Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Bruno Demers, o.p.
Trésors des religions

« Nârâyana, c’est la suprême lumière, c’est l’Âme! »

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Le grand poème qui occupe le centre de cette Upanishad et qui lui a valu son nom est dédié à Vishnu Nârâyana comme personnification de l’Âme du monde qui réside au cœur de l’homme. Cette connaissance est un «secret» réservé aux ascètes renonçants, qui les délivre de la mort. Le dieu y apparaît comme suprême, «au-delà» – c’est le sens du mot sanskrit para (paraman) qui ne revient pas moins de dix fois dans le seul extrait qui est cité ici. Le lotus du cœur est son siège; le son primordial (le monosyllabe OM) exprime son essence, lui qui est la Suprême Parole, «le Poète qui n’a pas de limite». En Nârâyana, transcendance et immanence se joignent, comme les deux faces indissociables d’un même mystère. 

231. Petit, délivré du mal, devenu la résidence suprême [brahman], ce lotus qui se tient au milieu de la citadelle (le corps humain),

232, et là même, petit, délivré du tourment, ce firmament qui [se tient] à l’intérieur : c’est cela qu’il faut adorer!

233. Le son (OM) qui est prononcé au début [d’une récitation] du Véda, a été établi aussi à la fin du Veda,

234. [ce son] qui est au-delà de son absorption en la nature, c’est le Seigneur [lui-même].

235. [Évoquons] le dieu aux mille têtes, le dieu qui voit toutes choses et à tous apporte la paix :

236. Nârâyana, le dieu universel, l’impérissable, la suprême parole;

237. Nârâyana, à tous égards [plus haut] que le plus haut, l’éternel, l’universel Seigneur!

238. Cet univers tout entier, c’est l’Être en vérité de qui il reçoit la vie.

239. [Évoquons] le maître de toutes choses, le seigneur de l’Âme, l’Éternel, le Bienfaisant, le Constant;

240. Nârâyana, haut objet de connaissance, Âme de toutes choses, but suprême…

241. Nârâyana, c’est la suprême lumière, c’est l’Âme! Nârâyana, c’est le suprême [Seigneur]!

242. Nârâyana c’est la suprême, la véritable nature du brahman! Nârâyana, c’est le suprême [Seigneur]!

243. Nârâyana c’est le Méditant suprême et c’est la Méditation! Nârâyana, c’est le suprême [Seigneur]!

244. Et ce monde-ci cet univers en mouvement perceptible par la vue, par l’ouïe,

245. [cet univers] intérieur et extérieur, Nârâyana y réside l’ayant occupé tout entier.

246. [Louons ce] Poète qui n’a pas de limite, [ce Poète] qui ne passe pas, qui a pour limite : l’océan, qui à tous apporte la paix.

 

Mahâ, Nârâyana Upanishad, 231-246, dans La Mahâ Nârâyana Upanishad,  trad. fr. J. Varenne, Paris, Éditions du Boccard, 1960, tome I, p. 63-65.

 

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