Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

Mystère de la Trinité conjugale

Imprimer Par Caroline Pinet

Quand on s’intéresse au développement de l’enfant, on réalise que ce dernier part de lui-même, puis de tout ce qui l’entoure pour se tourner  graduellement vers les autres de plus en plus afin de prendre sa place au sein de la société. Il s’agit d’un élargissement circulaire qui part du plus petit pour aller vers un rayonnement de plus en plus large autour de soi.  Curieuse période s’il en est, cette ascension, aujourd’hui, exécute un retour à soi presque forcé en plein vol. Coup dur pour la spiritualité également puisque Dieu passe par le prochain. 

            Sale temps pour la communauté, pour la collectivité.

 Notre société technologique tend à nous ouvrir des espaces sur le monde qui nous incite à nous refermer dans notre bulle. N’avons-nous pas tout ce que nous souhaitons à un clic du doigt ? Le confinement ne résout rien à l’affaire. Pour certain, le télétravail s’est imposé. Brisons là les poignées de main, les embrassades. Gardons nos distances. Nous sommes condamnés à l’autosuffisance.

Loin de moi de vouloir nier la nécessité des gestes barrières ! Cependant, nous constatons tous, les changements qu’apporte cette nouvelle réalité dans la société. Une jeune collègue me confie combien tout change et combien même sa relation de couple s’en voit transformée. Le fait de devoir passer tant de temps chez soi devant un écran, sans collègue et peu de contact avec autrui, nous plonge dans un isolement presque addictif. Une sorte de syndrome de Stockholm vis-à-vis des écrans. « Cela devient, dit-elle avec justesse, un confinement dans le confinement et à l’intérieur de soi-même car on n’arrive plus à se couper de ces machines et se tourner vers l’autre demande plus d’effort. »

Elle me raconte que la communication s’en voit transformée avec son époux. Alors qu’il n’y a pas si longtemps ils adoraient discuter autour d’un bon repas et se retrouver ensemble pour tout se raconter, maintenant, il y a peu à se dire… Entre le salon et la cuisine, un petit couloir non achalandé. On a vite fait de faire le tour de ce qu’on a vécu dans la journée ! Mais, il y a pire pour elle : ne plus avoir envie que l’autre ait droit de regard sur soi. Son mari s’enferme dans sa bulle, n’est pas présent, même quand il est à côté d’elle, et si elle le lui fait remarquer, il lui signifie qu’il peut bien faire ce qu’il veut !

Le mariage est un engagement aussi mystérieux que la Trinité, nous sommes à la fois deux êtres distincts mais formons au plan biblique une seule chair… Et parfois nous donnons vie à cet amour en la présence d’un enfant qui est à la fois l’un et l’autre tout en étant bien lui-même… Le mariage se vit sainement quand chacun de ses membres peut s’épanouir et être lui-même. Et pourtant, les deux ne font qu’un, réuni en l’amour.

Comment résoudre ces impasses où le dialogue semble tourner court, où l’un semble s’extraire de cette union tout en y restant ? Dans les déserts, dans les épreuves, chaque membre du couple doit s’engager pleinement à les traverser. En toute chose, se référer à l’amour. Réfléchir ensemble au sens de ce qui se vit et s’interroger si à la lumière de l’amour nos agissements se fondent en lui ou ressortent comme une tache sur un tapis. Parfois, il nous faut revenir à la source, nommée Dieu pour nous chrétiens et qui n’est que l’autre nom pour l’amour. L’amour n’existe qu’à travers les autres…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nous deux

Les autres chroniques du mois