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temps des fêtes et les mois d’hiver sont souvent
l’occasion de sorties en famille. Occasion de découvertes
pour les uns, de rires pour d’autres, et de petites
contrariétés, de petites tensions bien sûr.
La vie est ainsi faite. J’ai croisé l’autre
jour dans un marché de Noël, une famille avec
3 jeunes enfants. Dans un petit enclos, des moutons et des
oies ont évidemment attiré l’attention
des tout-petits. Le plus petit, Bastien, s’est approché un
peu trop, et une oie lui a arraché le petit bout de
papier qu’il tenait dans la main. Et l’oie s’est
mise à machouiller le papier à toute allure.
D’abord saisis d’étonnement, paralysés
quelques secondes, Bastien et ses sœurs ont soudain éclaté de
rire. « Regarde ! Regarde papa, madame l’oie ! »
Je pense aussi à Josiane, 7 ans, en patins avec ses
parents dans un parc de la ville. « Regardez !
Regardez, comme je patine vite ! » Il y a
aussi Robert, le grand ado. Avec sa copine, ses parents,
et un ami, ils sont partis pour une randonnée de ski
de fond. La conversation allait bon train quand à un
certain virage, tout le monde s’est arrêté net,
saisi par la splendeur du paysage étincelant sous
le soleil couchant. Il y a eu ce moment de silence et d’émerveillement,
d’admiration, devant cette beauté sobre et grandiose
qui, intérieurement, dépasse complètement.
émerveillement, admiration ! Cette qualité du
regard, cette qualité d’accueil! Bastien voulait
partager ce regard, partager avec son père sa rencontre
avec madame l’oie. Josiane demande à partager
avec ses parents sa fierté de grandir, sa joie de
réussir. Robert et sa famille vivent ensemble cet émerveillement
devant plus grand qu’eux tous. Expérience spirituelle
certainement, et de surcroît, expérience partagée.
Il n’est pas possible de provoquer de tels moments,
ce sont des moments donnés, des moments de grâce.
Mais il est possible de cultiver l’esprit de disponiblité à l’émerveillement, à la
grâce. Un très beau livre de S.-Th. Pinkaers,
o.p., parle de l’admiration comme d’une vertu :
la vertu d’admiration. (À l’école
de l’admiration, Versailles, Ed. St-Paul, 2001). Invitation à cultiver à tout âge
cette qualité de présence au monde.
Il n’y a pas si longtemps, trois hommes ont été saisis
de cette admiration. Peu importe qu’ils venaient de
loin. Leur fascination les a fait se trouver, se rencontrer. « Regardez !
Regardez ! » Un petit rien avait mobilisé leur
marche, avait engagé tout leur être : une étoile,
un enfant.
Jésus étant né à Bethléem
de Judée, au temps du roi Hérode, voici que
des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
en disant : « Où est le roi des Juifs
qui vient de naître? Nous avons vu, en effet, son astre à son
lever et sommes venus lui rendre hommage ». Mt
2,1-2
Dans le silence
profond de la révérence, de
l’adoration intérieure; dans le rire et l’excitation
joyeuse; et même dans les contrariétés,
les petits ennuis de la fatigue de la route du quotidien.
J’entends vos enfants qui vous appelent « Maman !
Papa ! Viens voir! Viens voir! »
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