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De Rome et d'ailleurs, les textes qui font l'actualité.

Responsable du dossier : Yves Bériault, o.p.

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Février 2004

« Lazare, viens dehors! »

Timothy Radcliffe, o.p.

La joie victorieuse

Jean souligne à l'envie la tristesse et le chagrin de Jésus, de Marie, de Marthe et des amis de Lazare. La maladie et la mort apportent le chagrin. La résurrection de Lazare défait le chagrin et nous donne un avant-goût de la joie du Royaume. Les signes et symboles du World Wide Web promettent aussi le bonheur, la satisfaction, et la plénitude de la vie humaine. Il y avait une publicité en Angleterre qui disait ceci: «Le bonheur est un cigare appelé Hamlet». Le bonheur est la bière que vous buvez et les habits que vous portez et la voiture que vous conduisez. Acheter une paire de Nike, c'est acheter plus que quelque chose à mettre aux pieds. C'est comme devenir une personne particulière, un membre d'une communauté de gens. Le Vice Président de Nike disait: «Nous décrivons toujours la marque comme une personne. Alors, qui est cette personne? Une personne avec laquelle vous aimeriez vous défouler. Avant tout, elle doit être amusante... Ainsi, ce que nous faisons, c'est construire une personnalité.» (9).

Si nous devons être florissants et visibles dans ce monde, ce devra être parce que nous incarnons un bonheur qui soit inexplicable et provocant. La première graine de ma vocation a été plantée dans ma tête par un vieux grand-oncle bénédictin excentrique, et cela parce que c'était une des personnes les plus joyeuses que j'aie jamais rencontrées pourvu que ma mère se rappelât de lui donner la nuit un grand verre de whisky. Et s'il ne voulait pas aller au lit, elle laissait un autre verre au sommet de l'escalier pour l'inciter à monter se coucher! Nous ne pouvons être des prédicateurs du Royaume si nous sommes malheureux. Nietzsche disait que ceux qui suivent Jésus devraient avoir l'air un peu plus sauvés. Et même en étant enfant je pouvais saisir que cette joie, d'une façon ou d'une autre, provenait de cette déroutante manière de vivre, pauvre, chaste et obéissante.

Ces voeux ne signifient rien tant qu'ils ne forment en nous des personnes capables d'offrir un goût de joie qui transcende toutes les délices vantées par le World Wide Web. C'est un avant-goût de la joie du Royaume. Le bienheureux Raymond de Lulle, un franciscain du XIIIe siècle écrivait: «Seigneur, puisque tu as mis tellement de joie dans mon coeur, étends-là, je te prie, à tout mon corps de sorte que mon visage et mes yeux et ma bouche et mes mains et tous mes membres sentent cette joie. Roi des rois, grand et noble Seigneur, quand je me rappelle la vie éternelle, quand je la contemple, je suis submergé de joie. La mer n'est pas aussi remplie d'eau que je ne le suis de joie.»

L'obéissance n'a pas de sens tant qu'elle n'est pas la joie de donner sa vie librement. L'un de mes confrères, Jean-Jacques Pérennès, a travaillé 12 ans en Algérie comme économe. Un jour, il a été invité par son Provincial à rentrer en France pour enseigner à l'Université, à Lyon. Au début, cela l'a plongé dans la consternation jusqu'à ce que, soudain, il ait goûté à la joie d'avoir donné sa vie. En Français typique, il alla acheter une bouteille de champagne pour boire à la liberté de ses voeux. Il était installé à Lyon, heureux, lorsque je lui ai téléphoné et demandé s'il voulait venir à Rome pour être mon Assistant pour la Vie apostolique. Il a demandé à y réfléchir un mois. J'ai suggéré qu'il pourrait peut-être se décider en un jour. Et une autre bouteille de champagne! Jean-Jacques est maintenant notre Vicaire provincial du Vicariat arabe. Il m'a demandé si je voulais passer quelque temps en Iraq pour aider à l'établissement d'un noviciat là-bas. Bien sûr, j'ai accepté. Une autre bouteille de champagne!

