La
joie victorieuse
Jean
souligne à l'envie la tristesse et le chagrin de
Jésus, de Marie, de Marthe et des amis de Lazare.
La maladie et la mort apportent le chagrin. La résurrection
de Lazare défait le chagrin et nous donne un avant-goût
de la joie du Royaume. Les signes et symboles du World Wide
Web promettent aussi le bonheur, la satisfaction, et la
plénitude de la vie humaine. Il y avait une publicité
en Angleterre qui disait ceci: «Le bonheur est un
cigare appelé Hamlet». Le bonheur est la bière
que vous buvez et les habits que vous portez et la voiture
que vous conduisez. Acheter une paire de Nike, c'est acheter
plus que quelque chose à mettre aux pieds. C'est
comme devenir une personne particulière, un membre
d'une communauté de gens. Le Vice Président
de Nike disait: «Nous décrivons toujours la
marque comme une personne. Alors, qui est cette personne?
Une personne avec laquelle vous aimeriez vous défouler.
Avant tout, elle doit être amusante... Ainsi, ce que
nous faisons, c'est construire une personnalité.»
(9).
Si
nous devons être florissants et visibles dans ce monde,
ce devra être parce que nous incarnons un bonheur
qui soit inexplicable et provocant. La première graine
de ma vocation a été plantée dans ma
tête par un vieux grand-oncle bénédictin
excentrique, et cela parce que c'était une des personnes
les plus joyeuses que j'aie jamais rencontrées pourvu
que ma mère se rappelât de lui donner la nuit
un grand verre de whisky. Et s'il ne voulait pas aller au
lit, elle laissait un autre verre au sommet de l'escalier
pour l'inciter à monter se coucher! Nous ne pouvons
être des prédicateurs du Royaume si nous sommes
malheureux. Nietzsche disait que ceux qui suivent Jésus
devraient avoir l'air un peu plus sauvés. Et même
en étant enfant je pouvais saisir que cette joie,
d'une façon ou d'une autre, provenait de cette déroutante
manière de vivre, pauvre, chaste et obéissante.
Ces
voeux ne signifient rien tant qu'ils ne forment en nous
des personnes capables d'offrir un goût de joie qui
transcende toutes les délices vantées par
le World Wide Web. C'est un avant-goût de la joie
du Royaume. Le bienheureux Raymond de Lulle, un franciscain
du XIIIe siècle écrivait: «Seigneur,
puisque tu as mis tellement de joie dans mon coeur, étends-là,
je te prie, à tout mon corps de sorte que mon visage
et mes yeux et ma bouche et mes mains et tous mes membres
sentent cette joie. Roi des rois, grand et noble Seigneur,
quand je me rappelle la vie éternelle, quand je la
contemple, je suis submergé de joie. La mer n'est
pas aussi remplie d'eau que je ne le suis de joie.»
L'obéissance
n'a pas de sens tant qu'elle n'est pas la joie de donner
sa vie librement. L'un de mes confrères, Jean-Jacques
Pérennès, a travaillé 12 ans en Algérie
comme économe. Un jour, il a été invité
par son Provincial à rentrer en France pour enseigner
à l'Université, à Lyon. Au début,
cela l'a plongé dans la consternation jusqu'à
ce que, soudain, il ait goûté à la joie
d'avoir donné sa vie. En Français typique,
il alla acheter une bouteille de champagne pour boire à
la liberté de ses voeux. Il était installé
à Lyon, heureux, lorsque je lui ai téléphoné
et demandé s'il voulait venir à Rome pour
être mon Assistant pour la Vie apostolique. Il a demandé
à y réfléchir un mois. J'ai suggéré
qu'il pourrait peut-être se décider en un jour.
Et une autre bouteille de champagne! Jean-Jacques est maintenant
notre Vicaire provincial du Vicariat arabe. Il m'a demandé
si je voulais passer quelque temps en Iraq pour aider à
l'établissement d'un noviciat là-bas. Bien
sûr, j'ai accepté. Une autre bouteille de champagne!
