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(suite)
II.
Revenir au Christ, source de toute espérance
Confesser
notre foi
18.
De l'Assemblée synodale a jailli, lumineuse et
puissante, la certitude que l'église doit offrir à l'Europe
le bien le plus précieux, que personne d'autre
ne peut lui donner: la foi en Jésus Christ, source
de l'espérance qui ne déçoit pas.30
Ce don est à l'origine de l'unité spirituelle
et culturelle des peuples européens et, aujourd'hui
encore comme à l'avenir, il peut constituer une
contribution essentielle à leur développement
et à leur intégration. Oui, en ce début
du troisième millénaire, après vingt
siècles, l'église se présente toujours
avec la même annonce, qui constitue son unique
trésor: Jésus Christ est le Seigneur; en
Lui et en nul autre est le salut (cf. Ac 4, 12). La source
de l'espérance, pour l'Europe et pour le monde
entier, c'est le Christ, et l'église est « le
chemin par lequel passe et se répand la vague
de grâce surgie du Cœur transpercé du
Rédempteur ».31
À partir
de cette confession de foi jaillit de nos cœurs
et de nos lèvres « une joyeuse [...] confession
d'espérance: Toi, Seigneur ressuscité et
vivant, [...] tu es l'unique et vraie espérance
de l'homme et de l'histoire; tu es parmi nous l'espérance
de la gloire (Col 1, 27), déjà en
cette vie et aussi par-delà la mort. En toi et
avec toi, nous pouvons accéder à la vérité,
notre existence a un sens, la communion est possible,
la diversité peut devenir richesse, la puissance
du Règne est à l'œuvre dans l'histoire
et aide à l'édification de la cité des
hommes, la charité donne une valeur durable aux
efforts de l'humanité, la souffrance peut devenir
salvifique, la vie vaincra la mort, la création
participera à la gloire des fils de Dieu ».32
Jésus
Christ, notre espérance
19.
Jésus Christ est notre espérance parce
que Lui, le Verbe éternel qui est éternellement
dans le sein du Père (cf. Jn 1, 18), nous a aimés
au point d'assumer notre nature humaine, excepté le
péché, partageant notre vie pour nous sauver.
La confession de cette vérité est au cœur
même de notre foi. La perte de la vérité sur
Jésus Christ ou son incompréhension empêchent
de pénétrer dans le mystère même
de l'amour de Dieu et de la communion trinitaire.33
Jésus
Christ est notre espérance parce qu'Il révèle
le mystère de la Trinité. Tel est le centre
de la foi chrétienne qui peut encore offrir, comme
elle l'a fait jusqu'à présent, une importante
contribution à la mise en place de structures
qui, en s'inspirant des grandes valeurs évangéliques
ou en se mesurant à leur aune, promeuvent la vie,
l'histoire et la culture des différents peuples
du continent.
Nombreuses
sont les racines qui, par leur sève, ont conduit à reconnaître
la valeur de la personne et de sa dignité inaliénable,
le caractère sacré de la vie humaine et
le rôle central de la famille, l'importance de
l'enseignement et de la liberté de pensée,
d'expression et de religion, tout comme elles ont conduit à la
protection juridique des individus et des groupes, à la
promotion de la solidarité et du bien commun, à la
reconnaissance de la dignité du travail. Ces racines
ont favorisé la sujétion du pouvoir politique à la
loi et au respect du droit des personnes et des peuples.
Il convient de rappeler ici l'esprit de la Grèce
antique et de Rome, l'apport des peuples celtes, germaniques,
slaves, finno-ougriens, ainsi que de la culture juive
et du monde de l'islam. Mais il faut reconnaître
que, historiquement parlant, ces inspirations ont trouvé dans
la tradition judéo-chrétienne une force
capable de les harmoniser, de les consolider et de les
promouvoir. C'est un fait que l'on ne peut ignorer; au
contraire, dans le processus de construction de la « maison
commune européenne », il faut reconnaître
que cet édifice doit s'appuyer aussi sur les valeurs
qui ont trouvé dans la tradition chrétienne
leur pleine manifestation. En prendre acte tourne à l'avantage
de tous.
L'église « n'a
pas qualité pour exprimer une préférence
en faveur de l'une ou l'autre solution institutionnelle
ou constitutionnelle » de l'Europe, et elle veut
donc respecter de manière cohérente la
légitime autonomie de l'ordre civil.34 Mais elle
a le devoir de raviver dans le cœur des chrétiens
d'Europe la foi en la Trinité, en sachant bien
qu'une telle foi est un signe avant-coureur d'une authentique
espérance pour le continent. Bien des grands paradigmes
de référence mentionnés ci-dessus,
qui sont à la base de la civilisation européenne,
ont leurs racines les plus profondes dans la foi trinitaire.
Cette dernière porte en elle une extraordinaire
puissance spirituelle, culturelle et éthique,
capable, entre autres, d'éclairer aussi certaines
grandes questions qui se posent aujourd'hui en Europe,
telles que la désagrégation sociale et
la perte d'une référence qui donne un sens à la
vie et à l'histoire. Il apparaît donc nécessaire
de renouveler la réflexion théologique,
spirituelle et pastorale du mystère trinitaire.35
20.
