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Janvier 2005


La foi de Dieu

par élaine Champagne

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La foire aux questions
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e visitais des amis il y a quelque temps. Le cœur était à la fête pour l’arrivée du quatrième enfant. Le petit n’avait pas encore un mois. Menu et délicat comme ses parents aux traits fins, il se tenait en petite boule, comme une petite pelote, emmitouflé dans son pyjama jaune. À chaque fois que je revois des nouveau-nés, je m’étonne de percevoir la vie si forte dans un petit corps si fragile…

Justement. Le petit Emmanuel pleurait. Quel enfant ne pleure pas? Mais Emmanuel avait des coliques. Il gémissait un peu, pleurait souvent, et il fallait bien que papa et maman soient là pour le soulager. Quelle patience! À un moment durant la soirée, son papa a trouvé pour lui une position confortable, à plat ventre sur son bras, bien appuyé contre lui. Chaleur, sécurité, soulagement des douleurs. Emmanuel s’est finalement endormi. Distraite de nos conversations, je me suis mise à regarder Emmanuel. Son visage était tout transformé. Confiant, complètement abandonné dans les bras de son père, il était vraiment beau à voir.

L’image est classique. Pourtant, en voyant Emmanuel si paisible, et en pensant à Noël, tout à coup, je redécouvrais l’incroyable réalité de Dieu fait enfant. C’était comme si je voyais, avec des yeux neufs, la confiance de Dieu. Car pour se faire l’un de nous, Dieu a consenti à se faire petit, fragile. Il s’est confié à ses parents, Marie et Joseph. Il s’est confié à l’humanité. Il s’est abandonné en quelque sorte dans les bras de chacun de nous… En un mot, et pour tout dire, Dieu a eu foi en l’humanité. Il a eu foi en nous : non seulement foi en son rêve d’accomplissement de la création, en nous rendant participant à son oeuvre, mais foi en nous jusqu’à l’intime de sa personne, jusqu’à l’intime du Fils, jusque dans sa chair. Jusqu’à devenir pour nous un enfant. Ça me rappelle le très beau texte de Christian Bobin : Le Très-Bas.

Noël est passé déjà. Les voix des réjouissances ou des retrouvailles s’estompent doucement. Les trompettes des anges se sont tues. Les troupeaux des bergers sont retournés paître dans les proches alentours. Nos chants sont emportés par le vent d’hiver. Mais dans l’intime du quotidien, dans l’ordinaire de la vie de tous les jours d’une jeune famille, caché aux yeux trop curieux, l’enfant s’endort dans les bras consolants de son père ou collé contre le cœur de sa mère. Dieu habite au milieu de nous. fin

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