L'unique
justification possible du voeu de chasteté est qu'il
nous rend heureux. C'était au moins le point de vue
de s. Augustin (10). Il demandait: «Qui peut consciemment
embrasser quelque chose qui ne lui plaît pas?»
Quelqu'un a écrit – j'ai oublié qui
– que si Freud pensait que tout le discours sur Dieu
concerne le sexe, alors s. Augustin pensait que tout le
discours sur le sexe concerne Dieu. La chasteté est
une entrée dans la joie totale et incompréhensible
du Père dans le Fils et du Fils dans le Père,
laquelle est l'Esprit Saint. Il est vrai qu'il faut du temps
pour découvrir certains plaisirs profonds. Cela m'a
pris des années à aimer le whisky, mais maintenant
j'y tiens. Je suis toujours en train de travailler à
la chasteté.
Cette
joie était le commencement de la mission de Jésus
à son baptême, quand il a entendu la joie du
Père en lui. Maître Eckhart écrivait
que, au coeur de la vie de Dieu, il y a ce rire incoercible.
«Le Père rit au Fils et le Fils rit au Père,
et le rire engendre le plaisir et le plaisir engendre la
joie et la joie engendre l'amour.» (12) Nous sommes
destinés à trouver notre chez-soi dans ce
plaisir mutuel. La chasteté se révèle
une oppression méchante et étouffante tant
qu'elle n'est pas vécue comme le débordement
de la joie de Dieu sur tous les êtres humains. Le
voeu de chasteté devrait nous former à prendre
plaisir aux gens, le plaisir total et débordant que
le Père prend à nous, la joie qu'il a en tous
les êtres humains dans le Fils. La chasteté
est simplement une manière de prendre plaisir aux
gens. Et on n'a qu'à jeter un oeil à François
et à Dominique pour y voir une joyeuse affaire d'amour
avec la pauvreté.
Ainsi,
rendons-nous visibles par tous les moyens. Ayons des logos;
faisons du bruit dans les médias. Mais la visibilité
que nous recherchons est plus qu'un autre visage souriant
sur les affiches. C'est donner à entrevoir une joie
au-delà des mots et de l'imagination. Dans un monde
qui a perdu ses rêves, les gens peuvent entendre une
voix qui dit, même sur la croix: «Aujourd'hui,
tu seras avec moi au Paradis.» C'est une joie qui
fait paraître petits les plaisirs des produits du
World Wide Web.
L'ultime
fraternité
Jésus
crie: «Lazare, viens dehors!» Il convoque Lazare
à la vie, ce qui signifie à revenir auprès
de ses soeurs et de ses amis. Être vivant, c'est appartenir.
La mort n'est pas seulement tristesse; elle est destruction
de nos liens avec ceux auxquels nous appartenons. En tant
que religieux, nous aussi sommes frères et soeurs,
d'encore plus de personnes que Lazare! Cette appartenance
peut également être un signe du Royaume. Elle
peut parler de l'ultime fraternité de l'humanité
dans le Christ. Ici aussi nous sommes peut-être un
signe provocateur dans le World Wide Web.
Le
World Wide Web ne promet pas seulement le bonheur, ses produits
nous offrent une communauté à laquelle nous
pouvons appartenir. Acheter un hamburger McDonald, ce n'est
pas simplement acquérir quelque chose à manger,
c'est rejoindre la communauté des mangeurs de hamburgers
du monde entier; c'est partager un monde. Peter Berger dit,
en paraphrasant Freud: «Parfois, un hamburger est
juste un hamburger. Mais dans d'autres cas, la consommation
d'un hamburger, spécialement quand cela se passe
sous l'icône dorée d'un restaurant McDonald,
est un signe visible de la participation, réelle
ou imaginaire, à la modernité globale.»
(13). Burger King dirige un Club pour Enfants, avec des
sections dans 25 pays et quatre millions de membres, plus
que tous les religieux et religieuses dans le monde. Un
représentant disait: «Nous voulons capturer
les esprits et les coeurs des enfants et les garder jusqu'à
ce qu'ils aient 60 ans.» (14). Nous disons usque ad
mortem!