Les églises particulières en Europe ne
sont pas de simples entités ou organisations privées.
En réalité, elles déploient leur
action dans une dimension institutionnelle spécifique
qui mérite d'être mise en valeur sur le
plan juridique, dans le plein respect du bon ordonnancement
civil. Réfléchissant sur elles-mêmes,
les communautés chrétiennes doivent se
découvrir à nouveau comme un don par lequel
Dieu enrichit les peuples qui vivent sur le continent.
Telle est l'annonce joyeuse qu'elles sont appelées à transmettre à toute
personne. En approfondissant la dimension missionnaire
qui leur est propre, elles doivent attester constamment
que Jésus Christ « est l'unique médiateur,
porteur de salut pour l'humanité tout entière:
en lui seulement l'humanité, l'histoire et le
cosmos trouvent leur signification définitivement
positive et se réalisent en totalité; il
recèle en lui-même, dans son événement
et dans sa personne, les raisons ultimes du salut; il
n'est pas seulement un médiateur de salut, il
est aussi la source même de ce salut ».36
Dans
le contexte actuel du pluralisme éthique et religieux
qui caractérise de plus en plus l'Europe, il est
donc nécessaire de confesser et de proposer à nouveau
la vérité sur le Christ, unique Médiateur
entre Dieu et les hommes, et unique Rédempteur
du monde. C'est pourquoi – comme je l'ai fait à la
fin de l'Assemblée synodale – avec toute
l'église j'invite mes frères et sœurs
dans la foi à savoir constamment s'ouvrir en toute
confiance au Christ et à se laisser renouveler
par lui, annonçant à toute personne de
bonne volonté, avec la force de la paix et de
l'amour, que celui qui rencontre le Seigneur connaît
la Vérité, découvre la Vie, trouve
la Voie qui y conduit (cf. Jn 14, 6; Ps 16 [15], 11).
Par le style de vie des chrétiens et par leur
témoignage en parole, les habitants de l'Europe
pourront découvrir que le Christ est l'avenir
de l'homme. Dans la foi de l'église, « il
n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes,
par lequel nous devions être sauvés » (Ac
4, 12).37
21.
Pour les croyants, Jésus Christ est l'espérance
de toute personne parce qu'il donne la vie éternelle.
Il est « le Verbe de vie » (1 Jn 1, 1), venu
dans le monde pour que les hommes « aient la vie
et l'aient en surabondance » (Jn 10, 10). Il nous
montre ainsi que le sens véritable de l'existence
de l'homme ne reste pas enfermé sur l'horizon
humain, mais qu'il s'ouvre sur l'éternité.
Chaque église particulière en Europe a
la mission de prendre en compte la soif de vérité de
toute personne et le besoin de valeurs authentiques susceptibles
d'animer les peuples du continent. Avec une énergie
renouvelée, il lui revient de présenter
la nouveauté qui la fait vivre. Il s'agit de mettre
en œuvre une action culturelle et missionnaire organique
qui, par des activités et des argumentations convaincantes,
montre que la nouvelle Europe a besoin de retrouver ses
racines profondes. Dans ce contexte, ceux qui s'inspirent
des valeurs évangéliques ont une fonction
essentielle à exercer, qui fait partie du fondement
solide sur lequel doit être édifiée
une convivialité plus humaine et plus pacifique,
parce qu'elle respecte tous et chacun.
Il
est nécessaire que les églises particulières
en Europe sachent redonner à l'espérance
sa dimension eschatologique originale.38 La véritable
espérance chrétienne est en effet théologale
et eschatologique, fondée sur le Ressuscité qui
viendra de nouveau comme Rédempteur et Juge, et
qui nous appelle à la résurrection et au
bonheur éternel.
Jésus
Christ vivant dans l'église
22.
En retournant au Christ, les peuples européens
pourront retrouver l'espérance qui seule offre
une plénitude de sens à la vie. Aujourd'hui
encore, ils peuvent le rencontrer car Jésus est
présent, il vit et il agit au cœur de son église:
il est dans l'église et l'église est en
lui (cf. Jn 15, 1ss; Ga 3, 28; Ep 4, 15-16; Ac 9, 5).
En elle, par le don de l'Esprit Saint, il poursuit constamment
son œuvre de salut.39
Avec
les yeux de la foi, nous devenons capables de voir la
présence mystérieuse de Jésus dans
les divers signes qu'il nous a laissés. Avant
tout, il est présent dans la sainte écriture,
qui, en toutes ses parties, parle de Lui (cf. Lc 24,
27. 44- 47). Cependant, de manière vraiment unique,
il est présent sous les espèces eucharistiques.