L'unique justification possible du voeu de chasteté est qu'il nous rend heureux. C'était au moins le point de vue de s. Augustin (10). Il demandait: «Qui peut consciemment embrasser quelque chose qui ne lui plaît pas?» Quelqu'un a écrit – j'ai oublié qui – que si Freud pensait que tout le discours sur Dieu concerne le sexe, alors s. Augustin pensait que tout le discours sur le sexe concerne Dieu. La chasteté est une entrée dans la joie totale et incompréhensible du Père dans le Fils et du Fils dans le Père, laquelle est l'Esprit Saint. Il est vrai qu'il faut du temps pour découvrir certains plaisirs profonds. Cela m'a pris des années à aimer le whisky, mais maintenant j'y tiens. Je suis toujours en train de travailler à la chasteté.

Cette joie était le commencement de la mission de Jésus à son baptême, quand il a entendu la joie du Père en lui. Maître Eckhart écrivait que, au coeur de la vie de Dieu, il y a ce rire incoercible. «Le Père rit au Fils et le Fils rit au Père, et le rire engendre le plaisir et le plaisir engendre la joie et la joie engendre l'amour.» (12) Nous sommes destinés à trouver notre chez-soi dans ce plaisir mutuel. La chasteté se révèle une oppression méchante et étouffante tant qu'elle n'est pas vécue comme le débordement de la joie de Dieu sur tous les êtres humains. Le voeu de chasteté devrait nous former à prendre plaisir aux gens, le plaisir total et débordant que le Père prend à nous, la joie qu'il a en tous les êtres humains dans le Fils. La chasteté est simplement une manière de prendre plaisir aux gens. Et on n'a qu'à jeter un oeil à François et à Dominique pour y voir une joyeuse affaire d'amour avec la pauvreté.

Ainsi, rendons-nous visibles par tous les moyens. Ayons des logos; faisons du bruit dans les médias. Mais la visibilité que nous recherchons est plus qu'un autre visage souriant sur les affiches. C'est donner à entrevoir une joie au-delà des mots et de l'imagination. Dans un monde qui a perdu ses rêves, les gens peuvent entendre une voix qui dit, même sur la croix: «Aujourd'hui, tu seras avec moi au Paradis.» C'est une joie qui fait paraître petits les plaisirs des produits du World Wide Web.

L'ultime fraternité

Jésus crie: «Lazare, viens dehors!» Il convoque Lazare à la vie, ce qui signifie à revenir auprès de ses soeurs et de ses amis. Être vivant, c'est appartenir. La mort n'est pas seulement tristesse; elle est destruction de nos liens avec ceux auxquels nous appartenons. En tant que religieux, nous aussi sommes frères et soeurs, d'encore plus de personnes que Lazare! Cette appartenance peut également être un signe du Royaume. Elle peut parler de l'ultime fraternité de l'humanité dans le Christ. Ici aussi nous sommes peut-être un signe provocateur dans le World Wide Web.

Le World Wide Web ne promet pas seulement le bonheur, ses produits nous offrent une communauté à laquelle nous pouvons appartenir. Acheter un hamburger McDonald, ce n'est pas simplement acquérir quelque chose à manger, c'est rejoindre la communauté des mangeurs de hamburgers du monde entier; c'est partager un monde. Peter Berger dit, en paraphrasant Freud: «Parfois, un hamburger est juste un hamburger. Mais dans d'autres cas, la consommation d'un hamburger, spécialement quand cela se passe sous l'icône dorée d'un restaurant McDonald, est un signe visible de la participation, réelle ou imaginaire, à la modernité globale.» (13). Burger King dirige un Club pour Enfants, avec des sections dans 25 pays et quatre millions de membres, plus que tous les religieux et religieuses dans le monde. Un représentant disait: «Nous voulons capturer les esprits et les coeurs des enfants et les garder jusqu'à ce qu'ils aient 60 ans.» (14). Nous disons usque ad mortem!

