Ce
mois-ci, je vous propose quelques extraits de textes
bien connus d’un auteur
du début d’un autre siècle. Au-delà des
mots transparaît sa jeunesse. Au-delà du temps
se découvre une parole de sagesse. Bonne lecture!
ette naissance
Perpétuelle.
Cette enfance
Perpétuelle. Qu’est-ce que l’on ferait,
qu’est-ce que l’on serait, mon Dieu, sans les
enfants. Qu’est-ce que l’on deviendrait.
* * * On croit que les enfants ne savent rien.
Et que les parents et que les grandes personnes savent quelque
chose.
Or je vous le dis, c’est le contraire.
Ce sont les parents, ce sont les grandes personnes qui ne
savent rien.
Et ce sont les enfants qui savent
Tout.
(…) Heureux
non pas même, non pas seulement
celui
Qui serait comme un enfant, qui resterait comme un enfant.
Mais proprement heureux celui qui est (un) enfant, qui reste
un enfant. * * *
Pour moi, dit Dieu, je ne connais rien d’aussi
beau dans tout le monde
Qu’un gamin d’enfant qui cause avec le bon
Dieu
Dans le fond d’un jardin.
Et qui fait les demandes et les réponses (C’est
plus sûr).
(…) Je
ne connais rien d’aussi beau dans
tout le monde, dit Dieu.
Qu’un petit joufflu d’enfant, hardi comme
un page,
Timide comme un ange,
Qui dit vingt fois bonjour, vingt fois bonsoir en sautant.
Et en riant et en (se) jouant.
Une fois ne lui suffit pas. Il s’en faut. Il n’y
a pas de danger.
Il leur en faut, de dire bonjour et bonsoir. Ils n’en
ont jamais assez.
C’est que pour eux la vingtième fois est comme
la première. Ils comptent comme moi.
C’est ainsi que je compte les heures.
Et c’est pour cela que toute l’éternité et
que tout le temps
Est (comme) un instant dans le creux de ma main.
(…) Or
je le dis, dit Dieu, je ne connais rien d’aussi
beau dans tout le monde
Qu’un petit enfant qui s’endort en faisant sa
prière
Sous l’aile de son ange gardien
Et qui rit aux anges en commençant de s’endormir * * * Les enfants ne sont pas comme les hommes.
Pour les enfants jouer, travailler, se reposer, s’arrêter,
courir, c’est tout un.
Ensemble.
C’est le même. Ils ne font pas seulement la différence.
Ils sont heureux. * * * Les
enfants ne peuvent marcher, mais ils savent très
bien courir. 
(Extraits tirés de Les enfants, Collection Catholique,
Paris, NRF, Gallimard, 1957).
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