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terre existe depuis des millions d’années. Le
Christ n’a été là qu’une
trentaine d’années. Presque rien. Même
si son message continue de résonner depuis plus de
2000 ans, nous aurions souhaité qu’il s’attarde
plus longtemps.
C’est
vrai qu’il a promis qu’il reviendrait, et même
qu’il serait avec nous tous les jours jusqu’à
la fin du monde. Mais que voulait-il dire? Comment est-il
présent, ce grand absent, tous les jours jusqu’à
la fin du monde?
Saint
Paul a peut-être la réponse à notre question:
«Il n’y a qu’un seul Seigneur, [...] un
seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus
de tous, par tous et en tous.» (éphésiens
4, 5-6) Un seul Seigneur! Un seul Dieu! Et saint Paul d’ajouter:
«un seul Corps et un seul Esprit» (4, 4) Nous
pensions que nous étions des milliards de corps et
d’esprits sur cette planète. Paul dit: «Un
seul Corps et un seul Esprit»! Et il précise:
«Au terme, nous parviendrons tous ensemble à
l’unité dans la foi et la vraie connaissance
du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme
parfait, à la plénitude de la stature du Christ.»
(4, 13)
Le
Christ a promis qu’il serait là quand deux ou
trois sont réunis en son nom. Il n’est pas là
comme un fantôme qui occuperait une place libre dans
une assemblée liturgique. Il est là parce que
nous sommes là! Ensemble, nous sommes le corps du Christ.
Chaque année, l’église célèbre
non seulement l’Ascension du Seigneur mais notre propre
ascension. Notre ascension personnelle comme notre ascension
collective.
L’humanité
est en marche. Elle emprunte de multiples chemins, des grands
boulevards et d’étroits sentiers de forêt.
Elle choisit de bonnes routes. Elle s’engage parfois
sur des voies sans issue. Elle sent un appel vers un ailleurs
indéfinissable. Comme disciples du Christ, nous croyons
qu’elle entend une invitation de la part de Dieu. Nous
croyons que Dieu l’appelle à devenir le Corps
du Christ, «l’Homme parfait à la plénitude
de la stature du Christ» (4, 13)
Comme
église, comme communauté conjugale et familiale,
comme communauté religieuse, nous voulons vivre dans
la vérité de l’amour pour grandir dans
le Christ.
L’engagement
de notre baptême, la promesse des couples mariés
comme la profession religieuse nous confient une mission:
réaliser l’amour et l’unité au sein
du monde. La tâche n’est pas facile. Nous nous
surprenons trop souvent à prendre des distances, à
générer des conflits, à durcir des relations,
à nous blesser mutuellement. Malgré la grandeur
de notre vocation, nous demeurons des être vulnérables.
Ce
n’est que dans l’abandon à la grâce
de Dieu que nous parviendrons à construire la fraternité
entre nous et avec les autres. Dans l’harmonie et la
cohésion,. Au delà de la justice du talion,
choisir la justice du dialogue et du pardon. Parfois, l’amour
se présente à nous comme un défi que
la raison peut même trouver scandaleux.
Restons reliés à la tête qu’est
le Christ. Laissons son évangile couler dans nos veines.
Que sa mort assume nos propres morts. Que lentement, dans
notre ascension, nous parvenions à la résurrection.
C’est l’espérance que dessinent pour nous
chacun de nos rassemblements eucharistiques comme chacune
de nos rencontres communautaires, qu’elles soient conjugales
ou fraternelles.
Le
dernier message du Christ assure l’élan pour
continuer la route: «Vous allez recevoir une force,
celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez
mes témoins [...] jusqu’aux extrémités
du monde.» (Actes 1, 8)
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