Cette « présence, on la nomme réelle,
non à titre exclusif, comme si les autres présences
n'étaient pas réelles, mais
par excellence parce qu'elle est substantielle et que
par elle le Christ, Homme-Dieu, se rend présent
tout entier ».40 En effet, dans l'Eucharistie « sont
contenus vraiment, réellement et substantiellement,
le Corps et le Sang conjointement avec l'âme et
la divinité de notre Seigneur Jésus Christ,
et, par conséquent, le Christ tout entier ».41 « L'Eucharistie
est vraiment mysterium fidei, mystère
qui dépasse notre intelligence et qui ne peut être
accueilli que dans la foi ».42 Réelle aussi
est la présence de Jésus dans les autres
actions liturgiques que l'église célèbre
en son nom. Au nombre de celles-ci, il faut compter les
sacrements, actions du Christ qu'il accomplit par l'intermédiaire
des hommes.43
Jésus
est aussi présent dans le monde par d'autres modes
tout à fait réels, et spécialement
dans ses disciples qui, fidèles au double commandement
de la charité, adorent Dieu en esprit et en vérité (cf.
Jn 4, 24) et témoignent par leur vie de l'amour
fraternel qui les fait reconnaître comme disciples
du Seigneur (cf. Mt 25, 31-46; Jn 13, 35; 15, 1-17).44
CHAPITRE
II
L'éVANGILE
DE L'ESPéRANCE CONFIé À L'éGLISE
DU NOUVEAU MILLéNAIRE
« Réveille-toi,
ranime ce qui te reste de vie défaillante! » (Ap
3, 2)
I.
Le Seigneur appelle à la conversion
Jésus
s'adresse aujourd'hui à nos églises
23. « Ainsi
parle celui qui tient les sept étoiles en sa droite
et qui marche au milieu des sept candélabres d'or
[...], le Premier et le Dernier, celui qui fut mort et
qui a repris vie [...], le Fils de Dieu » (Ap 2,
1. 8. 18). C'est Jésus lui-même qui parle à son église.
Son message s'adresse à toutes les églises
particulières et concerne leur vie interne, parfois
marquée par la présence de conceptions
et de mentalités incompatibles avec la tradition évangélique,
souvent en butte à diverses formes de persécutions
et, de façon plus périlleuse encore, menacée
par des symptômes préoccupants de sécularisation,
de perte de la foi des origines, de compromis avec la
logique du monde. Il est fréquent que les communautés
aient perdu l'amour d'antan (cf. Ap 2, 4).
On
constate que nos communautés ecclésiales
sont affrontées à des faiblesses, à des
lassitudes et à des contradictions. Elles ont
besoin, elles aussi, d'écouter à nouveau
la voix de l'époux qui les invite à la
conversion, qui les pousse à se lancer avec audace
sur des chemins nouveaux et qui les appelle à s'engager
dans la grande œuvre de la « nouvelle évangélisation ».
L'église doit constamment se soumettre au jugement
de la parole du Christ et vivre son existence humaine
dans un état de purification pour être toujours
plus et toujours mieux l'épouse sans tache ni
ride, revêtue de lin d'une blancheur éclatante
(cf. Ep 5, 27; Ap 19, 7-8).
C'est
ainsi que Jésus Christ appelle nos églises
en Europe à la conversion et elles deviennent
alors, avec leur Seigneur et par la force de sa présence,
porteuses d'espérance pour l'humanité.
L'action
de l'évangile tout au long de l'histoire
24.
L'Europe a été largement et profondément
pénétrée par le christianisme. « Il
n'y a pas de doute que, dans l'histoire complexe de l'Europe,
le christianisme représente un élément
central et caractéristique, renforcé par
le solide fondement de l'héritage classique et
des contributions multiples apportées par divers
mouvements ethniques et culturels qui se sont succédé au
cours des siècles. La foi chrétienne a
façonné la culture du continent et a été mêlée
de façon inextricable à son histoire, au
point que celle-ci serait incompréhensible sans
référence aux événements
qui ont caractérisé d'abord la grande période
de l'évangélisation, puis les longs siècles
au cours desquels le christianisme, malgré la
douloureuse division entre l'Orient et l'Occident, s'est
affirmé comme la religion des Européens
eux-mêmes. Dans la période moderne et contemporaine
aussi, lorsque l'unité religieuse s'est progressivement
fractionnée tant à cause de nouvelles divisions
intervenues entre les chrétiens qu'en raison des
processus qui ont amené la culture à se
détacher des perspectives de la foi, le rôle
de cette dernière a gardé un relief non
négligeable ».45
25.
L'intérêt que l'église porte à l'Europe
provient de sa nature même et de sa mission. Tout
au long des siècles en effet, l'église
a eu des liens très étroits avec notre
continent, si bien que le visage spirituel de l'Europe
s'est trouvé modelé par les efforts de
grands missionnaires, par le témoignage de saints
et de martyrs, et par l'action assidue de moines, de
religieux et de pasteurs. À partir de la conception
biblique de l'homme, l'Europe a forgé sa culture
humaniste dans ce qu'elle a de meilleur; elle y a puisé son
inspiration pour ses créations intellectuelles
et artistiques; elle a élaboré des normes
de droit et, par-dessus tout, elle a promu la dignité de
la personne, source de droits inaliénables.46
Ainsi l'église, dépositaire de l'évangile,
a contribué à répandre et à affermir
les valeurs qui ont donné un caractère
universel à la culture européenne.
