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de parler de la mort. Il est plus facile d’éviter
le sujet, de nier la mort ou encore de s’en moquer.
Il est plus facile de parler de vampires et de fantômes,
il est plus facile de jouer avec la peur que de parler de
cette intruse. La mort n’est pas la bienvenue dans
nos vies.
Malgré nos
résistances, il arrive que la mort
frappe à nos portes. Qui de nous ne l’a jamais
rencontrée? Un proche nous quitte, un ami, un parent.
Parfois, c’est un événement, un accident,
qui nous la fait frôler, qui nous fait sentir sa proximité.
Alors, comme pour s’en protéger, il est plus
facile de la taire. Combien il faut de courage à l’adulte
pour affirmer : « J’ai eu peur de mourir ».
Qu’en est-il des enfants?
J’ai eu récemment l’occasion et la joie
de rencontrer madame Françoise Darcy-Bérubé,
cette pionnière du renouveau catéchétique
de l’après concile au Québec. Une dame
de sagesse qui s’est faite proche des enfants. Elle
me racontait : « Je travaillais à l’époque
dans le milieu scolaire. J’ai recueilli un grand nombre
de témoignages d’enfants au sujet des questions
qui les préoccupent. Ils me disaient : « Avec
vous, nous pouvons parler. Vous nous écoutez. D’habitude,
les grandes personnes n’aiment pas parler de la mort » ».
Bien sûr, les enfants, selon leur âge, ne comprennent
pas la mort de la même manière que les adultes.
Au fils des ans, leur réaction face à la mort évolue.
Les plus petits craignent la séparation d’avec
ceux qu’ils aiment. Un peu plus tard, ce qui arrive
au corps qui meurt posera question. C’est encore plus
tard qu’apparaissent les questions existentielles du
sens de la vie, de la mort, et de notre fragilité.
La mort ne laisse personne insensible.
Comment est-ce
que notre foi parle à notre expérience
de la mort? Est-ce qu’elle l’éclaire?
Est-ce qu’elle lui est indifférente ou éloignée?
La pensée de la mort nous éloigne-t-elle de
Dieu? Ou trouvons-nous notre espérance en Dieu? Ou
sommes-nous entre les deux, hésitants à marcher?
Il me semble qu’il y a là un enjeu majeur pour
notre vie spirituelle, individuelle, familiale et ecclésiale.
Des
parents me demandent : « Comment parler
de la mort aux enfants? » « Celui qui
veut transmettre quelque chose aux enfants est lui-même
impliqué, confronté à la question de
savoir comment il se situe sur le plan religieux. Très
vite, les enfants sentent quelle est la position des adultes
quand ils leur parlent. Par exemple, si, à la question :
Où est Dieu? les enfants reçoivent cette seule
réponse, banale et creuse, qu’il est partout,
ils remarqueront que cette question n’en est visiblement
pas une pour les adultes ou bien qu’ils la rejettent
de toutes leurs forces ».
Heureux ceux qui
prient leur colère, leur désarroi,
leur impuissance, leur refus vers Dieu et en Dieu. Heureux
ceux qui dans le brouillard, sans bravade et avec des mots
de tous les âges implorent : « Si je
traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal car
tu es avec moi. Tu me guides et me rassures ».
(Psaume 23) Heureux ceux qui osent parler en vérité de
leur quête, en couple, en famille, en église. 
1. Norbert
Mette (1996) : « Vivre et apprendre à croire
avec les enfants », Concilium, 264, p. 128.
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