Et si vous n'avez pas l'argent pour entrer dans la communion des bienheureux, vous pouvez acheter des produits de contrefaçon: de fausses montres Rolex, des jeans chinois avec le label Levi's. Chacun sait bien que ce ne sont pas de vrais produits, mais ils expriment le désir d'appartenir à la communion de la consommation. Pour les pauvres, ce sont des sacramentaux de leur participation imaginaire au grand magasin eschatologique. Je trouve tout cela si fascinant que j'ai de la peine à m'en détacher pour revenir au sujet de la vie religieuse!

La vie religieuse rend visible une autre sorte d'appartenance. Notre visibilité n'est pas celle d'une nouvelle marque sur le marché, chiens dominicains (Dominican dogs) plutôt que chiens chauds (hot dogs). Nos voeux devraient nous modeler en ceux qui rendent visible une autre forme de communion, celle du Royaume. Dans l'article auquel je me suis référé, dans Que votre joie soit parfaite, j'ai montré comment le voeu de pauvreté est un renoncement à la sorte d'identité que les biens de consommation peuvent nous donner. Nous sommes appelés à être un signe du Royaume en abandonnant les signes du standing et de la richesse. Le voeu de pauvreté est un signe de cette communion de laquelle personne n'est exclu, y compris ceux qui ne peuvent pas même se permettre des labels de contrefaçon, les plus pauvres de tous. Nous renonçons à ces signes-là d'appartenance.

Un jour, un rabbin demanda à ses élèves: «A quoi pouvez-vous reconnaître que la nuit a pris fin et que le jour revient?» Un élève sugggéra: «Quand vous voyez clairement qu'un animal au loin est un lion et pas un léopard.» «Non» dit le rabbin. Un autre dit: «Lorsque vous pouvez distinguer si un arbre porte des figues et pas des pêches.» «Non, dit le rabbin. C'est quand vous pouvez regarder le visage d'une autre personne et voir que cette femme ou cet homme est votre soeur ou votre frère. Parce que tant que vous n'êtes pas capables de faire cela, quelle que soit l'heure du jour, c'est toujours la nuit.» (15).

Lazare, le frère, sort de la tombe dans la lumière. Il est redonné à ses soeurs. Peut-être que le voeu d'obéissance, par-dessus tout, nous forme en tant que personnes dont les vies annoncent un nouveau mode d'appartenance en frères et soeurs. De fait, c'est le seul voeu que les Dominicains professent explicitement. C'est peut-être pourquoi les jeunes frères plaisantent parfois sur le fait d'être dispensés des autres: «Timothy, puis-je être dispensé de la chasteté pendant mes vacances?» L'obéissance est pour nous bien plus que faire ce qu'on nous demande. C'est une formation à la fraternité. C'est accepter que c'est avec ces frères et soeurs que l'on découvre qui on est et qui on pourrait devenir. C'est professer que l'on n'est pas le maître de sa propre identité. Cela émerge de notre vie commune.

Matisse a fait un magnifique vitrail représentant saint Dominique dans notre chapelle à Vence, dans le sud de la France. Le visage de Dominique n'est pas dessiné et fait de verre blanc. Non pas parce que c'était un personnage incolore, mais parce qu'il était Frère Dominique. Il n'était pas tant le fondateur, mais l'un de nous. Il a créé une communauté non pas pour qu'il soit imité, mais dans laquelle nous pourrions ensemble découvrir qui nous sommes et ce que nous pourrions faire. A ce propos, c'est parce que la fraternité est si fondamentale que pour moi la question n'est jamais: «Quelle est l'identité d'un frère dans un institut clérical, comme chez les Dominicains?» C'est plutôt: «Qu'est-ce Sue cela signifie pour un frère d'être ordonné?»