Se
souvenant de tout cela, l'église d'aujourd'hui
se rend compte, avec une responsabilité renouvelée,
qu'il est urgent de ne pas perdre ce précieux
patrimoine et d'aider l'Europe à se construire
elle-même en redonnant vie aux racines chrétiennes
de ses origines.47
Pour
façonner un véritable visage d'église
26.
Que l'ensemble de l'église en Europe entende comme
lui étant adressés le commandement et l'invitation
du Seigneur: reviens à moi, convertis-toi, « Réveille-toi,
ranime ce qui te reste de vie défaillante! » (Ap
3, 2). C'est une exigence qui se fait jour aussi lorsqu'on
observe notre temps: « La grave situation d'indifférence
religieuse de tant d'Européens, le grand nombre
de ceux qui, sur notre continent aussi, ne connaissent
pas encore Jésus Christ et son église,
et qui ne sont pas encore baptisés, le sécularisme
qui gagne une large frange de chrétiens qui pensent,
décident et vivent de manière habituelle
comme si le Christ n'existait pas, tout cela,
loin d'éteindre notre espérance, la rend
plus humble et plus capable de se fier à Dieu
seul. De sa miséricorde, nous recevons la grâce
et l'engagement de la conversion ».48
27.
Même si parfois, comme dans l'épisode évangélique
de la tempête apaisée (cf. Mc 4, 35-41;
Lc 8, 22-25), on a l'impression que le Christ dort et
abandonne sa barque à la fureur des vagues, il
est demandé à l'église en Europe
de cultiver la certitude que le Seigneur, par le don
de son Esprit, est toujours présent et agit toujours
en elle et dans l'histoire de l'humanité. Il prolonge
sa mission dans le temps, faisant de l'église
un fleuve de vie nouvelle qui se répand dans la
vie de l'humanité comme un signe d'espérance
pour tous.
Dans
un contexte où l'on est facilement tenté par
l'activisme, même sur le plan pastoral, il est
demandé aux chrétiens en Europe de continuer à être
un vrai reflet du Ressuscité, en vivant dans une
communion intime avec lui. On a besoin de communautés
qui, contemplant et imitant la Vierge Marie, figure et
modèle de l'église par sa foi et sa sainteté,49
gardent le sens de la vie liturgique et de la vie intérieure.
Avant tout et surtout, elles devront louer le Seigneur,
le prier, l'adorer et écouter sa Parole. Ce n'est
qu'ainsi qu'elles pourront assimiler son mystère,
vivant totalement pour Lui, comme membres de son épouse
fidèle.
28.
Face aux influences permanentes qui poussent à la
division et à l'opposition, les diverses églises
particulières en Europe, fortes de leur lien avec
le Successeur de Pierre, doivent s'engager à être
véritablement lieu et instrument de communion
pour tout le peuple de Dieu, dans la foi et dans l'amour.50
C'est pourquoi elles cultiveront un climat de charité fraternelle,
vécue avec une radicalité évangélique,
au nom de Jésus et de son amour; elles développeront
une ambiance de rapports amicaux, de communication, de
corresponsabilité, de participation, de conscience
missionnaire, d'attention et de service; elles seront
animées par des attitudes d'estime, d'accueil
et de correction mutuelle (cf. Rm 12, 10; 15, 7-14),
ainsi que de service et de soutien réciproque
(cf. Ga 5, 13; 6, 2), de pardon mutuel (cf. Col 3, 13)
et d'édification les uns des autres (1 Th 5, 11);
elles s'emploieront à poursuivre une pastorale
qui, mettant en valeur toutes les légitimes diversités,
favorise en même temps une collaboration cordiale
entre tous les fidèles et leurs différentes
associations; elles relanceront pour cela les organismes
de participation, qui sont de précieux instruments
de communion en vue d'une action missionnaire concertée,
suscitant la présence d'agents pastoraux préparés
de manière appropriée et dûment qualifiés.
Ainsi, ces églises, animées par la communion
qui est manifestation de l'amour de Dieu, fondement et
raison de l'espérance qui ne déçoit
pas (cf. Rm 5, 5), seront à la fois un reflet
plus resplendissant de la Trinité et un signe
qui interpelle et invite à croire (cf. Jn 17,
21).
29.
