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un ouvrage qui a suscité beaucoup d’intérêt
dans le milieu de la pastorale. Son auteur, Donald Cozzens,
est un prêtre américain du diocèse
de Cleveland, théologien et docteur en psychologie.
Son expérience est impressionnante : il a été responsable
de séminaire, vicaire épiscopal, directeur
spirituel et conseiller psychologique de nombreux prêtres
et séminaristes. Plus d’une fois, il a reçu
dans son bureau des prêtres désirant quitter
les ordres. Au cours des dernières années,
il a dû intervenir régulièrement dans
les cas de plaintes pour abus sexuels de la part de prêtres.
La
plus grande qualité du livre de Cozzens, c’est
la lucidité. L’auteur a le courage de poser
des questions qu’on garde généralement
sous silence dans l’église. Son but n’est
pas de dénoncer mais de faire la vérité pour
que le ministère des prêtres et la vie de toute
l’église ressortent grandis de la période
de crise actuelle. Cette crise dure depuis quelques décennies
déjà. Le statut social des prêtres a
changé : on ne les révère plus comme
autrefois. De plus, le Concile Vatican II marque un tournant
majeur d’un modèle cultuel et sacral de la prêtrise
vers un modèle de «responsable-serviteur».
Si les documents conciliaires ouvraient la voie en ce sens,
la réalité évolue bien plus lentement,
en raison des résistances, des peurs et des inquiétudes
soulevées par une mutation de cette ampleur.
Coincés entre leur loyauté envers les laïcs
et leur loyauté envers l’institution ecclésiale
(le pape, la loi de l’église), les prêtres
doivent se situer. D’après Cozzens, l’obéissance
servile à l’autorité constitue une forme
d’immaturité, de déni de soi, voire d’hypocrisie.
Toutefois, il est parfois héroïque de rester
sincère avec soi-même, de demeurer fidèle à l’évangile
et d’en assumer les conséquences.
Donald
Cozzens ose aborder de front des questions délicates,
complexes et controversées que les autorités
de l’église préfèrent habituellement éviter.
Les prêtres peuvent-ils vivre le célibat dans
un véritable équilibre affectif? Si oui, à quelles
conditions? Y a-t-il des conséquences à l’augmentation
de la proportion d’homosexuels dans les grands séminaires?
Quelles sont les causes de la multiplication des abus sexuels
commis par des clercs? L’auteur apporte certes quelques
pistes intéressantes de solution. Mais son mérite
est surtout de brosser un tableau d’ensemble crédible
des problèmes affectant la prêtrise. Il laisse
ses lecteurs sur une note d’espérance : d’après
lui, toute l’église sortira purifiée
et rajeunie de cette crise qui l’oblige à retourner à la
source. 
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