Billet hebdomadaire,

Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
Billet hebdomadaire

Le Sauveur au milieu de nous

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Le 21 décembre 2014

Dans quelques jours, nous serons parvenus à Noël. Depuis la fin d’octobre, la radio nous remplit la tête avec de la musique de Noël. Magasins et maisons sont décorés. Les réveillons se préparent. Nous achetons des cadeaux pour les offrir à nos proches.

Et nous courons. Nous nous dépêchons. Nous nous énervons au point de mal dormir… quand nous prenons le temps de dormir.

Durant ce grand tintamarre, avons-nous pris ou prendrons-nous le temps de réfléchir? À travers tout ce va-et-vient, reste-t-il de la place pour remarquer la présence de Dieu?

L’Évangile nous a appris que Dieu n’est pas un étranger. Dieu n’est pas un extra-terrestre avec qui il serait difficile de communiquer. Dieu se veut proche. Il habite notre monde, notre société, notre vie.

Nous n’avons jamais vu Dieu, mais des indices nous font deviner sa présence. En parlant du Sauveur, le prophète Isaïe proclamait : «Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance, et aux captifs la liberté, annoncer une année de bienfaits accordée  par le Seigneur.» Plus tard, quand Jean-Baptiste fera demander à Jésus s’il est le Sauveur que le monde attend, Jésus répondra en reprenant les paroles d’Isaïe. Là où des petits, des pauvres, des malchanceux sont délivrés de leur malheur, le Sauveur est présent.

Donc, me direz-vous : «Si je donne de l’argent à la Société Saint-Vincent-de-Paul pour aider des pauvres, je suis sauvé. Si je vais à l’église écouter la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres, je suis sauvé. Si je fais servir mes talents à aider les détenus, je suis sauvé. Si j’encourage quelqu’un qui a de la peine, je suis sauvé.»

Jean-Baptiste, dans sa prédication, met en garde ses auditeurs contre une tentation : réduire le salut à quelques manifestations, quelques gestes si grands soient-ils. Le salut, c’est plus que la  prière, même la messe du dimanche. Le salut du monde, c’est plus qu’un mouvement pour la justice, si vaste soit-il. Le salut des pauvres, c’est plus qu’un panier de victuailles à l’occasion de Noël. Le salut de Dieu ne se réduit pas à quelques gestes particuliers dans notre vie.

Ces gestes sont des signes.  Comme Jean-Baptiste, ils sont la voix qui crie dans le désert. Ils sont le doigt pointé vers le Sauveur. Un proverbe chinois affirme : «Quand le doigt montre la lune, l’imbécile regarde le doigt». Nous serions des imbéciles si nous enfermions nos rencontres du Sauveur dans quelques signes particuliers. Partout et toujours, le Sauveur veut nous rencontrer. «Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas et que vous ne connaîtrez jamais assez. C’est lui qui vient après moi. C’est lui qui vient au-delà des indices que vous remarquez. Et les indices que vous voyez ne sont jamais assez importants, assez dignes de défaire le lacet de son soulier.»

Ne nous contentons pas de petits messies, de petits sauveurs. Élargissons notre recherche du véritable Sauveur. Le salut offert par Dieu dépasse même notre vie. Dieu est plus grand que notre cœur.

Puisse le Sauveur vous rejoindre dans la célébration de Noël et tout au long de la nouvelle année.

 

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