Pour que la communion dans l'église puisse être
vécue plus pleinement, il convient de mettre en
valeur la variété des charismes et des
vocations, qui convergent toujours plus vers l'unité et
qui peuvent l'enrichir (cf. 1 Co 12). Dans cette perspective,
il est également nécessaire, d'une part,
que les nouveaux mouvements et les nouvelles communautés
d'église, « renonçant à toute
tentation de revendiquer des droits d'aînesse et à toute
incompréhension des uns à l'égard
des autres », progressent sur le chemin d'une plus
authentique communion entre eux et avec toutes les autres
réalités ecclésiales, et qu'ils « vivent
avec amour dans la pleine obéissance aux évêques »;
d'autre part, il est nécessaire aussi que les évêques, « en
leur manifestant l'amour paternel qui est le propre des
pasteurs »,51 sachent reconnaître, mettre
en valeur et coordonner leurs charismes et leur présence,
pour l'édification de l'unique église.
En
effet, par une collaboration croissante entre les différentes
réalités ecclésiales sous la conduite
aimante des pasteurs, l'église entière
pourra présenter à tous un visage plus
beau et plus crédible, reflet plus limpide de
celui du Seigneur, et elle pourra ainsi contribuer à redonner
espérance et consolation à ceux qui la
cherchent comme à ceux qui, bien qu'ils ne la
cherchent pas, en ont besoin.
Afin
de pouvoir répondre à l'appel de l'évangile à la
conversion, « il nous faut faire tous ensemble
un humble et courageux examen de conscience pour reconnaître
nos peurs et nos erreurs, pour confesser avec sincérité nos
lenteurs, nos omissions, nos infidélités
et nos fautes ».52 Loin de favoriser des attitudes
défaitistes de découragement, la reconnaissance évangélique
de ses propres fautes ne pourra que susciter dans la
communauté l'expérience que vit le baptisé:
la joie d'une profonde libération et la grâce
d'un nouveau départ, ce qui permet de poursuivre
avec une vigueur renouvelée le chemin de l'évangélisation.
Pour
progresser vers l'unité des chrétiens
30.
Enfin, c'est aussi dans le domaine œcuménique
que l'évangile de l'espérance est une force
et un appel à la conversion. Dans la certitude
que l'unité des chrétiens répond à la
volonté du Seigneur « pour qu'ils soient
un » (cf. Jn 17, 11) et qu'elle se présente
aujourd'hui comme une nécessité pour une
plus grande crédibilité de l'évangélisation
et comme une contribution à l'unité de
l'Europe, il faut que toutes les églises et Communautés
ecclésiales « soient aidées et encouragées à interpréter
le cheminement œcuménique comme un mouvement
où l'on va ensemble vers le Christ » 53
et vers l'unité visible voulue par lui, de telle
sorte que l'unité dans la diversité resplendisse
dans l'église comme don de l'Esprit Saint, artisan
de communion.
Pour
que cela se réalise, il convient que tous fournissent
un effort patient et constant, animé d'une authentique
espérance et en même temps d'un sobre réalisme,
et visant à « la mise en valeur de ce qui
déjà nous unit, à l'estime sincère
et réciproque, à l'élimination des
préjugés, à la connaissance et à l'amour
mutuels ».54 Dans ce sens, le fait de s'engager
pour l'unité, si l'on veut que cet engagement
repose sur des bases solides, ne peut pas ne pas comporter
la recherche passionnée de la vérité,
par un dialogue et une confrontation qui, tout en reconnaissant
les résultats déjà obtenus, sachent
les utiliser comme une incitation à aller de l'avant
pour surmonter les divergences qui divisent encore les
chrétiens.
31.
Il est indispensable de poursuivre le dialogue avec détermination,
sans capituler devant les difficultés et les épreuves.
Ce dialogue doit être mené « sous
divers aspects (doctrinal, spirituel et pratique), en
suivant la logique de l'échange des dons, que
l'Esprit suscite dans chaque église, et en éduquant
les communautés et les fidèles, surtout
les jeunes, à vivre des moments de rencontres
et à faire de l'œcuménisme bien compris
une dimension ordinaire de la vie et de l'action ecclésiales ».55
Ce
dialogue est une des préoccupations majeures de
l'église, surtout en Europe, elle qui, au cours
du précédent millénaire, a vu naître
trop de divisions entre les chrétiens et qui progresse
aujourd'hui vers une plus grande unité. Nous ne
pouvons pas nous arrêter en chemin ni retourner
en arrière! Nous devons poursuivre notre marche
et vivre dans la confiance, car, avec la grâce
de Dieu, l'estime réciproque, la recherche de
la vérité, la collaboration dans la charité et
surtout l'œcuménisme de la sainteté ne
pourront pas ne pas porter leurs fruits.
32.
Malgré les inévitables difficultés,
j'invite tout le monde à reconnaître et à apprécier,
avec amour et dans un esprit fraternel, la contribution
que les églises catholiques orientales, par leur
présence même, par la richesse de leur tradition,
par le témoignage de leur « unité dans
la diversité », par l'inculturation qu'elles
ont réalisée dans l'annonce de l'évangile
et par la diversité de leurs rites, peuvent apporter à une édification
plus réelle de l'unité.56 En même
temps, je veux une fois encore assurer les pasteurs,
ainsi que nos frères et sœurs des églises
orthodoxes, que la nouvelle évangélisation
ne peut en aucune manière être confondue
avec le prosélytisme, restant sauf le devoir de
respecter la vérité, la liberté et
la dignité de toute personne.