Et
si vous n'avez pas l'argent pour entrer dans la communion
des bienheureux, vous pouvez acheter des produits de contrefaçon:
de fausses montres Rolex, des jeans chinois avec le label
Levi's. Chacun sait bien que ce ne sont pas de vrais produits,
mais ils expriment le désir d'appartenir à
la communion de la consommation. Pour les pauvres, ce sont
des sacramentaux de leur participation imaginaire au grand
magasin eschatologique. Je trouve tout cela si fascinant
que j'ai de la peine à m'en détacher pour
revenir au sujet de la vie religieuse!
La
vie religieuse rend visible une autre sorte d'appartenance.
Notre visibilité n'est pas celle d'une nouvelle marque
sur le marché, chiens dominicains (Dominican dogs)
plutôt que chiens chauds (hot dogs). Nos voeux devraient
nous modeler en ceux qui rendent visible une autre forme
de communion, celle du Royaume. Dans l'article auquel je
me suis référé, dans Que votre joie
soit parfaite, j'ai montré comment le voeu de pauvreté
est un renoncement à la sorte d'identité que
les biens de consommation peuvent nous donner. Nous sommes
appelés à être un signe du Royaume en
abandonnant les signes du standing et de la richesse. Le
voeu de pauvreté est un signe de cette communion
de laquelle personne n'est exclu, y compris ceux qui ne
peuvent pas même se permettre des labels de contrefaçon,
les plus pauvres de tous. Nous renonçons à
ces signes-là d'appartenance.
Un
jour, un rabbin demanda à ses élèves:
«A quoi pouvez-vous reconnaître que la nuit
a pris fin et que le jour revient?» Un élève
sugggéra: «Quand vous voyez clairement qu'un
animal au loin est un lion et pas un léopard.»
«Non» dit le rabbin. Un autre dit: «Lorsque
vous pouvez distinguer si un arbre porte des figues et pas
des pêches.» «Non, dit le rabbin. C'est
quand vous pouvez regarder le visage d'une autre personne
et voir que cette femme ou cet homme est votre soeur ou
votre frère. Parce que tant que vous n'êtes
pas capables de faire cela, quelle que soit l'heure du jour,
c'est toujours la nuit.» (15).
Lazare,
le frère, sort de la tombe dans la lumière.
Il est redonné à ses soeurs. Peut-être
que le voeu d'obéissance, par-dessus tout, nous forme
en tant que personnes dont les vies annoncent un nouveau
mode d'appartenance en frères et soeurs. De fait,
c'est le seul voeu que les Dominicains professent explicitement.
C'est peut-être pourquoi les jeunes frères
plaisantent parfois sur le fait d'être dispensés
des autres: «Timothy, puis-je être dispensé
de la chasteté pendant mes vacances?» L'obéissance
est pour nous bien plus que faire ce qu'on nous demande.
C'est une formation à la fraternité. C'est
accepter que c'est avec ces frères et soeurs que
l'on découvre qui on est et qui on pourrait devenir.
C'est professer que l'on n'est pas le maître de sa
propre identité. Cela émerge de notre vie
commune.
Matisse
a fait un magnifique vitrail représentant saint Dominique
dans notre chapelle à Vence, dans le sud de la France.
Le visage de Dominique n'est pas dessiné et fait
de verre blanc. Non pas parce que c'était un personnage
incolore, mais parce qu'il était Frère Dominique.
Il n'était pas tant le fondateur, mais l'un de nous.
Il a créé une communauté non pas pour
qu'il soit imité, mais dans laquelle nous pourrions
ensemble découvrir qui nous sommes et ce que nous
pourrions faire. A ce propos, c'est parce que la fraternité
est si fondamentale que pour moi la question n'est jamais:
«Quelle est l'identité d'un frère dans
un institut clérical, comme chez les Dominicains?»
C'est plutôt: «Qu'est-ce Sue cela signifie pour
un frère d'être ordonné?»
