ère,
Source de toute vie
et de toute tendresse,
je veux te chanter.
De toi vient le plus merveilleux des dons,
ton Verbe, ta Parole;
et ton Souffle a donné aux premiers témoins
des langues de feu.
Je te chante parce que ma parole
est à la fois la tienne et la mienne.
Toi seul parle de toi;
et c’est de toi, avec toi et pour toi
que je tente de balbutier
par-dessus les toits et les murs
quelque chose de ce qui m’émerveille.
Je te rends grâce
pour les myriades
d’oreilles et de cœurs ouverts,
pour l’écho bouleversant en retour
ou pour les grands silences.
J’implore
ton pardon.
Vase fragile qui abrite le trésor de la Parole,
je suis sans cesse débusqué par cette Parole.
Comment oser parler!
Je te demande deux choses.
De la langue perfide et de la langue de bois,
délivre-moi.
Rappelle-moi que ce qui est important pour moi
n’est pas nécessairement important pour toi.
Ouvre-moi l’oreille.
Revue Prier, no:222, juin 2000
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