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Mai
2003 |
Les
marches du jeune vieillard
Macaire
le Grand ou Macaire de Scété, moine égyptien
du IVe siècle. Originaire de la Haute-égypte où
il semble être né dans les toutes premières
années du IVe siècle, il devint vers l’âge
de trente ans membre d’une colonie monastique qui peuplait
le désert des Scété à l’Ouest
du Delta du Nil. Disciple de saint Antoine, remarqué pour
sa sainteté précoce, on lui avait attribué
le surnom de « jeune vieillard ». Prêtre à
40 ans, il possédait les charismes de guérison et
de prophétie. Victime des persécutions dirigées
Lucius, l’évêque arien d’Alexandrie, il
mourut âgé de plus de quatre-vingt dix ans. On garde
de lui une cinquantaine d’homélies et une série
d’opuscules ascétiques. Ces écrits témoignent
d’une règle monastique proposée à des
moines de Nitrie, cénobites vivant en des cellules éparpillées
à de grandes distances qui ne se rassemblaient que pour l’office
du dimanche. Son influence fut grande sur la formation de la mystique
orientale. Jugeons-en par ce passage sur l’action de l’Esprit
en nous, intitulée « Les marches du jeune vieillard
».
eux
qui ont été dignes de devenir fils de Dieu et de renaître
de l’Esprit Saint, qui ont eux-mêmes le Christ pour
les éclairer et les réconforter, sont guidés
par l’Esprit Saint selon des voies diverses et variées
; invisiblement dans leur cœur, ils sont animés par
la grâce en demeurant dans le repos spirituel.
Parfois
ils sont comme plongés dans le deuil et l’affliction
pour le genre humain, ils répandent des prières pour
toute l’humanité, ils sont livrés à la
tristesse et aux larmes, parce que l’Esprit les embrase d’amour
pour tous les hommes.
D’autres
fois, l’Esprit fait brûler en eux tant d’exaltation
et d’amour que, si c’était possible, ils enfermeraient
dans leur cœur tous les hommes, sans distinction de bien ou
de mal.
D’autres
fois, ils s’abaissent plus bas que tous les autres dans l’humilité
de l’Esprit, au point de s’estimer les derniers et les
moindres de tous.
D’autres
fois, ils demeurent dans une joie inexprimable sous l’action
de l’Esprit.
D’autres
fois, ils sont comme un vaillant héros qui revêt l’armure
royale, se porte au combat, lutte courageusement contre les ennemis
et remporte la victoire. C’est ainsi que l’homme spirituel
prend les armes célestes de l’Esprit, assaille les
ennemis, leur livre combat et les met sous ses pieds.
Parfois,
l’âme se repose dans un profond silence, dans le calme
et la paix, ne connaît que la jouissance spirituelle, un repos
et une plénitude inexprimables.
Parfois,
la grâce l’établit dans une compréhension
et une sagesse sans pareille, dans une profonde connaissance, par
l’Esprit, sur les mystères que ni la langue ni la bouche
ne peuvent déclarer.
Parfois,
il devient comme un homme quelconque.
C’est
ainsi que, chez de tels hommes, la grâce produit des effets
variés et conduit l’âme par des chemins divers,
la réconforte selon la volonté de Dieu, l’exerce
de toutes sortes de manières, pour la ramener parfaite, irréprochable
et pure, devant le Père du ciel.
Prions
Dieu, nous aussi, prions avec amour et beaucoup d’espérance,
qu’il nous accorde la grâce céleste du don de
l’Esprit, qu’il nous guide afin que nous accomplissions
la volonté de Dieu ; qu’il nous ranime par toute la
richesse de son réconfort. Ainsi mus par la grâce de
cette direction, de cet exercice et de ce progrès spirituel,
nous deviendrons dignes de parvenir à la perfection de la
plénitude du Christ, selon la parole de l’Apôtre
: Vous serez comblés et vous entrerez dans toute sa plénitude.
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