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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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Les pirouettes de Monsieur Trump !

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Les pirouettes de Monsieur Trump!

            Le sujet de l’automne, chez nous, c’est l’élection américaine du 3 novembre. Malgré qu’il s’agisse d’un autre pays que le nôtre, nous, au Québec et au Canada, nous sommes aussi concernés. Ce n’est pas croyable toutes ces fois qu’on en a parlé, de Monsieur Trump et de ses frasques médiatiques, de ses prises de position imprévisibles et improbables. L’allure désinvolte du personnage nous étonne encore. Son élection de 2016 fut une surprise bien mal acceptée, qui encore nous choque. C’était l’aboutissement de manœuvres gagnantes que l’homme d’affaire produisait à l’encontre d’un parti plus populaire que le sien dans les grandes villes mais moins habile à anticiper ce qui allait se passer avec le vote pondéré des grands électeurs.

            Devant l’allure chaotique de la gouvernance actuelle à Washington, à vrai dire depuis janvier 2017, nous comptons les jours qui nous séparent de l’évènement attendu de la chute du président. « Anybody but Trump! »,  c’est ce que suggèrent évidemment les connaisseurs et commentateurs politiques. Mais les jeux ne sont pas faits encore. Peut-être que nous aurons bientôt la surprise de voir notre Donald se faire élire pour un second mandat.

            Il va encore nous surprendre cet homme qui est plus habile qu’il en a l’air. Il joue avec son image. Il donne sans cesse dans la confrontation et il s’invite à toutes les tribunes du pays. Il est le roi médiatique par excellence. « Parlez-en! Parlez-en en bien ou en mal, mais parlez-en! »  Voilà sa stratégie! Voilà ce qui l’arrange, même s’il doit provoquer les gens, forcer la mesure, aller à l’encontre du bons sens, affirmer une chose et son contraire. On pourra dire qu’il a fait tous les virages idéologiques possibles. Il change d’idée comme on change de chemise. Il a l’intelligence innée du jeu politique. Il arrive à séduire. Quitte à faire toutes les pirouettes oratoires nécessaires.

            La question du droit à l’avortement, âprement discutée aux États-Unis depuis longtemps, devient un enjeu majeur dans la présente campagne électorale. Notre fougueux président républicain se fait un plaisir de s’en servir. Il sait que l’avortement est une plaque sensible  aux États-Unis, et pour cause. Une bonne partie de l’allégeance catholique, la mouvance évangélique, la droite religieuse sont catégoriques sur le sujet, et Monsieur Trump le sait. C’est pourquoi il donne à pleine vapeur dans des déclarations incendiaires qui lui assureront un nombre très appréciable de voix en novembre, à moins que les Démocrates ne trouvent le moyen de se sortir du piège où leur aile radicale de gauche les a apparemment enfermés.

            Le soir du 27 août dernier, au dernier soir de la convention républicaine, les dernières tirades, lancées à boulet rouge par Donald Trum, ont été saluées par un imposant feu d’artifices. Le spectacle avait des allures d’investiture. Cette occupation partisane de la Maison-Blanche a été vivement dénoncée. Notre homme venait tout juste de réciter – à la mitraille – une longue litanie de faussetés et de malveillances sur ses adversaires Biden et Harris. Des propos bien lourds de l’effet désastreux qu’ils peuvent produire sur un électorat qui peut-être se cherche encore. 

            Nous n’y pouvons rien, mais j’ai bien peur que la maison Trump ne l’emporte encore une fois et pour les quatre prochaines années. Pauvres USA, enchaînés, incapables d’échapper à cet homme ambitieux, tellement déterminé, bien capable de toutes les astuces pour gagner! On en vient à ne pas pouvoir l’imaginer en train de perdre cette élection.

Jacques Marcotte, OP

Québec

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