Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

17e dimanche du temps ordinaire. Année A

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Précieux trésor !

Évangile selon saint Matthieu (Mt 13, 44-52)

Jésus disait à la foule cette parabole :
« Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ.

Ou encore : Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines.
Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle.

Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges viendront séparer les méchants des justes et les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Avez-vous compris tout cela ? — Oui », lui répondent-ils.
Jésus ajouta : « C’est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

COMMENTAIRE

On aime beaucoup le Dalaï Lama.  Sa joie et son humour nous inspirent. L’enjeu politique de sa personne suscite à juste titre notre compassion. Nous savons la signification culturelle et religieuse importante de son témoignage. Partout où il passe des milliers de gens suivent, même pendant plusieurs jours, les enseignements qu’il offre aux adeptes du bouddhisme tibétain et à tous ceux et celles qui sont en quête d’une sagesse à l’orientale.

Il n’est pas si facile de s’initier aux pratiques des rituels tibétains.  Une foule de détails sont à suivre scrupuleusement ; ces gestes répétitifs et ces prières en forme de mantras introduisent le disciple dans un univers bien particulier. Il lui faut s’abstraire en quelque sorte de son quotidien. Le pratiquant, sous la guidance d’un lama, peut espérer ainsi atteindre à l’état d’illumination et faire l’expérience du plein éveil, jouissant alors d’une nouvelle qualité de vie. Nous comprenons qu’il y a là une sagesse, une spiritualité admirable, qui mérite notre respect et dont nous pouvons profiter.

Cependant, la sagesse et le discernement dont parle l’évangile d’aujourd’hui nous propose une autre approche que celle suggérée par le bouddhisme. Nous touchons ici à l’originalité et à la nature propre du mystère chrétien, de la foi chrétienne.  Le trésor caché dans un champ et la perle fine convoitée par un négociant nous révèlent les conditions d’accès au vrai bonheur dont parle Jésus.  Le Royaume des cieux est un bien si précieux que rien ne peut vraiment lui être préféré.  Il est pour nous une opportunité qu’il ne faut absolument pas manquer. Il convient même d’investir toutes nos ressources pour acheter cette perle unique, pour posséder finalement le trésor.  Ce marché n’est pas conclu à la légère, il ne nécessite pas non plus de pénibles sacrifices. Il se présente comme une chance inattendue qui nous est donnée. C’est la découverte d’un appel, l’annonce d’une Bonne Nouvelle, une merveilleuse évidence, une certitude inouïe, celle que donne la foi. Il est normal de ne rien vouloir d’autre que d’acquérir ce trésor ou cette perle suite à la connaissance qu’il nous est donné d’en avoir, soudainement dans notre parcours quotidien, par hasard peut-être ou au terme d’une longue recherche.

Il s’agit donc pour nous d’être sage, de savoir discerner, reconnaître le Règne de Dieu annoncé, d’opter sans détour et sans retour pour ce trésor enfoui dans le champ du monde : et ce trésor c’est le Christ, le Sauveur, le Seigneur, le Rédempteur. Avec lui notre vie ne peut qu’être bouleversée, transformée, bonifiée. Avec lui tout nous est donné. Le Royaume des cieux n’est-il pas radicalement la joie, la paix, l’amour et la liberté ?

La religion chrétienne nous a peut-être parue parfois lourde d’exigences, de pratiques difficiles et tatillonnes. Ce n’est pas là la vérité de notre foi. Le salut apporté par le Christ est gratuit, il est donné, il est œuvre de grâce, de miséricorde et de tendresse de la part de notre Dieu. Ce qu’il nous coûte, c’est rien ! C’est le simple et nécessaire dépouillement requis pour l’accueil du salut, l’humilité qu’il faut pour nous laisser sauver. C’est d’accepter de répondre à l’amour par l’amour. Si nous entrons dans l’univers de la foi et du Royaume, c’est pour vivre le plein régime de la gratuité, de la générosité, de la communion et de l’amour.

Frères et sœurs, ayons du respect et de l’admiration pour nos amis des autres traditions spirituelles. Rappelons-nous toutefois notre héritage, notre trésor, la perle, le Christ, et la chance merveilleuse que nous avons de le connaître et de pouvoir témoigner partout de son amour et de son universel salut.

 

Une réflexion au sujet de « 17e dimanche du temps ordinaire. Année A »

  1. briki

    merci pour ce très beau commentaire si simple et si vrai qui nous ramène à l’essentiel !!!
    ilfaut sans cesse revenir à cette bonne nouvelle que nous oublions sans cesse…et grâce à la prière rester scotchés à cette réalité du royaume

    Répondre

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