Être un frère obéissant, ce n'est pas encore savoir pleinement qui vous êtes. Vous êtes liés avec des frères et des soeurs dans le monde entier, que vous ne connaissez pas encore et qui sont pourtant chair de votre chair et os de vos os. Ma joie d'être Maître de l'Ordre était que je pouvais aller dans n'importe quelle communauté dominicaine du monde, de Tokyo à Johannesburg, et savoir tout de suite que quelqu'un était mon frère avant même que je connaisse son nom. Nous ne pouvons jamais savoir pleinement qui nous sommes du moment que nos frères et soeurs sont dispersés dans le monde entier. Et si la congrégation est bénie par de nouvelles vocations, elles aussi seront du voyage vers l'identité. Nous appartenons aussi aux générations encore à venir, qui auront leur mot à dire sur ce que nous sommes et ce que nous pouvons faire.

C'est pourquoi j'ai toujours fortement lutté contre la tendance à demander aux frères, avant une élection, s'ils accepteraient d'être supérieurs. Ce n'est pas à moi de dire si je pense que je peux remplir cette fonction. C'est à mes frères de discerner. Ils me connaissent mieux que moi-même. Devenir un supérieur, ce n'est pas faire avancer une carrière. C'est accepter la voix de ses frères qui disent: «Viens, Timothy.» Se remettre soi-même dans la main des frères au moment de la profession, c'est accepter que son identité est hors de ses propres mains. La fraternité est une identité ouverte. Les frères et les soeurs se disent les uns aux autres: «Sors dans la lumière du soleil».

L'obéissance fait plus que nous engager dans une identité en tant que religieux, qui est au-delà de notre imagination. C'est un petit signe qui rend visible l'inimaginable communion qu'est le Royaume. Quand la guerre contre l'Iraq menaçait, des membres de la Conférence des Supérieurs Dominicains des Etats-Unis ont distribué des autocollants qui disaient: «Nous avons de la Famille en Iraq». Cela concernait d'abord, bien sûr, nos frères et soeurs dominicain(e)s iraquien(ne)s. Mais cette appartenance à l'intérieur de l'Ordre est un signe d'une appartenance plus large qui englobe les chrétiens et les musulmans iraquiens, chair de notre chair dans le Royaume.

Parfois, quand Helder Camara entendait que la police avait arrêté et jeté en prison un pauvre homme, il téléphonait et disait: «J'ai appris que vous avez arrêté mon frère.» Et la police se confondait en excuses: «Votre Excellence, quelle terrible erreur! Nous ne savions pas que c'était votre frère. On va le relâcher tout de suite!» Et quand l'archevêque se rendait au poste de police pour récupérer l'homme, il arrivait à la police de dire: «Mais, Excellence, il ne porte pas le même nom de famille que vous.» Et Camara répliquait que chaque personne pauvre était son frère et sa soeur.

Ainsi, l'identité ouverte du voeu d'obéissance est un signe de ce voyage vers la connaissance de soi que nous faisons avec des étrangers sur le chemin du Royaume. Cela signifie que nous ne savons pas qui nous sommes sans les pauvres et les sans-noms et les silencieux. Rowan Williams, l'archevêque de Cantorbéry, écrivait: «Ce n' est pas les uns sans les autres que nous avançons vers le Royaume; c'est pourquoi l'histoire chrétienne doit être l'histoire d'engagements continus et exigeants avec des étrangers, en abandonnant le droit de décider qui ils sont. Aucun de nous ne saura qui il est sans autrui – ce qui peut vouloir dire que nous ne saurons pas qui nous sommes avant le Jugement Dernier.»

