Jean
Chrysostome, jeune homme, prit un jour la décision
de vivre en ascète et d’étudier la
théologie. Mais il n’était pas baptisé
et cela constituait une anomalie. Après moult pourparlers,
l’évêque d’Antioche l’amena
finalement à se porter candidat à l’
« illumination », comme on disait en Orient,
et demander le baptême. Une nuit pascale entre 365
et 372, Jean reçut le baptême, et ce jour
béni fut pour lui le début d’une vie
toute nouvelle. Devenu prêtre, il aimait par-dessus
tout préparer les catéchumènes au
baptême et les instruire, sans pour autant négliger
de reconnaître ses fautes et négligences
accumulées depuis sa renonciation à Satan.
Mais avec quelle exultation il pouvait se livrer à
cette préparation pascale .
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tout homme pieux et ami de Dieu jouisse de cette belle
et lumineuse solennité !
Que tout serviteur entre dans la joie de son Seigneur
!
Que celui qui s’est donné la peine de jeûner
reçoive maintenant le denier qui lui revient !
Que celui qui a travaillé dès la première
heure reçoive à présent son juste
salaire!
Si quelqu’un est venu après la troisième
heure, qu’il célèbre cette fête
dans l’action de grâces !
Si quelqu’un a tardé jusqu’à
la sixième heure, qu’il n’ait aucune
hésitation, car il ne perdra rien !
Si en est un qui ait différé jusqu’à
la neuvième heure, qu’il s’approche
sans hésiter !
S’il est un qui ait traîné jusqu’à
la onzième heure, qu’il n’ait pas honte
de sa tiédeur, car le Maître est généreux.
Il reçoit le dernier aussi bien que le premier.
Il admet au repos celui de la onzième heure.
Du dernier il a pitié et il prend soin du premier.
A celui-ci il donne, à l’autre il fait grâce.
Il agrée les œuvres et reçoit avec
tendresse la bonne volonté.
Il honore l’action et loue le bon propos.
Ainsi donc, entrez tous dans la joie de votre Seigneur
et, les premiers comme les seconds, vous recevrez la récompense.
Riches et pauvres, mêlez-vous, abstinents et paresseux,
pour célébrer ce jour.
Que vous ayez jeûné ou non, réjouissez-vous
aujourd’hui. La table est préparée,
goûtez-en tous ; le veau gras est servi, que nul
ne s’en retourne à jeun. Goûtez tous
au banquet de la foi, au trésor de la bonté.
Que nul ne déplore sa pauvreté, car le royaume
est apparu pour tous.
Que nul ne se lamente de ses fautes, car le pardon a jailli
du tombeau.
Que nul ne craigne la mort, car celle du Seigneur nous
en a délivrés : il l’a fait disparaître
après l’avoir subie.
Il a dépouillé l’Enfer, Celui qui
aux Enfers est descendu.
Il l’a rempli d’amertume pour avoir goûté
de sa chair.
Et cela, Isaïe, l’avait prédit : l’Enfer,
dit-il, fut irrité lorsque sous terre, il Ta rencontré
; irrité, parce que détruit ; irrité,
parce que tourné en ridicule ; irrité, parce
que réduit à la mort ; irrité parce
qu’anéanti.
Il avait pris corps et s’est retrouvé devant
Dieu ; ayant pris de la terre, il rencontra le ciel ;
ayant pris ce qu’il voyait, il est tombé
à cause de ce qu’il ne voyait pas.
Ô mort où est ton aiguillon ? Enfer, où
est ta victoire ?
Le Christ est ressuscité, et toi-même es
terrassé.
Le Christ est ressuscité, et les démons
sont tombés.
Le Christ est ressuscité, et les Anges sont dans
la joie.
Le Christ est ressuscité, et voici que règne
la vie.
Le Christ est ressuscité, et il n’est plus
de mort au tombeau.
Car le Christ est ressuscité des morts, prémices
de ceux qui se sont endormis.
A lui gloire et puissance dans les siècles des
siècles. Amen.

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