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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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De surprise en surprise

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Le 14 décembre 2014

Dans les vieilles religions païennes, d’après les Grecs et les Romains, les dieux et les déesses établissaient le destin d’une personne au moment de sa naissance. Tout était réglé une fois pour toutes. Dès les premiers instants de sa conception, le bébé était installé sur des rails et ne pouvait dévier de la trajectoire que lui imposaient les divinités.  Les choses étaient claires : l’être humain n’avait qu’à se résigner et à rouler paisiblement sa bosse, sans poser de question.

Chez les chrétiens, à la suite de nos ancêtres les Juifs, il n’en va pas ainsi. Nous n’avons pas la sécurité des choses toutes décidées d’avance. Il faut nous tenir sur nos gardes et veiller. Tout peut arriver.

Tout peut arriver parce que nous sommes sous le régime de l’amour. Dieu est amour. Et son amour est fait de liberté. Dieu invente les expressions de son amour. Il crée sans cesse ses relations. Son amour fait du neuf, il est plein de surprises. Il ne décide rien d’une façon implacable. Il ne s’enferme pas dans les habitudes et les répétitions comme un robot. Dieu aime et son amour recommence sans cesse.

C’est pourquoi nous ne pouvons jamais savoir d’avance ce qui va se produire. Nous ne pouvons pas nous endormir car il nous est impossible de prévoir comment Dieu viendra à notre rencontre. Nous ne pouvons savoir comment vont se dérouler les retrouvailles après la longue absence du Très-Haut. C’est une surprise. Dieu n’a pas d’heure fixe. À toute heure du jour ou de la nuit, il peut survenir et nous surprendre.

Il faut donc rester sur nos gardes. Veiller. Comme le portier demeure debout et attend le visiteur qui tarde à venir. Comme les serviteurs préparent la maison pour le retour du maître.

Durant son agonie au jardin des oliviers, Jésus reproche à Pierre, Jacques et Jean de se laisser aller au sommeil : «Simon, tu dors! Tu n’as pas eu la force de veiller une heure! Veillez et priez…» (Marc 14, 37-38) Au moment où se joue le drame de l’humanité – et le drame de Dieu – les disciples dorment! Ils ne se tiennent pas sur le qui-vive. Ils cèdent à la fausse sécurité du sommeil. Ils risquent alors de manquer le grand tournant de toute l’histoire du monde.

Notre salut vient totalement de Dieu. C’est la grande surprise de son amour. Pour nous rendre compte des passages de Dieu dans notre vie,  nous devons veiller comme nous y invite le temps de l’Avent.

 

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