Être
un frère obéissant, ce n'est pas encore savoir
pleinement qui vous êtes. Vous êtes liés
avec des frères et des soeurs dans le monde entier,
que vous ne connaissez pas encore et qui sont pourtant chair
de votre chair et os de vos os. Ma joie d'être Maître
de l'Ordre était que je pouvais aller dans n'importe
quelle communauté dominicaine du monde, de Tokyo
à Johannesburg, et savoir tout de suite que quelqu'un
était mon frère avant même que je connaisse
son nom. Nous ne pouvons jamais savoir pleinement qui nous
sommes du moment que nos frères et soeurs sont dispersés
dans le monde entier. Et si la congrégation est bénie
par de nouvelles vocations, elles aussi seront du voyage
vers l'identité. Nous appartenons aussi aux générations
encore à venir, qui auront leur mot à dire
sur ce que nous sommes et ce que nous pouvons faire.
C'est
pourquoi j'ai toujours fortement lutté contre la
tendance à demander aux frères, avant une
élection, s'ils accepteraient d'être supérieurs.
Ce n'est pas à moi de dire si je pense que je peux
remplir cette fonction. C'est à mes frères
de discerner. Ils me connaissent mieux que moi-même.
Devenir un supérieur, ce n'est pas faire avancer
une carrière. C'est accepter la voix de ses frères
qui disent: «Viens, Timothy.» Se remettre soi-même
dans la main des frères au moment de la profession,
c'est accepter que son identité est hors de ses propres
mains. La fraternité est une identité ouverte.
Les frères et les soeurs se disent les uns aux autres:
«Sors dans la lumière du soleil».
L'obéissance
fait plus que nous engager dans une identité en tant
que religieux, qui est au-delà de notre imagination.
C'est un petit signe qui rend visible l'inimaginable communion
qu'est le Royaume. Quand la guerre contre l'Iraq menaçait,
des membres de la Conférence des Supérieurs
Dominicains des Etats-Unis ont distribué des autocollants
qui disaient: «Nous avons de la Famille en Iraq».
Cela concernait d'abord, bien sûr, nos frères
et soeurs dominicain(e)s iraquien(ne)s. Mais cette appartenance
à l'intérieur de l'Ordre est un signe d'une
appartenance plus large qui englobe les chrétiens
et les musulmans iraquiens, chair de notre chair dans le
Royaume.
Parfois,
quand Helder Camara entendait que la police avait arrêté
et jeté en prison un pauvre homme, il téléphonait
et disait: «J'ai appris que vous avez arrêté
mon frère.» Et la police se confondait en excuses:
«Votre Excellence, quelle terrible erreur! Nous ne
savions pas que c'était votre frère. On va
le relâcher tout de suite!» Et quand l'archevêque
se rendait au poste de police pour récupérer
l'homme, il arrivait à la police de dire: «Mais,
Excellence, il ne porte pas le même nom de famille
que vous.» Et Camara répliquait que chaque
personne pauvre était son frère et sa soeur.
Ainsi, l'identité ouverte du voeu d'obéissance
est un signe de ce voyage vers la connaissance de soi que
nous faisons avec des étrangers sur le chemin du
Royaume. Cela signifie que nous ne savons pas qui nous sommes
sans les pauvres et les sans-noms et les silencieux. Rowan
Williams, l'archevêque de Cantorbéry, écrivait:
«Ce n' est pas les uns sans les autres que nous avançons
vers le Royaume; c'est pourquoi l'histoire chrétienne
doit être l'histoire d'engagements continus et exigeants
avec des étrangers, en abandonnant le droit de décider
qui ils sont. Aucun de nous ne saura qui il est sans autrui
– ce qui peut vouloir dire que nous ne saurons pas
qui nous sommes avant le Jugement Dernier.»
Et
si l'obéissance est plus que faire ce qu'on nous
dit, de même la chasteté est plus que ne pas
dormir avec d'autres personnes. Ce n'est rien si cela ne
rend pas visible un amour qui est au-delà des liens
familiaux, sociaux, ethniques, nationaux etc., ce qui est
la vie du Royaume. Comme Augustin le comprenait si bien,
la chasteté est la libération du désir
de toute libido dominandi, la tentation de nous faire nous-même
Dieu, et de gouverner et posséder d'autres personnes.