Et si l'obéissance est plus que faire ce qu'on nous dit, de même la chasteté est plus que ne pas dormir avec d'autres personnes. Ce n'est rien si cela ne rend pas visible un amour qui est au-delà des liens familiaux, sociaux, ethniques, nationaux etc., ce qui est la vie du Royaume. Comme Augustin le comprenait si bien, la chasteté est la libération du désir de toute libido dominandi, la tentation de nous faire nous-même Dieu, et de gouverner et posséder d'autres personnes. Comme l'écrivait Sebastian Moore, «la concupiscence, donc, n'est pas la passion sexuelle échappant au contrôle de la volonté, mais la passion sexuelle comme camouflage de la volonté d'être Dieu.»16 Dans un monde où le pouvoir stupide et brutal est devenu horriblement visible, le voeu de chasteté doit donc rendre visible le désir libéré de toute domination et supériorité.

Viens, dehors!

Jésus crie à voix forte: «Lazare, viens dehors!» C'est l'appel qu'il adresse à tout être humain. Nous sommes appelés hors de la non-existence par nos noms. Nous sommes appelés hors de l'enfance à la maturité, hors du péché au pardon, hors des ténèbres à la lumière. J'ai suggéré que notre vocation, en tant que religieux, est de rendre visible la vocation humaine. Nos voeux nous mettent à nu, nous déshabillent de toute autre identité moindre basée sur la richesse ou le statut social ou la carrière ou même le mariage. Nous dévoilons une identité qui n'est rien de plus que répondre à la voix qui dit: «Viens.»

Pour certaines congrégations, c'est un temps de crise et de dépression. Beaucoup de communautés sont vieillissantes et manquent de vocations. Et alors, nous pouvons être déprimés et croire que nous ne sommes plus capables d'être signe de quoi que ce soit à part l'échec. Mais l'histoire de Lazare nous montre que le pouvoir de Dieu n'est pas une force puissante qui s'impose d'elle-même. Il est à voir dans un homme faible et vulnérable, livré à la mort. Ses signes parlent puissamment à cause de ce qu' ils signifient. Et nos vies peuvent parler puissamment du Royaume, même si nous nous sentons vieux et faibles et peu nombreux. Ils peuvent même parler encore plus puissamment à cause de ces raisons-là. Nous pouvons être de meilleurs signes à cause de notre faiblesse.

Notre village global offre un monde qui, je crois, est réceptif aux signes. C'est une occasion formidable pour l'église et pour nous, si nous en avons la créativité et l'imagination. Dans ce World Wide Web, les gens ont faim de bonheur et d'appartenance. Nous pouvons rendre visibles un bonheur et une appartenance qui sont au-delà des mots, mais qui peuvent répondre aux plus profonds désirs des gens. Quand le linceul a été retiré du visage de Lazare, pensez à la joie qui s'est donnée à voir. fin



1. Sean D Sammon FMS, Religious Life in America: a new day dawning, New York 2002, p. 43.
2. The Gospel according to John Vol I, London 1971, p. 425.
3. Hope CTS London 1987, p. 24f.
4. En anglais, il y a une rime entre «tombe» (= tomb) et «sein maternel» (= womb).
5. «La vocation religieuse aujourd'hui. Laisser derrière soi les signes habituels d'identité», Que Votre joie soit parfaite, Le Cerf Paris 2002 pp.119—140.
6. Discours adressé à Thalassius, Quaestio 63.
7. Scott Lash and John Urry, Economies of Signs and Space, London 1994 p. 222
8. Tiflcin 117.
9. «In the vanguard of Globalization», James D. Hunter and Joshua Yates, ibid, p. 351.
10. V. Boume Joy in Augustine's Ethics p.
11. De Doctrina Christiana III
12. Sermon 18, in F. Pfeiffer, Aalen 1962, quoted in Murray, op.cit. p. 132
13. Ed. Peter L. Berger and Samuel P. Huntingdom Many Globalizations: Cultural Diversity in the Contemporary World, Oxford 2002 p. 7.
14. Jeremy Rifkin, op. cit. p. 110.
15. Sean Sammon op cit. p. 95.
16. Op.cit 105.

(Source : Revue SOURCES. Janv-fév. 2004. No 1, XXX, pp. 3-19)

 

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