II.
L'église entière envoyée en mission
33.
Servir l'évangile de l'espérance par une
charité qui évangélise est un devoir
et une responsabilité pour tous. Quel que soit
en effet le charisme ou le ministère de chacun,
la charité est la voie royale indiquée à tous
et que tous peuvent parcourir: c'est la voie que la communauté ecclésiale
tout entière est appelée à suivre
sur les pas de son Maître.
L'engagement
des ministres ordonnés
34.
Les prêtres, en vertu de leur ministère,
sont appelés de manière spéciale à célébrer, à enseigner
et à servir l'évangile de l'espérance.
En raison du sacrement de l'Ordre qui les configure au
Christ, Chef et Pasteur, les évêques et
les prêtres doivent conformer toute leur vie et
toute leur action à Jésus; par la prédication
de la Parole, par la célébration des sacrements
et en guidant la marche de la communauté chrétienne,
ils rendent présent le mystère du Christ
et, à travers l'exercice même de leur ministère,
ils « sont appelés à prolonger la
présence du Christ, unique et souverain Pasteur,
en retrouvant son style de vie et en se rendant en quelque
sorte transparents à lui au milieu du troupeau
qui leur est confié ».57
Insérés
dans le monde sans être du monde (cf. Jn 17, 15-16),
ils sont appelés, dans la situa- tion culturelle
et spirituelle présente du continent européen, à être
signes de contradiction et d'espérance pour une
société qui est malade de vivre à un
niveau horizontal et qui a besoin de s'ouvrir au Transcendant.
35.
De ce point de vue, le célibat sacerdotal prend
un relief particulier comme signe d'une espérance
fondée totalement sur le Seigneur. Le célibat
n'est pas une simple discipline ecclésiastique
imposée par l'autorité; au contraire, il
est avant tout une grâce, un don inestimable de
Dieu pour l'église, valeur prophétique
pour le monde actuel, don de soi dans le Christ pour
son église, source de vie spirituelle intense
et de fécondité pastorale, témoignage
du Royaume eschatologique, signe de l'amour de Dieu envers
ce monde en même temps que signe de l'amour sans
partage du prêtre envers Dieu et envers son peuple.58
Vécu comme réponse au don de Dieu et dépassement
des tentations d'une société hédoniste,
non seulement le célibat favorise l'épanouissement
humain de celui qui y est appelé, mais il se révèle
un facteur de croissance pour les autres aussi.
Estimé dans
toute l'église comme un bien pour le sacerdoce,59
exigé comme une obligation par l'église
latine,60 tenu en grand respect par les églises
orientales,61 le célibat, dans le contexte de
la culture actuelle, apparaît comme un signe éloquent
qui doit être conservé comme un bien précieux
pour l'église. Une révision de la discipline
actuelle en ce domaine ne permettrait pas de résoudre
la crise des vocations au presbytérat à laquelle
on assiste en de nombreuses régions d'Europe.62
Le service de l'évangile de l'espérance
requiert aussi que, dans l'église, on s'efforce
de présenter le célibat dans toute sa richesse
biblique, théologique et spirituelle.
36.
Nous ne pouvons ignorer que l'exercice du ministère
sacré est confronté de nos jours à bien
des difficultés liées tant à l'ambiance
culturelle qu'à la diminution du nombre de prêtres,
avec l'accroissement des charges pastorales et la fatigue
qui en découlent. En conséquence, les prêtres
qui se consacrent avec un dévouement et une fidélité admirables
au ministère qui leur est confié sont encore
plus dignes d'estime, de gratitude et d'affection.63
Avec
confiance et gratitude, je veux moi aussi leur exprimer
mes encouragements, en reprenant les propos des Pères
du Synode: « Ne perdez pas cœur et ne vous
laissez pas accabler par la fatigue; en pleine communion
avec nous, évêques, en fraternité joyeuse
avec les autres prêtres, en cordiale responsabilité avec
les consacrés et tous les fidèles laïcs,
continuez votre œuvre précieuse et irremplaçable »64!
Outre
les prêtres, je désire évoquer aussi
les diacres, qui participent au sacrement de l'Ordre,
bien qu'à un degré différent. Envoyés
pour servir la communion ecclésiale, ils exercent,
sous la direction de l'évêque et avec son
presbyterium, la « diaconie » de la liturgie,
de la parole et de la charité.65 De cette manière
qui leur est propre, ils sont au service de l'évangile
de l'espérance.
Le
témoignage des personnes consacrées
37.
Le témoignage des personnes consacrées
est particulièrement éloquent. À ce
propos, il faut avant tout reconnaître le rôle
fondamental qu'ont eu le monachisme et la vie consacrée
dans l'évangélisation de l'Europe et dans
l'édification de son identité chrétienne.66
Un tel rôle ne doit pas disparaître de nos
jours, au moment où une « nouvelle évangélisation » du
continent se fait urgente et où l'établissement
de structures et de liens plus complexes le met en face
d'un tournant délicat. L'Europe a toujours besoin
de la sainteté, de l'esprit prophétique,
de l'activité d'évangélisation et
de service des personnes consacrées. Il convient
aussi de souligner la contribution spécifique
que les Instituts séculiers et les Sociétés
de Vie apostolique peuvent apporter grâce à leur
aspiration à transformer le monde, de l'intérieur,
par la puissance des béatitudes.
