Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 27e Dimanche (A)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 33-43

En ce temps-là,
Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
    « Écoutez cette parabole :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne,
l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
    Quand arriva le temps des fruits,
il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
pour se faire remettre le produit de sa vigne.
    Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un,
tuèrent l’autre,
lapidèrent le troisième.
    De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
plus nombreux que les premiers ;
mais on les traita de la même façon.
    Finalement, il leur envoya son fils,
en se disant :
‘Ils respecteront mon fils.’
    Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
‘Voici l’héritier :
venez ! tuons-le,
nous aurons son héritage !’
    Ils se saisirent de lui,
le jetèrent hors de la vigne
et le tuèrent.
    Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
que fera-t-il à ces vignerons ? »
    On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Il louera la vigne à d’autres vignerons,
qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
    Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !

    Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »

Sauver la récolte!

La parabole d’aujourd’hui, même si elle est adressée par Jésus aux chefs des prêtres et aux pharisiens, raconte un peu nos histoires et notre expérience spirituelle, individuelle ou collective, en Église ou autrement. Nous sommes tous, encore et toujours, concernés par cet enseignement. Il est facile de nous y reconnaître.

Dieu nous a préparé de belles choses. Il nous a établis dans son jardin de liberté et d’amour. Il nous a confié ce qu’il a de plus précieux, sa Vigne, son  projet d’amour et de communion, son Royaume, son Peuple, son Église : lieu de paix, d’unité et de partage. Il veut que nous en prenions la responsabilité, que nous produisions des fruits. Nous en sommes capables avec lui, grâce à lui.

Malheureusement la beauté et les merveilleuses ressources de la Vigne nous tournent la tête. Nous en faisons notre affaire. Nous n’aimons pas rendre des comptes. Nous sommes malheureusement d’habiles et avides profiteurs, nous comportant souvent comme les  propriétaires d’une réalité qui ne nous appartient pas. Nous compromettons ainsi la récolte. L’orgueil est toujours dévastateur. À force de résister aux appels du Seigneur, nous le décevons et nous nous faisons à nous-mêmes beaucoup de mal.

Dieu pourtant ne se résigne pas à nous voir aller ainsi loin de lui. Il n’abandonne pas sa Vigne. Il fait jusqu’à l’impossible pour nous tirer du malheur où nous nous sommes placés par notre faute. Il nous envoie des prophètes pour nous avertir et nous convertir.

Dieu a toujours voulu sauver son ouvrage et nous tirer de la révolte et de l’égoïsme où trop souvent nous nous enfermons. La vengeance et la punition, ce n’est pas ce qui intéresse notre Dieu. Il est fidèle à son amour de toujours. Sur ce chemin, il va jusqu’au bout… Il nous livre tout de lui-même, jusqu’à son propre fils. 

C’est ainsi que la venue du Christ en notre monde, par-delà le rejet et la mort dont il est la victime, tourne à la victoire pascale. Par ce grand mystère nous avons une entrée dans la vie nouvelle, dans le monde nouveau du Royaume. Quel étonnant mystère! Quelle merveille! Oserons-nous entrer par cette porte désormais ouverte pour toute l’humanité? Oserons-nous profiter de ce renversement de situation qui fait de nos péchés le lieu désormais « béni » par où la grâce surabonde?

  Tout n’est jamais fini avec Dieu, tellement son amour de Père est fort, tellement il veut prendre appui sur le plus petit signe de notre conversion, de notre bonne volonté, pour faire advenir la paix et la joie. Notre communion et notre paix sont à jamais bâties sur du solide, sur une pierre d’angle, qui est le Fils ressuscité. Et la Vigne magnifique, c’est nous avec lui, lui avec nous.

Célébrons donc en cette eucharistie dominicale le mystère de tant d’amour… où loin de se lasser, de se décourager, notre grand Dieu, Sauveur et Père, nous donne en Jésus le témoignage le plus grand de sa patience et de sa bonté à notre égard. Rendons-lui grâce pour tant de merveilles!

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