Dominicains du Canada
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L'AVENTURE SPIRITUELLE
Jean de Meulan. La fondation du premier hôpital pour enfantsLivre des merveillesEn cette année 1363, l’évêque de Paris, Jean de Meulan, s’insurge. Il est bien beau d'accueillir les pèlerins, les pauvres, les lépreux, les vieillards, les infirmes, les malades. Mais les enfants ? les femmes ? Pourtant, rappelle l'évêque de Paris, « c'est un devoir plus sacré dans les hôpitaux et plus nécessaire de procurer un toit aux femmes qu'aux hommes, aux enfants qu'aux anciens ». Certes, il existe bien des foyers d'accueil pour les orphelins. Ils ont déjà accueilli quelques centaines d'enfants et les ont ainsi sauvés de la mort et de la déchéance. Mais ils sont tenus par quelques personnes charitables qui les soignent et les élèvent à leurs frais. Ces bienfaiteurs ne peuvent suffire à la tâche. ému par la situation des orphelins, Jean de Meulan décide donc de fonder en 1363 hôpital du Saint-Esprit, maison destinée à secourir les femmes et les enfants abandonnés. C'est le premier hôpital dont la mission principale est le secours des enfants. La fondation de l'hôpital du Saint-Esprit n'est qu'un exemple parmi une longue série de fondations hospitalières. Dès ses origines, l'assistance aux pauvres et aux malades est revendiquée par l'église comme une fonction fondamentale. D'ailleurs, il s'agit moins d'assistance que de charité. Cela va au-delà de la bienfaisance ou de la philanthropie. L'accueil du pauvre, du malade, du faible est un devoir pour tout chrétien. Le caractère religieux de la fonction hospitalière est évident même si parfois la fondation résulte d'une initiative laïque. Car les laïcs appartiennent au peuple chrétien et coopèrent au salut commun. Chaque chrétien doit s'engager à aider son prochain, que ce soit en fondant un hôpital, en lui léguant ses biens, en se mettant à son service. Des miséreux pour remplir les maisons hospitalières, des frères et soeurs pour les accueillir. Voilà les acteurs de ce dialogue de la charité chrétienne. Né d'initiatives privées ou religieuses, organisé par l'évêque ou par un ordre monastique, géré par l'autorité séculière ou ecclésiastique, l'hôpital est le lieu par excellence des « œuvres de miséricorde ». Et dans ces hôpitaux, on ne soigne pas seulement le corps mais tout l'être humain. La guérison physique n'est pas le but ultime, elle n'est que le signe de la guérison définitive du péché, du Salut promis à tous. La souffrance assumée est une occasion de progrès spirituel. Que ce soit pour soigner les hommes d'église de passage, les pèlerins en route pour la Terre sainte, les pauvres ou les malades, les Frères hospitaliers ont pour vocation d'être serviteurs. Le rapport que l'église entretient avec la pauvreté et la maladie est spirituel : tous sont les représentants du Christ, figure d'une souffrance rédemptrice. « Ce que vous avez fait au plus petit... c'est t à moi que vous l'avez, fait » dit le Christ. Hôpital, hospice, refuge, foyer, mouroir, orphelinat... Pour l'église, il s'agit toujours d'ouvrir la porte pour accueillir le Christ lui- même.
Source : Le Livre des Merveilles Mame/Plon pp 459-460 |
Saints et saintes sur les routes du monde et de l'histoire.
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