près
la journée de travail, le retour à la maison
avec les enfants prend souvent des allures de tornades! J’ai
vu l’autre jour le petit Bernard (3 ans). Dès
que la porte de la maison s’est ouverte, il a tout de
suite laissé tomber ses jouets et s’est lancé
à toute allure dans les bras de sa maman! Quelle énergie!
Dans la famille de Maryse et élodie (7 et 9 ans), à
l’arrivée de papa ou de maman, c’est le
récit des événements de la journée
qui fuse dans tous les sens, en même temps que les disputes
à régler et les permissions à demander!
Une manière en feu d’artifice de dire : «
Je t’attendais! J’avais hâte de te voir!
Je compte sur toi! Je t’aime maman, papa!». Les
parents occupent, de façon évidente, une place
centrale dans le cœur de leurs enfants. Au-delà
les besoins pratiques, c’est aussi, en profondeur, toute
la relation qui s’exprime dans ces moments quotidiens.
La Saint-Valentin, avec ses cartes, ses bricolages, ses cadeaux
sera occasion de reformuler cette formidable affection.
Oui,
mais… Un ami disait récemment: « Il n’existe
pas de mode d’emploi pour être parent… »
Des parents me disent se sentir parfois dépassés,
pas toujours à la hauteur. « Je n’ai pas
toujours le temps ou la patience pour donner toute mon attention
à mes enfants », disait une maman de mon entourage.
Une autre ajoutait: « Je n’arrive pas toujours
à être consistante dans mes demandes! Parfois
je laisse trop aller, parfois je me fâche un peu trop…
C’est difficile d’être parents ».
Les
enfants, même les petits, même les plus débordants
d’affection, ne sont pas dupes. Sans pouvoir toujours
le verbaliser, ils se doutent bien que leurs parents ne sont
pas toujours parfaits! Ils en profitent parfois. À
d’autres moments, ils peuvent nous étonner par
leur bienveillance. À quatre ans, Nicolas disait avec
un soupir navré, un jour où il n’avait
pas ses souliers pour la garderie : « C’est maman
qui a oublié… » Une amie me racontait aussi
qu’un soir, au moment de la prière qu’elle
faisait avec lui, son garçon de 6 ans lui avait recommandé
avec assurance : « Toi aussi, maman, demande pardon
à Jésus pour t’être fâchée
très fort contre moi! » Mais jusque dans le sérieux
de certaines situations familiales fragiles voire problématiques,
aux yeux lucides de l’enfant, le parent sera très
souvent excusé. Il sera malgré tout aimé
très profondément. Il y a aussi une dimension
inconditionnelle à l’amour des enfants pour leurs
parents.
«
Je t’aime au-delà de tes limites, au-delà
de tes refus, au-delà de ma confiance parfois déçue
», pourrait dire l’enfant. Car c’est l’amour
de ses parents qui faire vivre le jeune enfant. Et certainement
que l’amour de l’enfant a quelque chose à
voir avec le « devenir-parent » des adultes.
«
Je t’aime d’un amour éternel, dit Dieu.
Au-delà de tes limites, au-delà de tes refus,
au-delà de ma confiance parfois déçue
». Notre propre enfantement d’adultes créés
à l’image et à la ressemblance de Dieu
n’est pas terminé.
Au
cœur de notre existence, dans la vérité
de nos limites à dépasser et dans le pardon
bienveillant, jusque dans les tornades du quotidien, s’entendent
les vœux joyeux et affectueux de la Saint-Valentin! Il
me semble qu’à travers la reconnaissance de l’importance
de chacun aux yeux des autres membres de sa famille, se dévoile
quelque chose de l’importance que nous avons aux yeux
de Dieu. Comme si l’amour des uns pour les autres pouvait
nous révéler, un peu plus tous les jours, l’amour
de Dieu pour chacun de nous.
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