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21 de ce mois marque pour certains d’entre nous le
début de l’été et coïncide
avec le jour le plus long de l’année. Pour d’autres,
c’est exactement l’inverse : on y expérimente
la nuit la plus longue et c’est le début de l’hiver.
Pour d’autres encore, il ne se passe absolument rien
de particulier.
Et dans
six mois, en inversant tout, ce sera exactement la même
chose.
Tout
comme l’implacable alternance des marées
hautes et des marées basses, la succession des saisons
peut servir de parabole aux étapes de la vie spirituelle.
Il y a des hommes et des femmes dont la recherche spirituelle
est marquée par une relative constance. Pour eux,
pour elles, la vie intérieure ressemble à une
ligne continue, sans rupture, comparable à un sillon
bien droit patiemment creusé dans le champ de leur
existence.
Pour
la plupart, cependant, la réalité est
toute autre. À des périodes de grande intensité dans
la recherche ou dans la découverte succède,
quelques années plus tard, le plus grand des dépouillements.
Le chemin des uns est comparable à une interminable
traversée du désert marquée de quelques
points d’eau et de rares oasis. Celui des autres ressemble
plutôt à un jardin d’une grande fécondité affecté de
temps en temps de chutes de grêle brèves mais
violentes et dévastatrices.
Ces hauts
et ces bas constituent pour plusieurs une invitation à chercher
un lieu intérieur qui serait à l’abri
de ces variations. Une sorte de centre, de pivot, de gond,
autour duquel tout peut tourner mais qui serait fixe, stable,
inébranlable. Jésus parlait, par exemple, de
l’engagement à sa suite (« entendre ses
paroles et les mettre en pratique ») comme d’un
roc sur lequel une maison peut être construite et qui
la rend inébranlable au cœur des ouragans avec
leur pluie, leurs vents et leurs torrents (Matthieu 7 24-25).
Paul parlait de la certitude de l’amour de Dieu, que
ne peuvent atteindre « ni la mort, ni la vie, ni le
présent, ni l’avenir… » (Lettre
aux Romains 8 38-39). D’autres traditions spirituelles
mises de l’avant par cette grande nébuleuse
qu’on appelle Nouvel Âge suggèrent des
moyens divers d’avoir accès au fond de son être, à sa
source, à son centre.
La recherche
spirituelle serait donc largement mue par l’aspiration à une
expérience de l’absolu au cœur de l’expérience
quotidienne du relatif. Par un désir de ce qui dure
au cœur de l’expérience quotidienne de
ce qui passe. Par une quête de continuité au
cœur de l’expérience quotidienne de la
ligne brisée. Par un désir d’unité au
cœur de l’expérience quotidienne de la
fragmentation.
Beaucoup
de ceux et celles qui nous ont précédés
témoignent de s’être établis en
ce lieu intérieur. Ce sont souvent nos maîtres
spirituels. Un site comme < spiritualite2000 > cherche,
dans plusieurs de ses chroniques, à rendre leur témoignage
accessible. Il nous est bon, nécessaire, même,
de revenir régulièrement nous exposer à leurs
paroles et d’emprunter, lorsqu’ils nous conviennent,
les chemins qui les ont conduits à la sagesse.
Comment
ne pas être impressionné par les confidences
de qui est ainsi enraciné. Lisons, par exemple, ce
témoignage de Paul dans sa deuxième lettre
aux chrétiens de Corinthe : proche de la pensée
stoïcienne, il révèle que notre désir
profond n’est ni irréalisable, ni inaccessible.
« Nous qui portons ce trésor spirituel, nous
sommes comme des vases d’argile, pour que l’on
voie bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu
et non à nous. Nous sommes accablés de toutes
sortes de souffrances, mais non écrasés; nous
sommes inquiets, mais non désespérés;
on nous persécute, mais Dieu ne nous abandonne pas;
nous sommes jetés à terre, mais non détruits » (4
7-9).
Dans
la plupart des régions du monde, Noël polarise
toute l’activité de décembre. La fête
célèbre, selon les chrétiens, manifestation
de l’Absolu dans la contingence. Elle propose une personne
et une parole aptes à centrer et unifier nos vies.
C’est une bonne raison de souhaiter à ceux et
celles qui l’accueillent un Joyeux Noël ! 
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