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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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De la gratuité de Dieu

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Les anciens se souviennent sans doute de l’époque où les journaux annonçaient qu’une fille avait décidé de devenir religieuse ou qu’un garçon avait choisi de faire un prêtre. Habituellement, la nouvelle s’intitulait : «Adieu au monde».

Le monde était perçu comme un lieu dangereux, un lieu où on pouvait facilement se perdre, le lieu du mal et du péché. On admirait les courageux qui réussissaient à couper avec ce monde.

Aujourd’hui, notre regard sur le monde est bien différent. Nous reconnaissons en lui la création de Dieu. Une œuvre que nous aimons, sans mépris, sans peur, l’œuvre de Dieu. Bien sûr, il y a des guerres dans le monde, mais il y a aussi des traités de paix. Il y a de la violence, des massacres, des assassinats, mais il y a aussi de la tendresse. Nous remarquons des gens au service des autres, du respect et de la justice. Nous rencontrons des malheureux en amour, des blessés par des rancunes, des familles brisées, mais il y a aussi des familles plus chanceuses, des histoires heureuses.

Mais si beau que soit le monde, avec sa face positive, si emballant qu’il soit, il ne pourra jamais nous donner Dieu. Il ne pourra jamais nous donner l’Esprit de Jésus. À ce propos, Jésus dit : «Le monde est incapable de le recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas». Jésus ne méprise pas le monde comme nous ne méprisons pas une fourchette parce qu’elle est incapable de scier un arbre.

Nous ne pouvons pas demander au monde de nous donner Dieu. Saint Thomas d’Aquin disait : «L’être humain est capable d’accueillir Dieu mais il ne peut se le donner». La science peut parler de Dieu – et parfois elle en parle bien – mais elle ne peut échafauder de preuve de son existence. L’histoire peut bien raconter la vie de Jésus; elle ne peut certifier qu’il est le sauveur. Seul Jésus et l’Esprit qu’il nous envoie peuvent dire en nous et avec nous : «Dieu existe et il sauve l’humanité.

Je n’ai donc pas à fanfaronner parce que je suis croyant. La foi est une grâce et non le produit d’un mérite quelconque. En toute gratuité, j’ai reçu ce cadeau de Dieu et je dois souhaiter que mon voisin puisse recevoir ce trésor en toute liberté.

La foi, c’est comme l’amour. S’engager envers quelqu’un, donner sa vie à une autre personne, cela ne va pas de soi. Seul l’amour peut provoquer un tel risque et permettre de relever un tel défi. S’engager envers Dieu, accepter de suivre Jésus, cela ne va pas de soi. Seule la foi peut nous pousser à vivre ce que le monde ou la science appelle souvent du rêve, de l’utopie ou de la naïveté.

 

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