Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 6e Dimanche T.O. Année C

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Un choix d’existence : l’Espérance!

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 6, 17.20-26)

En ce temps-là,
Jésus descendit de la montagne avec les Douze
et s’arrêta sur un terrain plat.
Il y avait là un grand nombre de ses disciples,
et une grande multitude de gens
venus de toute la Judée, de Jérusalem,
et du littoral de Tyr et de Sidon.

Et Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara :
« Heureux, vous les pauvres,
car le royaume de Dieu est à vous.
Heureux, vous qui avez faim maintenant,
car vous serez rassasiés.
Heureux, vous qui pleurez maintenant,
car vous rirez.
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent
et vous excluent,
quand ils insultent
et rejettent votre nom comme méprisable,
à cause du Fils de l’homme.
Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie,
car alors votre récompense est grande dans le ciel ;
c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.

Mais quel malheur pour vous, les riches,
car vous avez votre consolation !
Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant,
car vous aurez faim !
Quel malheur pour vous qui riez maintenant,
car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous !
C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »

 

COMMENTAIRE

« Jésus descendit de la montagne avec les Douze et s’arrêta sur un terrain plat… » C’est-à-dire dans la plaine, sur le plancher des vaches, dirions-nous. Comme pour dire à la hauteur de tout l’monde, auprès du commun des mortels.

De quoi leur parle-t-il? De bonheur et de malheur, de rires et de pleurs, d’amour et de haine. De tout ce qui fait le lot des hommes et des femmes, dans leur rapport des uns avec les autres.

Les précédents dimanches du Temps Ordinaire, au fil de la lecture de l’Évangile selon saint Luc, nous avons considéré d’abord le mystère du Christ en lui-même. Jésus de Nazareth, l’envoyé du Père, venu accomplir les promesses de Dieu pour son peuple, combler l’espérance des pauvres. Jésus dont le destin est de n’être pas accueilli chez les siens. Un rejet qui dans la miséricorde et la grâce du Père, sera dépassé dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ. C’était déjà l’annonce de Pâques!

Ce Jésus Seigneur, le Christ, venu accomplir une mission de sauvetage de l’humanité, a voulu nous associer à son œuvre, à la mission qui lui est confiée par le Père. Et nous avons vu Simon-Pierre et d’autres de ses compagnons être initiées au défi de cette entreprise sous le signe de l’audace et de la fécondité surprenante d’une pêche mémorable.

Et nous nous retrouvons aujourd’hui – en Église – en mission de prédication avec Jésus. Et nous abordons les thèmes du Sermon sur la montagne de S. Matthieu, délivrés cette fois en bas de la montagne, dans la plaine, en S. Luc. Le vrai monde confronté aux grandes valeurs qui, à la lumière de la parole du Christ, s’offrent à lui.

L’évangéliste, on le voit tout au long de son écriture, est attentif aux conditions sociales des gens de l’époque. Ceux qui majoritairement composent l’auditoire de Jésus appartiennent à la classe des défavorisés. Luc a un parti pris pour les pauvres, les malades, les femmes, les pécheurs. Il s’applique à bien manifesté que l’enseignement de Jésus les concerne.

« Mieux vaut être riche et en bonne santé, que d’être pauvre et malade. » Cela est toujours vrai. Il ne s’agit pas de se délecter dans la misère, loin de là!

Ce dont Jésus nous parle c’est d’espérance et d’avenir, de compassion et de promesse de vie, d’humilité et de réceptivité. « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous ». Le bonheur que vous cherché, vous est déjà donné. Parce que Dieu vous regarde. Il a compassion. Il entend votre cri. Il vous aime. Il prépare pour vous une libération. Célébrez en vous-mêmes cette promesse, cette espérance!
Bonheur pour les pauvres! Malheur pour les riches! Tant mieux si vous avez besoin! Dieu s’offre à vous combler! Tant pis si vous êtes riches et n’avez besoin de rien, Dieu alors ne peut plus rien faire pour vous, parce que déjà vous avez tout ce que vous voulez, et que vous en êtes satisfaits. Malheureux celui ou celle qui n’attend rien de plus que ce qu’il possède et dont il a jouissance maintenant!

Grandes questions à la fin : qu’est-ce qui me comble? de quoi suis-je pauvre? Qu’est qui me manque le plus? De quoi ai-je le plus besoin? De confort? de gadgets? d’amitié? de compréhension? de paix intérieure? d’espérance de vie? de joie? de respect et de considération? de miséricorde et d’amour?

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