rier
! Toujours prier ! Une préoccupation de beaucoup
de chrétiens et de chrétiennes depuis
que Jésus en a fait la demande, parabole à
l’appui (cf. Luc 18, 1-8) ! Les lettres de Paul
fourmillent de témoignages de sa constante
prière et d’exhortations à prier
sans cesse (cf. 1 Thessaloniciens 5, 17).
À
travers les siècles, on a pris au sérieux
cette invitation. On a inventé mille formes
de prière pour y correspondre. On a même
institué des manières de vivre ensemble
où la prière tient la première
place. La vie monastique en est sans doute l’exemple
le plus frappant.
Prier
sans cesse pour être sans cesse en présence
de Dieu. Prier sans cesse pour garder la communion
et agir en harmonie, en lien avec le Seigneur. La
prière crée et soutient la relation
à Dieu. Elle est une des voies d’accès
au mystère de Dieu.
UN
AUTRE REGARD
La prière donne aussi un regard différent
sur les êtres et les événements.
À travers elle, l’Esprit projette sa
lumière sur le quotidien. Il en révèle
le sens. Dans la prière, nous nous approprions
le regard de Dieu sur toute chose. Prier, c’est
souvent raconter à Dieu ce que nous vivons.
Et laisser Dieu nous raconter ce qu’il vit avec
nous.
Pas
surprenant que nous fabriquions des temps de prière
pour diverses circonstances. Il s’agit moins
de bénir le quotidien que de reconnaître
que Dieu l’a déjà béni.
Reconnaître qu’il en fait un lieu de rencontre
avec nous, un lieu de salut. Reconnaître que
telle situation, tel événement, telle
circonstance peut être un temps de grâce,
c’est-à-dire un temps où Dieu
exprime son amour en toute gratuité, gracieusement
!
Nous
pouvons donc prier à l’occasion des repas,
des réunions, des sessions, des départs
et des arrivées, avant d’étudier
ou de se lancer dans un projet. Nous pouvons prier
quand la vie est belle et quand elle l’est moins,
quand nous traversons un moment pénible ou
qu’il nous arrive une bonne nouvelle. Nous pouvons
prier à la jointure du jour et de la nuit,
comme au milieu de la journée ou en pleine
nuit.
LA
VIE DANS UN BON CADRE
Tout peut être prétexte à la prière.
Pré-texte ou post-face, selon les situations
! La prière peut introduire ou conclure. Elle
encadre la vie. Comme les bons cadres, elle donne
du relief à l’œuvre d’art
que nous sommes en train de peindre au quotidien.
Et finalement, elle fait reconnaître Dieu au
cœur du tableau. L’essentiel est là.
La
liturgie des Heures est née pour remplir cette
fonction. Elle dure à travers les siècles
sans changer d’objectif. Les psaumes nous offrent
150 situations diverses pour diverses circonstances
ou divers états d’âme. Cent cinquante,
et probablement bien davantage, car l’un ou
l’autre psaume peut très bien refléter
plusieurs situations. La Parole de Dieu, les hymnes,
les intercessions offrent, elles aussi, de quoi favoriser
la prière aux différentes haltes de
nos journées.
Bref, la prière fait les cent pas devant notre
château intérieur, comme la sentinelle
qui guette le Visiteur. Jour après jour, elle
peut le reconnaître, lui souhaiter la bienvenue
et l’introduire au plus intime de nous-mêmes.

Cet
article est tiré de la revue Célébrer
les Heures. On peut en savoir davantage sur
cette revue en écrivant à Célébrer
les Heures, 2715, chemin de la Côte-Sainte-Catherine,
Montréal (Québec) H3T 1B6, Canada.
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