38.
L'apport spécifique que les personnes con- sacrées
peuvent fournir à l'évangile de l'espérance
trouve son point de départ dans quelques aspects
qui caractérisent de nos jours le visage culturel
et social de l'Europe.67 Ainsi, la demande de nouvelles
formes de spiritualité, qui se fait sentir aujourd'hui
dans la société, doit trouver une réponse
dans la reconnaissance du primat absolu de Dieu, vécu
par les personnes consacrées dans le don total
d'elles- mêmes, dans la conversion permanente d'une
existence offerte comme un vrai culte spirituel. Dans
un monde marqué par le laïcisme et soumis
au vertige de la consommation, la vie consacrée,
don de l'Esprit à l'église et pour l'église,
devient toujours plus signe d'espérance dans la
mesure où elle témoigne de la dimension
transcendante de l'existence. D'autre part, dans la situation
pluriculturelle et multireligieuse actuelle, le témoignage
de fraternité évangélique qui caractérise
la vie consacrée est exigé, faisant de
cette dernière une incitation à la purification
et à l'intégration de valeurs différentes
grâce au dépassement des antagonismes. La
présence de nouvelles formes de pauvreté et
de marginalisation doit susciter la créativité qui
fut celle de tant de fondateurs d'Instituts religieux
pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin.
Enfin, la tendance à un certain repliement sur
soi demande que l'on trouve un antidote dans la disponibilité des
personnes consacrées, afin que soit poursuivie
l'œuvre de l'évangélisation sur d'autres
continents, malgré la diminution du nombre de
membres que l'on constate dans certains Instituts.
Le
souci des vocations
39.
L'engagement des ministres ordonnés et des personnes
consacrées étant déterminant, on
ne peut passer sous silence le manque inquiétant
de séminaristes et de candidats à la vie
religieuse, surtout en Europe occidentale. Une telle
situation exige l'engagement de tous en faveur d'une
pastorale appropriée des vocations. C'est seulement « quand
on présente aux jeunes la personne du Christ dans
toute sa plénitude que naît en eux une espérance
qui les pousse à tout laisser pour le suivre,
en réponse à son appel, et pour être
ses témoins auprès de leurs contemporains ».68
Le souci des vocations est donc une question vitale pour
l'avenir de la foi chrétienne en Europe et, par
suite, pour le progrès spirituel des peuples qui
y vivent; c'est un passage obligé pour l'église,
si elle veut annoncer, célébrer et servir
l'évangile de l'espérance.69
40.
Pour mettre en œuvre l'indispensable pastorale des
vocations, il convient de présenter aux fidèles
la foi de l'église concernant la nature et la
dignité du sacerdoce ministériel; d'encourager
les familles à vivre comme de véritables « églises
domestiques », afin que les diverses vocations
puissent y être discernées, accueillies
et accompagnées; de réaliser une action
pastorale qui aide les fidèles, surtout les jeunes, à faire
le choix d'une vie fondée sur le Christ et totalement
consacrée à l'église.70
Sachant
que l'Esprit Saint est à l'œuvre aujourd'hui
encore et que les signes de sa présence ne manquent
pas, il s'agit avant tout d'insérer la pastorale
des vocations dans tous les secteurs de la pastorale
ordinaire. Pour ce faire, il est nécessaire de « raviver,
surtout chez les jeunes, une profonde nostalgie de Dieu,
créant ainsi le contexte capable de faire surgir
de généreuses réponses de vocations »; « il
est urgent qu'un grand mouvement de prière traverse
les communautés ecclésiales du continent
européen », car « le changement des
conditions historiques et culturelles exige que la pastorale
des vocations soit perçue comme un des objectifs
premiers de toute la communauté chrétienne ».71
Il est indispensable aussi que les prêtres eux-mêmes
vivent et agissent en parfaite harmonie avec leur identité sacramentelle
véritable. En effet, si l'image qu'ils donnent
d'eux- mêmes est opaque ou terne, comment pourraient-ils
pousser les jeunes à les imiter?
La
mission des laïcs
41.
La participation des fidèles laïcs à la
vie de l'église est unique: le rôle qui
leur revient dans l'annonce et le service de l'évangile
de l'espérance est en effet irremplaçable,
car, « par eux, l'église du Christ est présente
dans les secteurs les plus variés du monde, comme
signe et source d'espérance et d'amour ».72
Participant pleinement à la mission de l'église
dans le monde, ils sont appelés à montrer
que la foi chrétienne est la seule réponse
exhaustive aux interrogations que la vie pose à tout
homme et à toute société, et ils
peuvent implanter dans le monde les valeurs du Royaume
de Dieu, promesse et gage d'une espérance qui
ne déçoit pas.
