| Spiritualite2000.com
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Mai
2003
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Quelle
sécurité ?
par Paul-André
Giguère
e
film Bowling for Columbine (www.bowlingforcolumbine.com) montre
d’une manière saisissante comment on entretient savamment
auprès de larges couches de la société aux
états-Unis un profond sentiment d’insécurité,
qui génère à son tour de la violence. En réalité,
c’est partout dans le monde aujourd’hui que les mesures
de sécurité ont été renforcées
dans les lieux publics, particulièrement dans les gares et
les aéroports ou les usines de traitement des eaux.
Par
ailleurs, comment ne pas voir quels géants les compagnies
d’assurances sont devenues ? Le souci de se protéger
de la perte de ses biens, mais également de protéger
sa santé, sa réputation ou ses actes professionnels
est partagé par un nombre saisissant de personnes et d’entreprises.
On n’a plus le choix, il faut s’assurer contre le risque.
C’est-à-dire contre ce qui pourrait arriver. La contrepartie,
c’est que notre environnement apparaît plus menaçant
qu’avant : l’eau du robinet, l’étranger
qui offre ses services, le patient que l’on traite, le nouveau
client qui demande à ouvrir un compte, la rivière
au bord de laquelle on a sa maison et qui menace de déborder.
L’être
humain a toujours fait face à la précarité
et s’est toujours trouvé confronté à
la fragilité de sa vie. Mais notre époque voit une
exacerbation exponentielle de cette conscience, pour le plus grand
bonheur et intérêt des compagnies d’assurances,
des agences de sécurité et des vendeurs de systèmes
d’alarme.
La
recherche spirituelle n’a jamais échappé au
désir de trouver réconfort et protection auprès
d’une force supérieure et toute puissante. Dans un
passé encore récent, lorsque les menaces de guerre
ou d’épidémie devenaient imminentes, ou quand
des catastrophes naturelles comme des tremblements de terre, des
épidémies ou des sécheresses ruinaient les
bases mêmes de la vie personnelle et sociale, des foules compactes
convergeaient vers les temples et se livraient à des sacrifices
et des pénitences, ou s’engageaient par des vœux
et des promesses à corriger leurs vies et à poser
des gestes d’action de grâce si la menace était
détournée. Les mères de famille plaçaient
une bougie allumée dans une fenêtre au moment d’un
orage et des malades allumaient une lampe devant une statue la veille
d’une intervention chirurgicale. Combien d’individus
ont trouvé dans la prière et les dévotions
la force de traverser des épreuves menaçantes, l’apaisement
d’un profond sentiment de culpabilité, la capacité
de surmonter l’inquiétude et l’angoisse !
La
quête spirituelle se dégrade cependant quand elle se
limite aux moments de crise et d’extrême fragilité.
Car si elle apporte bien le courage de vivre et la confiance fondamentale
que le monde et la vie ont un sens, elle ne saurait se réduire
à cette dimension. L’assurance et le réconfort
sont ses fruits, et non ses buts .
Un
indice non équivoque de santé spirituelle n’est-il
pas la capacité d’assumer la fragilité de son
existence et de s’ouvrir au risque de l’inconnu ? Aussi
bien, le Dieu de la Bible, le Dieu de la tradition juive et chrétienne,
est-il d’une manière indissociable celui qui accueille
et celui qui envoie. Un Dieu qui dans un même mouvement patiente
et exige, comprend et interpelle.
Sa
puissance ne vient pas d’une manière magique modifier
le cours des choses. Ce n’est pas une puissance d’intervention,
qui met à l’abri de la fragilité. C’est
une puissance de relation. Une relation indéfectible au sein
de la précarité humaine. Dans la Bible, et dans l’expérience
spirituelle de ceux et celles qui s’en sont inspiré
aussi bien dans les arènes romaines qu’à Auschwitz,
retentissent comme un refrain les paroles « Ne crains pas,
je suis avec toi. Je suis au milieu de vous. Je suis avec vous jusqu’à
la fin du monde. » Croyants juifs comme chrétiens proclament
depuis deux millénaires et demi, avec Paul qui était
l’un et l’autre : « Ni la mort, ni la vie, non,
rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu ».
Cette
présence qui procure une assurance radicale demeure souvent
infiniment discrète, attendant le moment de sa révélation.
N’est-ce pas ce que révèle cette émouvante
parole d’un mourant demandant récemment d’être
accompagné dans les dernières semaines de sa vie :
« Je suis un athée auquel Dieu a toujours été
fidèle » ?
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On peut rejoindre lauteur à pa.giguere@spiritualite2000.com
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