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Septembre 2004


Au commencement…

par élaine Champagne

Ressources


La foire aux questions
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ne amie a accouché de son premier bébé tout dernièrement. Elle raconte fièrement: Manuel nous a fait son premier sourire hier! Amélie, sa cousine, fait déjà ses premiers pas. Tobias et Marjorie sont assez grands maintenant pour aller à l’école. Ils ont bien hâte de commencer tous les deux. Tout est prêt pour le grand jour. Pour la première fois, le petit Jérémie a réussi à faire une boucle avec ses lacets. Cyrille, plus âgée, a rédigé sa première composition. Gaétan commence l’anglais cette année. Pour Jaëlle, ce sera le piano. Et puis il y a maman qui commence un nouveau travail cette semaine. Papa a décidé de commencer à s’entraîner cette année. Et puis imaginez : grand-mère débute un nouveau cours! Elle retourne à l’école!

La nouveauté des commencements nous stimule. Le neuf porte toute la densité de nos désirs, en même temps que ses promesses d’avenir nous donnent des ailes. Même lorsque nous l’anticipons, le neuf suscite la surprise; il dévoile l’inattendu, voire l’inespéré.

Les enfants vivent constamment du neuf. Leur existence est encore toute neuve. « Qu’est-ce que l’enfant? Un être qui commence », dira Rahner. Selon lui, l’enfance est plus que promesse d’avenir, plus qu’un potentiel à développer. Elle est « un commencement dont la suite (…) est l’œuvre d’un volonté libre, ce qui permet à ce commencement de prendre conscience de lui-même ». L’enfance est encore un commencement dont l’origine serait à trouver en dehors d’elle-même. Elle est « un commencement ouvert sur le commencement des commencements, Dieu, le mystère absolu, l’Etre inexprimable et éternel ». En ce sens, elle dévoile quelque chose de la filiation divine.

Faut-il donc reculer dans l’enfance? Faut-il remonter sa vie pour retrouver le neuf des commencements? Nicodème, dans l’évangile de Jean (3,4) posait déjà la question : « Comment un homme peut-il naître, étant vieux? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître? »

Rahner suggère : « Nous n’abandonnons pas notre enfance comme une chose que nous perdrions de vue au fur et à mesure que nous nous éloignons sur la route du temps; nous allons au-devant d’elle comme d’une réalité qui a reçu dans le temps notre empreinte et celle du salut. (…) Loin de prendre de la distance vis-à-vis de notre enfance, nous allons vers son accomplissement éternel, vers cet état où elle prendra sa valeur définitive devant Dieu ». Nous avançons vers l’accomplissement de notre enfance. Nous cheminons, tendus vers l’avant, vers l’accomplissement de notre état de fils et fille de Dieu. Ainsi sans cesse, avec notre consentement, Dieu nous enfante. fin


Référence : Karl Rahner, « Pour une théologie de l’enfance », L’Anneau d’Or, 120 / 1964, 428-439.

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