L'Europe
d'hier et d'aujourd'hui connaît une présence
significative et l'exemple lumineux de telles figures
de laïcs. Comme l'ont souligné les Pères
du Synode, il faut évoquer entre autres, avec
gratitude, le souvenir d'hommes et de femmes qui ont
témoigné et qui témoignent du Christ
et de son évangile, par leur service de la vie
publique et les responsabilités que celle-ci comporte.
Il est d'une importance capitale « de susciter
et de soutenir des vocations spécifiques au service
du bien commun: des personnes qui, à l'exemple
et avec le style de ceux qui ont été appelés les
pères de l'Europe, sachent être les
artisans de la société européenne
de l'avenir, en l'asseyant sur les bases solides de l'esprit ».73
Il
faut apprécier tout autant l'œuvre accomplie
par des laïcs chrétiens, hommes et femmes,
souvent dans une vie ordinaire et cachée, à travers
d'humbles services qui leur permettent d'annoncer la
miséricorde de Dieu à ceux qui sont plongés
dans la pauvreté; nous devons leur être
reconnaissants pour l'audacieux témoignage de
charité et de pardon qu'ils donnent, évangélisant
par ces valeurs les vastes horizons de la politique,
de la vie sociale, de l'économie, de la culture,
de l'écologie, de la vie internationale, de la
famille, de l'éducation, de la vie professionnelle,
du travail et de la souffrance.74 À cette fin,
il est utile d'avoir des itinéraires pédagogiques
qui rendent les fidèles laïcs capables d'un
engagement de foi au sein des réalités
temporelles. De tels parcours, fondés sur un sérieux
apprentissage de la vie ecclésiale, en particulier
sur l'étude de la doctrine sociale, doivent être
en mesure de leur apporter non seulement la doctrine
et le dynamisme, mais aussi les éléments
spirituels adaptés qui soutiennent leur engagement
vécu comme un authentique chemin de sainteté.
Le
rôle de la femme
42.
L'église est bien consciente de l'apport spécifique
de la femme dans le service de l'évangile de l'espérance.
L'histoire de la communauté chrétienne
montre que les femmes ont toujours eu une place importante
dans le témoignage évangélique.
Il faut se souvenir de tout ce qu'elles ont fait, souvent
dans le silence et de manière cachée, dans
l'accueil et la transmission du don de Dieu, aussi bien
par la maternité physique ou spirituelle, les
activités éducatives, la catéchèse,
l'accomplissement de grandes œuvres de charité,
que par la vie de prière et de contemplation,
les expériences mystiques et la rédaction
d'écrits remplis de sagesse évangélique.75
À la
lumière des très riches témoignages
du passé, l'église manifeste sa confiance
dans ce que les femmes peuvent faire aujourd'hui pour
la croissance de l'espérance à tous les
niveaux. Il y a des aspects de la société européenne
contemporaine qui constituent un défi pour la
capacité qu'ont les femmes d'accueillir, de partager
et d'engendrer dans l'amour, avec ténacité et
générosité. Que l'on pense, par
exemple, à la mentalité scientifique et
technique largement répandue, qui relègue
dans l'ombre la dimension affective et le rôle
des sentiments, à l'absence du sens de la gratuité, à la
crainte diffuse de donner la vie à des être
nouveaux, à la difficulté de se placer
dans une relation de réciprocité avec l'autre
et d'accueillir celui qui est différent de soi.
C'est dans ce contexte que l'église attend des
femmes l'apport vivifiant d'une nouvelle vague d'espérance.
43.
Mais pour que cela puisse se vérifier, il est
nécessaire que, avant tout dans l'église,
soit promue la dignité de la femme, car l'homme
et la femme ont la même dignité, ayant été créés
tous deux à l'image et à la ressemblance
de Dieu (cf. Gn 1, 27), et comblés chacun de dons
propres et particuliers.
Comme
cela a été souligné durant le Synode,
il est souhaitable que, pour favoriser la pleine participation
des femmes à la vie et à la mission de
l'église, leurs talents soient davantage mis en
valeur, y compris par l'attribution de fonctions ecclésiales
qui reviennent de droit aux laïcs. Il faut aussi
mettre convenablement en valeur la mission de la femme
comme épouse et mère, et son dévouement
dans la vie familiale.76
L'église
ne manque pas d'élever la voix pour dénoncer
les injustices et les violences perpétrées
contre les femmes, en quelque lieu ou circonstance qu'elles
se produisent. Elle demande que soient véritablement
appliquées les lois qui protègent les femmes
et que soient prises des mesures efficaces contre l'usage
humiliant d'images féminines dans la publicité commerciale
et contre le fléau de la prostitution; elle souhaite
que le service rendu par les mères dans le cadre
de la vie familiale, au même titre que le service
rendu par les pères, soit considéré comme
une contribution au bien commun, y compris à travers
des formes de reconnaissance économique.
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