Comme l'écrivait Sebastian Moore, «la concupiscence,
donc, n'est pas la passion sexuelle échappant au
contrôle de la volonté, mais la passion sexuelle
comme camouflage de la volonté d'être Dieu.»16
Dans un monde où le pouvoir stupide et brutal est
devenu horriblement visible, le voeu de chasteté
doit donc rendre visible le désir libéré
de toute domination et supériorité.
Viens, dehors!
Jésus
crie à voix forte: «Lazare, viens dehors!»
C'est l'appel qu'il adresse à tout être humain.
Nous sommes appelés hors de la non-existence par
nos noms. Nous sommes appelés hors de l'enfance à
la maturité, hors du péché au pardon,
hors des ténèbres à la lumière.
J'ai suggéré que notre vocation, en tant que
religieux, est de rendre visible la vocation humaine. Nos
voeux nous mettent à nu, nous déshabillent
de toute autre identité moindre basée sur
la richesse ou le statut social ou la carrière ou
même le mariage. Nous dévoilons une identité
qui n'est rien de plus que répondre à la voix
qui dit: «Viens.»
Pour
certaines congrégations, c'est un temps de crise
et de dépression. Beaucoup de communautés
sont vieillissantes et manquent de vocations. Et alors,
nous pouvons être déprimés et croire
que nous ne sommes plus capables d'être signe de quoi
que ce soit à part l'échec. Mais l'histoire
de Lazare nous montre que le pouvoir de Dieu n'est pas une
force puissante qui s'impose d'elle-même. Il est à
voir dans un homme faible et vulnérable, livré
à la mort. Ses signes parlent puissamment à
cause de ce qu' ils signifient. Et nos vies peuvent parler
puissamment du Royaume, même si nous nous sentons
vieux et faibles et peu nombreux. Ils peuvent même
parler encore plus puissamment à cause de ces raisons-là.
Nous pouvons être de meilleurs signes à cause
de notre faiblesse.
Notre
village global offre un monde qui, je crois, est réceptif
aux signes. C'est une occasion formidable pour l'église
et pour nous, si nous en avons la créativité
et l'imagination. Dans ce World Wide Web, les gens ont faim
de bonheur et d'appartenance. Nous pouvons rendre visibles
un bonheur et une appartenance qui sont au-delà des
mots, mais qui peuvent répondre aux plus profonds
désirs des gens. Quand le linceul a été
retiré du visage de Lazare, pensez à la joie
qui s'est donnée à voir. 
1. Sean D Sammon FMS, Religious Life in America: a new day
dawning, New York 2002, p. 43.
2. The Gospel according to John Vol I, London 1971, p. 425.
3. Hope CTS London 1987, p. 24f.
4. En anglais, il y a une rime entre «tombe» (=
tomb) et «sein maternel» (= womb).
5. «La vocation religieuse aujourd'hui. Laisser derrière
soi les signes habituels d'identité», Que Votre
joie soit parfaite, Le Cerf Paris 2002 pp.119—140.
6. Discours adressé à Thalassius, Quaestio 63.
7. Scott Lash and John Urry, Economies of Signs and Space,
London 1994 p. 222
8. Tiflcin 117.
9. «In the vanguard of Globalization», James D.
Hunter and Joshua Yates, ibid, p. 351.
10. V. Boume Joy in Augustine's Ethics p.
11. De Doctrina Christiana III
12. Sermon 18, in F. Pfeiffer, Aalen 1962, quoted in Murray,
op.cit. p. 132
13. Ed. Peter L. Berger and Samuel P. Huntingdom Many Globalizations:
Cultural Diversity in the Contemporary World, Oxford 2002
p. 7.
14. Jeremy Rifkin, op. cit. p. 110.
15. Sean Sammon op cit. p. 95.
16. Op.cit 105. (Source
: Revue SOURCES. Janv-fév. 2004. No 1, XXX, pp. 3-19)
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