
alors je t’ai vu et je t’ai aimé,
car on ne peut t’aimer sans te voir,
ni te voir sans t’aimer.
Ô
temps malheureux où je ne t’ai point aimé ! 
(Saint
Augustin. Extrait des Soliloques)
|