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est beau mes frères, de passer d’une
fête à l ’autre, d’une prière à une
autre, d’une solennité à une autre.
Voici en effet ce temps qui nous apporte un nouveau
commencement et la connaissance de la bienheureuse
Pâque, où le Seigneur fut immolé.
Certes, nous mangeons l’aliment de vie et nous
réjouissons notre âme en buvant à ce
sang précieux comme à une source ; et
pourtant nous avons toujours soif, nous sommes toujours
brûlants. Lui-même s’offre à ceux
qui sont altérés ; dans sa bonté,
il admet à la fête ceux dont les entrailles
sont desséchées ; comme disait notre
Sauveur : Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi
et qu’il boive.
On n’étanche pas sa soif seulement quand
on s’approche ; mais chaque fois qu’on
demande, on obtient facilement d’approcher le
Sauveur. La grâce de cette fête n’est
pas limitée à une époque et son
splendide rayon ne souffre pas de déclin ; il
est toujours prête à éclairer l’esprit
de ceux qui le veulent. Sa puissance brille continuellement
en ceux dont l’âme est éclairée
et qui s’appliquent aux livres saints jour et
nuit. Ainsi l’homme qui est appelé heureux
dans le psaume : Heureux l’homme qui n’est
pas allé à la réunion des impies,
et qui ne s’est pas arrêté sur le
chemin des pécheurs, qui ne s’est pas
assis dans l’assemblée des corrompus,
mais qui s’attache à la loi du Seigneur,
qui médite cette loi jour et nuit.
Ce
grand Dieu, mes bien-aimés, qui au début
institua cette fête de Pâque, nous accorde
de la célébrer chaque année. Lui-même,
qui a livré son Fils à la mort pour notre
salut, nous accorde pour le même motif cette
sainte fête qui a sa place fixée dans
le déroulement de l’année.
Cette fête nous dirige au milieu des épreuves
qui nous assaillent en ce monde ; et maintenant Dieu
nous procure la joie du salut qui émane de cette
fête. En effet, il nous réunit en une
seule assemblée, dans un rendez-vous spirituel
qui se réalise partout ; il nous permet de prier
en commun, d’offrir ensemble nos actions de grâce,
comme il faut le faire un jour de fête. C’est
le miracle de sa bonté : lui-même rassemble
pour cette fête ceux qui sont au loin ; et ceux
qui peuvent être distants corporellement, il
les rapproche dans l’unité de la foi. 