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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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Marcher pour vivre

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Existe-t-il encore des paysages qui ne présentent pas un bout de route, un sentier, un pont ou un viaduc? Les chemins sont de plus en plus nombreux sur la planète. Et les moyens de transport plus raffinés les uns que les autres. La terre s’est enveloppée d’un immense filet de routes et de chemins. Nous avons l’impression que tout le reste tient en place grâce à ces ramifications de voies de communication.

Ce développement routier ne relève pas de la pure gratuité. Nous nous déplaçons souvent. Nous voyageons. Nous allons ailleurs. Nous déménageons. Nous empruntons les autoroutes en automobile, en camion. Les aéroports sont bondés de voyageurs qui profitent de l’avion. Nous redécouvrons la vie nomade de nos ancêtres.

Peut-être avons nous besoin d’évasion. Peut-être est-ce la curiosité qui nous entraîne vers des régions inconnues. La soif de rencontrer et de lier connaissance nous conduit ailleurs.

L’engouement pour les voyages se manifeste à une époque où les changements sociaux se produisent à une haute échelle. Ce n’est pas simple coïncidence. Nos déplacements physiques provoquent nos déplacements sociaux, le déplacement de nos mentalités, de nos idées, de nos perceptions. De paysage en paysage, le regard se modifie.

La vie nous force à changer. Et nous demandons à notre corps de se déplacer pour traduire notre besoin de changement. Et notre désir de croissance, car il s’agit bien ici de croissance et non de changement pour le changement. C’est le cas en particulier de l’étude et de la formation intellectuelle ou professionnelle. Apprendre, c’est voyager. Étudier, c’est visiter des pays inconnus ou pénétrer plus avant dans les jungles mystérieuses du savoir. Si les voyages forment la jeunesse, le livre, les écoles et les mass médias nous font aussi voyager, et voyager pour notre développement personnel. La race humaine est en perpétuel mouvance. La vie palpite dans cet immense grouillement des êtres.

Parfois, la fatigue nous fait rêver à l’auberge. Certains jours, nous aimerions nous asseoir, cesser de bouger. La tentation est dangereuse. Nous arrêter, c’est risquer de bloquer notre croissance. C’est risquer de figer. Avec le danger de fabriquer des absolus là où tout devrait demeurer relatif.

Nous sommes faits pour marcher. La vie est un grand voyage depuis les tout premiers ébats qui ont suivi notre naissance. Notre corps prend de la maturité. Parfois, nous avons l’impression d’avoir atteint le sommet. Nous avons l’impression de ne plus pouvoir changer. Mais ce n’est qu’impression. Nous cesserons de changer uniquement à notre tout dernier souffle de vie. Nous nous arrêterons seulement au bout de la vie.

Alors, bonne route, bon pèlerinage sur tous les chemins qui se présentent, vers tous les paysages qui attendent notre passage. Marchons pour vivre.

Une réflexion au sujet de « Marcher pour vivre »

  1. Thérèse Gauidreault

    C’est toujours un bonheur de lire votre billet hebdomadaire. Vous avez développé le voyage d’une manière intéressante surtout pour mes petits enfants qui passent l’été à l’étranger sous toutes sortes de formes avant de reprendre leurs études…

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