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joie de découvrir récemment L’humilité de
Dieu du père Varillon sur les rayons d’une
librairie! Ce classique était devenu introuvable.
Pourtant, si je devais conserver dans ma bibliothèque
un seul ouvrage parlant de Dieu, ce livre remporterait
probablement la palme.
Le père François Varillon (1905-1978), jésuite
français, est bien connu pour son enseignement éclairant,
son intelligence épurée de la foi et ses intérêts
croisés pour la spiritualité et la littérature.
La plume du père Varillon est à la fois claire
et riche. D’ailleurs, L’humilité de Dieu
avait remporté le Grand Prix Catholique 1974. Presque
trente ans nous séparent de la première édition
de ce livre, et il garde pourtant toute son actualité.
Dans
la première partie, l’auteur commence
par situer son discours dans une assez longue introduction.
Sa réflexion émane de sa propre expérience
spirituelle, ainsi que de la fréquentation assidue
des textes des grands mystiques et des grands poètes.
Toutefois, sa démarche intègre la rationalité de
la théologie dogmatique, en tant qu’ouverture
au mystère et non tentative de le réduire.
La deuxième partie constitue le cœur de l’ouvrage.
Si Dieu est Amour, écrit Varillon, alors il ne peut être
qu’humble. L’auteur médite, approfondit
et déplie cette affirmation à la fois simple
et bouleversante. En lisant ce livre pour la première
fois il y a dix ans, j’étais abasourdie de découvrir à quel
point l’humilité ne faisait pas partie de mes
images de Dieu. Spontanément, je l’imaginais
plutôt ombrageux, repu de son existence parfaite, insatiable
du concert des louanges de ses créatures, un peu comme
on rendait un culte au roi Louis XIV ou à Richard
Wagner, compositeur posant au demi-dieu. Quelle méprise!
«L’humilité est l’aspect le plus
radical de l’amour. (p. 64)» Dans le langage
commun, on associe souvent l’humilité à la
timidité, au manque, à la honte, à une
forme de rétractation et de négation de soi.
Pourtant, n’est-il pas plus grand d’aimer sans écraser
de l’autre de sa supériorité, sans le
regarder de haut, sans condescendance? Au fond, seul Dieu
est vraiment capable d’aimer à ce point, sans
même «exiger la réciprocité comme
condition de sa constance (p. 62).» La contemplation
du Christ crucifié, de sa Toute-Impuissance, révèle
la mesure inimaginable de l’amour divin. Plus encore,
Dieu est en lui-même don total et relation : il est
Trinité.
Un
livre bouleversant à lire, à relire et à conserver
amoureusement dans sa bibliothèque personnelle! 
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